C’est un monde d’hommes, chantait James Brown en 1966. La phrase s’applique encore aux sciences où 28% des femmes sont des chercheurs et où 90% des postes à responsabilités sont occupés par des hommes.
« C’est préoccupant pour la qualité de la recherche, explique Alexandra Palt, directrice générale de la fondation L’Oréal. Si ça n’est que la moitié de l’humanité qui produit de l’innovation, on ne crée pas de société inclusive qui réponde aux besoins de chacun et de chacune. »
Ghanéenne de 33 ans, Prisicilla Kolibea Manté fait partie des lauréates. Elle cherche un remède contre l’épilepsie et doit se battre contre les stéréotypes sexuels. « Si vous êtes une scientifique et devez voyager dans le monde, les gens se posent des questions sur votre rôle traditionnel. Etes-vous une bonne épouse ? Une bonne mère ? Alors qu’un homme peut voyager toutes les semaines et être vu comme un héros, parce qu’il apporte du prestige à sa famille. »
Les lauréates reçoivent des bourses, mais aussi des formations en management et communication, afin de leur donner des armes pour leurs carrières. « Ça m’a ouvert l’esprit, témoigne Gladys Mosomtaï, Kényane et doctorante à Nairobi. Je me suis tellement concentrée sur le savoir académique alors qu’il y a ces compétences personnelles nécessaires pour devenir un leader efficace. A cause de ce manque, des femmes éduquées ne brisent jamais le plafond de verre. »
La fondation L’Oréal affirme que les temps changent avec les jeunes générations. Mais le plafond de verre est encore haut. Depuis 1901, seuls 3% des prix Nobel ont par exemple été attribués à des femmes.
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