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Le Royaume-Uni accorde des passeport spéciaux aux Hongkongais

Grâce à de nouvelles mesures du gouvernement de Boris Johnson qui entrent en vigueur ce dimanche 31 janvier, les Hongkongais détenteurs d'un passeport britannique d'outre-mer, dit BNO (British National Overseas), vont pouvoir désormais vivre et travailler au Royaume-Uni pendant cinq ans, et à terme, demander la nationalité britannique. Londres a décidé d’allonger le séjour associé aux BNO en réaction à l'imposition l'an dernier par la Chine d'une loi de sécurité nationale qui a restreint les libertés à Hong Kong. Plus de 5 millions de Hongkongais sont aujourd’hui éligibles pour obtenir un BNO.



Le passeport BNO donne droit aux Hongkongais de visiter le Royaume-Uni plus facilement. Il a été créé pour préserver le lien avec la population, après la rétrocession de l’ancienne colonie britannique à la Chine en 1997.
 
Jusqu’ici, il permettait de passer six mois sur le sol britannique. Mais Londres a décidé d’étendre ce droit à cinq ans, d’y ajouter la possibilité de travailler et au bout de ces cinq ans, d’obtenir pleinement la nationalité britannique.
 
Aujourd’hui, ce passeport est détenu par 733 000 Hongkongais, mais près de 5 millions d’entre eux, nés avant 1997, y ont droit. Selon le ministère britannique de l'Intérieur, au moins 7 000 Hongkongais se sont déjà installés au Royaume-Uni au cours des six derniers mois. Ils ont profité de la procédure exceptionnelle mise en place par Londres en réaction au vote de la loi sur la sécurité nationale promulguée à Hong Kong. Une loi qualifiée par le gouvernement Johnson de « violation claire et grave de la déclaration commune sino-britannique » signée en 1984, treize ans avant la rétrocession.
 
Peur pour l'avenir des enfants
« C’est une porte de sortie pour ceux qui ont vraiment peur de vivre sous le régime communiste chinois, qui ont peur de perdre leur liberté et l’État de droit et ne plus se sentir en sécurité, explique Emily Lau, du parti démocratique de Hong Kong. Même avant qu’ils ne commencent à proposer les BNO, plus de 7 000 familles Hongkongaises sont parties s'installer au Royaume-Uni. Donc un grand nombre de Hongkongais voient ça comme une bouée de sauvetage pour échapper à la tyrannie et un manque de liberté. »
 
Pour Emily Lau, c'est la peur pour eux-mêmes mais aussi pour leurs enfants qui poussent ainsi les Hongkongais à vouloir partir. « Ils ne veulent pas qu’ils grandissent dans un environnement aussi répressif où il n'y a pas d’indépendance judiciaire, où la police peut arrêter les gens sans impunité. Hong Kong était une ville très sûre et libre. Mais plus maintenant. Beaucoup se demandent : "Pourquoi rester ici ? Je ne sais pas quand mes enfants ou moi pourrions nous faire arrêter, sans traitement juste". Donc ils sont très inquiets. »
 
Représailles de Pékin
Réagissant avec colère à cette mesure britannique, la Chine a annoncé ce vendredi qu'elle « ne reconnaîtra plus » les BNO. Une mesure symbolique à première vue puisque le passeport BNO n’avait de valeur qu’auprès de Londres. Mais Pékin a promis en plus une série de représailles aux détenteurs de ce passeport britannique d'Outre-Mer : empêcher de travailler à des fonctions officielles, interdire le droit de vote ou bien bannir la double nationalité… Cependant, ces menaces - et surtout leurs conséquences - ne sont pas claires.
 
Pour Emily Lau, du parti démocratique de Hong Kong, certaines mesures du gouvernement chinois auraient des conséquences sévères non seulement pour Hong Kong et mais aussi pour Pékin. « S’ils prennent des mesures drastiques pour punir les Hongkongais comme par exemple les empêcher de travailler dans la fonction publique ou leur interdire le droit de vote à Hong Kong, ce serait terrible. Et la peur s’emparerait de Hong Kong car il y a des millions de BNO, et un grand nombre d’entre eux sont pro-Pékin, et constituent les piliers de l’économie ! »
 
Manque de préparation britannique
Côté britannique, on ne sait pas encore combien de Hongkongais profiteront de l'aubaine pour venir au Royaume-Uni. Le gouvernement de Londres est-il d'ailleurs prêt en cas de demandes massives ? Benedict Rogers, le fondateur de l’ONG Hong Kong Watch, en doute : « On parle potentiellement d’un très grand nombre de personnes. Il est clair que le gouvernement a fait cette proposition et c’est sa politique donc il ne va pas reculer, c’est sûr. Pour moi, le challenge, et c’est ce pourquoi je me bats, c’est qu’il n’y a pas l’air d’y avoir un plan vraiment réfléchi de la part du gouvernement britannique sur ce qu’il va se passer ensuite. »
 
« Que ce soit 100 000 ou 2 à 3 millions de personnes qui arrivent au Royaume-Uni, comment gère-t-on leur intégration ? Interroge Benedict Rogers. Comment les accueille-t-on ? Comment s’assurer qu’ils s’adaptent correctement ? C’est ce qui m’inquiète. Il n’y a pas l’air d’y avoir la coordination nécessaire de la part du gouvernement. Il y a beaucoup d'ONG qui émergent et qui sont prêtes à aider, mais nous tous, au sein de la société civile, nous sommes inquiets de la réponse gouvernementale, en ce qui concerne les ressources nécessaires. Donc nous faisons tout notre possible pour s’assurer que le gouvernement mette en place une vraie stratégie. »

RFI

Dimanche 31 Janvier 2021 - 09:01


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