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LFR 2026 : Al Ahminou Lo démonte les critiques et assume les choix



Face aux critiques sur la révision du budget, le Premier ministre a défendu la rigueur des ajustements apportés par la Loi de finances rectificative (LFR) 2026, qu'il qualifie de « nécessité objective ».

Le gouvernement fait face à un double choc financier : une baisse des recettes estimée à 340 milliards de francs CFA et une hausse inattendue des dépenses incompressibles de 540 milliards de francs CFA.

« Ce qui est en jeu aujourd'hui, c'est la vérité des comptes et la responsabilité des choix », a martelé le Premier ministre, expliquant que le renchérissement des cours mondiaux du pétrole le baril étant passé de 69 à près de 100 dollars  a lourdement pesé sur les finances publiques.
 

Pour combler ce fossé sans transférer la charge sur le panier de la ménagère, le gouvernement a fait le choix de maintenir les subventions énergétiques à hauteur de 790 milliards de francs CFA au lieu des 250 milliards initialement prévus.

« L'une des options consistait à tout faire passer chez les populations sénégalaises. On n'aurait pas augmenté les subventions. Mais en toute responsabilité, nous avons fait supporter la charge au budget de l'État pour ne pas faire passer le choc pétrolier sur les Sénégalais », a expliqué Al Ahminou Lo, justifiant ainsi le redéploiement des crédits d'investissement vers la sauvegarde du pouvoir d'achat.

Pour équilibrer les comptes, le pouvoir exécutif a procédé au gel ou au report de 555 milliards de francs CFA de crédits d'investissement sur des projets dont les conditions d'exécution ou de financement extérieur n'étaient pas réunies.

Le Premier ministre a tenu à préciser la différence technique entre autorisations d'engagement et crédits de paiement : « Nous avons maintenu les autorisations d'engagement. Ce que nous avons modifié, ce sont les crédits de paiement. Si les conditions objectives d'un décaissement ne sont pas réunies, il vaut mieux l'affecter à d'autres dépenses. C'est juste un investissement différé à l'année prochaine. »

Au-delà de la réallocation des ressources, la LFR vise également à épurer une partie des arriérés de paiement de l'État, évalués à plus de 1 900 milliards de francs CFA.

L'exécutif a réinjecté 300 milliards dans le texte pour soulager le secteur privé. « Ne pas voter la LFR, c'est empêcher une entreprise de bâtiment et de travaux publics de retrouver de la trésorerie, de reprendre un chantier interrompu, de payer ses fournisseurs et leurs salariés », a averti le chef du gouvernement, soulignant l'impact direct du vote du budget sur le tissu économique national.


Fodé Bakary Camara

Dimanche 25 Octobre 2026 - 19:33


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