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Du sport au crime : le « Simol », le nouveau type d'agression qui sème la terreur à Dakar



Du sport au crime : le « Simol », le nouveau type d'agression qui sème la terreur à Dakar
Depuis quelques mois, un nouveau terme sème la terreur dans les rues de Dakar, le « Simol ». Ce mode opératoire d'agression éclair, pratiqué en marge des grands combats de lutte, redéfinit l'insécurité urbaine au Sénégal.
 
Le Sénégal vit au rythme de la lutte, son sport national. Mais derrière la ferveur des tambours et des « bakks », une ombre grandissante s'installe. Le « Simol », mot wolof évoquant à l'origine une certaine forme de démonstration de force ou de ralliement, désigne aujourd'hui des agressions collectives d'une violence rare.
 
Contrairement à l'agression classique, souvent furtive, le « Simol » repose sur le nombre et la confusion.
Les agresseurs frappent juste après le coup de sifflet final d’un grand combat, profitant de la dispersion massive des spectateurs. Des groupes de jeunes, parfois armés de machettes ou de gourdins, encerclent des passants ou des commerçants isolés. En quelques secondes, la victime est dépouillée de son téléphone, de son argent et de ses bijoux.
 
Personne n'est épargné, mais les petits vendeurs ambulants et les femmes et les conducteurs de deux roux sont en première ligne
 
Ces groupes se forment souvent dans le sillage des écuries de lutte. Le « Simol » n'est pas qu'un vol, c'est une parade de force qui dérive en acte criminel.


Les autorités pointent du doigt une frange de la jeunesse désœuvrée qui utilise la logistique des supporters « cars rapides, Ndiaga Ndiaye » pour se déplacer. D’autres même à pied en bandes organisées pour commettre des razzias rapides avant de se fondre dans la foule.

 La réponse du gouvernement , la peur change de camp?
Face à l'indignation populaire, le gouvernement a durci le ton. En décembre 2025, une opération « coup de poing » a mené à l'interpellation de dizaines d'individus à Dakar. Plus récemment, le 6 janvier 2026, l'arrestation d'un lutteur professionnel impliqué dans ces violences a marqué un tournant.  L’État sonne l'alarme sur l'impunité au sein même du milieu sportif. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Bamba Cissé, a annoncé hier, sa détermination à agir, lors d'une conférence à l'Institut de Défense du Sénégal (IDS). Il a insisté sur l’importance d’une réaction rapide et ferme contre les auteurs de ces agressions. Une enquête approfondie sur les incidents récents, sera lancée, tandis que les forces de l’ordre seront mobilisées pour assurer la protection du public lors des événements. «Les auteurs de simol doivent être identifiés et sanctionnés sans délai».
 
Le « Simol » pose trois défis majeurs au Sénégal
  1. Économique, parce que les commerçants ferment leurs boutiques les jours de combat, les plus tenance baisse les rideaux dès la fin des combats, paralysant l'activité.
  2. Social, car face à ces violences, les gens ont tendance à stigmatiser la lutte sénégalaise, pourtant facteur de cohésion.
     3. Psychologique, parce que le sentiment d'insécurité grandit. Les riverains des arènes disent avoir peur de sortir les soirs de combats de lutte. 

Le « Simol » est le symptôme d'une dérive où la passion sportive est prise en otage par la délinquance. Si la réponse policière est nécessaire, elle devra s'accompagner d'un encadrement plus strict des écuries et d'une réflexion sur l'insertion de ces jeunes pour éviter que l'arène ne devienne le berceau d'une nouvelle criminalité.


Mercredi 7 Janvier 2026 - 15:25


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