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L'interview de Bernard Tapie agite France inter

Un communiqué de la SDJ de Radio France a été publié, dénonçant la venue de l'homme d'affaires à l'antenne de Léa Salamé.



Mercredi 19 décembre, Bernard Tapie était l'invité de la matinale de France Inter, au micro de la journaliste Léa Salamé. L'homme d'affaires a évoqué de multiples sujets, que ce soit son cancer, contre lequel il lutte depuis plusieurs mois, ou le mouvement des gilets jaunes ainsi que l'impôt sur la fortune, supprimé en France fin 2017 par Emmanuel Macron. Selon Bernard Tapie, il ne faudrait pas vouloir le rétablir.

"Il faut simplement que tous ceux qui forment l'équipe aient envie d'être là, a-t-il expliqué. Et un pays a besoin effectivement de ceux qui savent faire, de ceux qui savent exécuter, de ceux qui savent répondre aux attentes de ceux qui savent faire." En résumé, supprimer l'ISF était, pour Bernard Tapie, une bonne idée.

Dès mercredi, l'intervention a fait bondir de nombreux internautes et auditeurs. En effet, Bernard Tapie doit 404 millions à l'Etat français et n'aurait pas commencé à rembourser. Aucune question n'a été posée par Léa Salamé à ce sujet, et la présence même de l'homme d'affaires sur une radio publique avait de quoi surprendre. "On déroule le 'Tapie rouge' et on offre un boulevard pour que monsieur débite ses énormités sans aucune question sérieuse susceptible d’être dérangeante", a par exemple déploré un internaute. "Franchement, vous n'aviez personne d'autre à inviter sur ce sujet ? Pourquoi pas Balkany ?", a ironisé un second.

Une interview jugée trop complaisante

La polémique aurait pu s'arrêter aux réseaux sociaux si L'Obs n'avait pas fait paraître, jeudi soir, un communiqué de la Société des journalistes de Radio France (SDJ), s'inquiétant de la venue de Bernard Tapie sur France Inter. "C'est un choix journalistique tout à fait respectable. Ce qui n'est pas journalistique, c'est de l'interroger pendant onze minutes sur les gilets jaunes, la politique, sa santé... sans mentionner une seule fois qu'il a été définitivement condamné il y a plus d'un an à rembourser à l'Etat 400 millions d'euros et n'en a pas versé un centime, déplorent les membres de la SDJ de Radio France.

"C'est d'autant plus incompréhensible que la rédaction de France Inter a suivi scrupuleusement les étapes de ce feuilleton judiciaire. Mais l'équipe 'programme' de la matinale écoute-t-elle les sujets de la rédaction ?" Le communiqué remet également en cause l'invitation de Florence Aubenas, "formidable journaliste au Monde" sur le plateau de cette même matinale, pour parler de ses reportages sur le terrain, pour couvrir le mouvement des gilets jaunes. "À aucun moment n'est mentionné le travail de nos reporters maison, regrette le communiqué. Se priver de l'expertise de la rédaction est au mieux, dommage, au pire, cela risque de créer une rupture entre la matinale et la rédaction."

Un deuxième message envoyé dans la foulée

Selon les informations de L'Express, un deuxième message de la SDJ a été envoyé dans la foulée du premier, afin de le "préciser", au vu de l'agitation ayant été provoqué par la diffusion du premier.

La Société des Journalistes y déplore "vivement que le communiqué ait été diffusé à l'extérieur." "C'était un message interne, qui concernait les relations entre la rédaction et les équipes de la matinale. À aucun moment ce message ne visait personnellement Léa Salamé, dont nous apprécions le travail, l'investissement et l'attachement à France Inter. Nous regrettons que ce communiqué ait pu blesser. " Léa Salamé, jointe également par L'Express, n'a pas souhaité réagir davantage, rappelant l'existence de ce deuxième message.

l'espress

Vendredi 21 Décembre 2018 - 18:26



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