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L'Afghanistan et le Pakistan poursuivent leur «guerre ouverte», Kaboul dit cibler l'aviation d’Islamabad

Une explosion et des tirs ont été entendus dans le centre de Kaboul dimanche 1er mars, avant l'aube. Le gouvernement taliban a affirmé viser l'aviation pakistanaise, en plein conflit entre les deux pays. Après des mois d'accrochages, le Pakistan et l'Afghanistan sont entrés en « guerre ouverte » jeudi 26 février quand Kaboul a lancé une attaque à la frontière, déclenchant des frappes aériennes pakistanaises en riposte.



Dimanche 1er mars, « des tirs antiaériens visent l'aviation pakistanaise à Kaboul. Les habitants ne doivent pas s'alarmer », a écrit le porte-parole du gouvernement taliban Zabihullah Mujahid sur les réseaux sociaux.
 
Au nord de Kaboul, des frappes aériennes « ont touché la base aérienne de Bagram », selon un habitant que l'AFP ne nomme pas pour des raisons de sécurité. Un deuxième habitant a déclaré : « c'était très puissant. Il y avait de la fumée et du feu au nord de la base » lors de ce raid « très terrifiant » à l'aube. Le porte-parole provincial, Fazl ul Rahim Maskin Yar, a indiqué que des avions pakistanais avaient « tenté de bombarder » la base, mais qu'il n'y avait ni victimes ni dégâts.
 
Le Pakistan avait reconnu vendredi 27 février avoir bombardé de grandes villes afghanes, notamment la capitale et Kandahar, où réside le chef suprême des talibans afghans, Hibatullah Akhundzada. L'Afghanistan a accusé le Pakistan d'avoir fait des victimes civiles dans la région rurale de Kandahar (sud). Là, des ouvriers du bâtiment ont raconté avoir été visés par deux frappes aériennes, qui ont fait trois morts selon le chef du chantier.
 
D'après les autorités afghanes, leur offensive de jeudi 26 février à la frontière constituait une réponse à des frappes aériennes antérieures du Pakistan, qui avaient tué des civils. Islamabad avait affirmé viser des combattants.
 
La peur parmi les civils
Outre les victimes rapportées par l'Afghanistan à Kandahar, 30 civils sont morts depuis jeudi dans les provinces de Khost, Kunar et Paktika, dans l'est du pays, selon Hamdullah Fitrat, porte-parole adjoint du gouvernement taliban.
 
Dans la province du Kunar, tout à l’est de l’Afghanistan et collée à la frontière pakistanaise, les habitants voient les soldats pakistanais s’infiltrer sur leur territoire, ce qui provoque la peur et des déplacements de population, comme l'a indiqué Gohar Safi, un habitant de la région qui lui a fait part de ses inquiétudes.
 
Vendredi dernier, les Pakistanais ont patrouillé toute la nuit et ils ont franchi la frontière pour venir dans la province du Kunar. De temps en temps, ils tirent à l'arme lourde et ils ont touché des civils. Deux personnes sont mortes vendredi soir. Cela provoque un énorme stress pour tout le monde et surtout pour les enfants, les bébés et les mamans. Du coup, les gens ont fui les zones proches de la frontière pour se mettre à l'abri dans des endroits plus sûrs. Et cette situation exaspère la population. Les gens sont furieux des deux côtés de la frontière. Ils veulent arrêter cette guerre qui n'est bonne pour aucun des deux pays.
 
Aabla Jounaïdi
Les bilans des deux parties sont difficiles à vérifier de source indépendante. Ce samedi, sur la route entre Kaboul et la frontière, un journaliste de l'AFP à Jalalabad a entendu un avion de chasse et deux explosions. Les forces afghanes ont affirmé avoir abattu un avion de chasse pakistanais et capturé son pilote, ce qu'Islamabad a formellement démenti. Le même jour, des habitants de Paktika ont fait état de combats en cours auprès de l'AFP. À Khost, des habitants ont fui leurs maisons proches de la frontière.
 
Les efforts diplomatiques, notamment de l'Arabie saoudite et du Qatar, ont échoué à faire cesser les affrontements. L'Union européenne a appelé à une « désescalade immédiate » entre les deux voisins. Les États-Unis ont dit soutenir le Pakistan dans son droit « à se défendre contre les attaques des talibans ».
 
Une « guerre ouverte » du Pakistan
Le Pakistan, qui a déclaré la « guerre ouverte » aux autorités afghanes, les accuse d'abriter des militants armés qui lancent des attaques sur son territoire, ce que Kaboul dément. Islamabad se défendra « en toutes circonstances », a réaffirmé ce samedi 28 février le ministre pakistanais de l'Information Attaullah Tarar, indiquant que 37 lieux avaient été la cible d'attaques en Afghanistan depuis le début des opérations.
 
Kaboul a, de son côté, dit ce 27 février vouloir « le dialogue » pour résoudre le conflit. Son ministère de la Défense a aussi dit avoir effectué des frappes aériennes en territoire pakistanais ces derniers jours - certainement au moyen de drones, selon des observateurs. Le gouvernement taliban affirme que ses forces ont tué plus de 80 soldats pakistanais et en ont capturé 27. Kaboul a reconnu la mort de 13 membres des forces afghanes. De son côté, Islamabad a affirmé que 12 soldats pakistanais avaient été tués.
 
Longtemps proches, les deux pays s'affrontent sporadiquement depuis que les dirigeants talibans ont repris le contrôle de Kaboul en août 2021. Cet épisode de violence est le pire depuis octobre, quand plus de 70 personnes étaient mortes au total d'un côté et de l'autre de la frontière, depuis en grande partie fermée.
 
 

RFI

Dimanche 1 Mars 2026 - 12:31


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