Ainsi, dans un communiqué diffusé le 13 août, l’on apprend que Belmokhtar a été choisi par les membres de la choura (conseil consultatif) d’al-Murabitoune pour être leur « émir ». Cela met un terme aux dissensions observées au sein de cette organisation, dont le porte-parole, Adnane Abou Walid Al-Sahraoui, avait, en mai dernier, affirmé l’allégeance à l’État islamique (EI).
Le groupe al-Mourabitoune a vu le jour en 2013 avec la fusion des « Signataires par le sang » de Belmokhtar et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), qui occupa la région malienne de Gao avant d’en être chassé par l’opération française Serval.
Longtemps cadre d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), issu de la mouvance jihadiste algérienne, Belmokhtar avait fini par fonder son propre groupe armé, lequel fit parler de lui lors de la prise d’otages du site gazier d’In-Amenas (Algérie), en janvier 2013.
En outre, même si Belmokhtar a toujours affirmé son allégeance à Ayman al-Zawahiri, le chef d’al-Qaïda « central », al-Mourabitoune n’était pas considéré comme étant une branche régionale du réseau fondé par Oussama Ben Laden. Ce n’est maintenant plus le cas.
Car le même communiqué a précisé qu’al-Mourabitoune s’appellera désormais « al-Qaïda en Afrique de l’Ouest » (AQO). Il est probable que cela ait quelques conséquences opérationnelles au Mali, où les membres d’AQMI restent actifs. Vont-ils se consacrer plus particulièrement à l’Afrique du Nord, où l’État islamique a déjà revendiqué plusieurs attentats, dont deux en Tunisie?
Ce changement de nom fait penser à celui effectué par Boko Haram, le groupe jihadiste nigérian se faisant désormais appeler « État islamique en Afrique de l’Ouest » depuis son allégeance à l’organisation dirigée par Abu Bakr al-Baghdadi, autoproclamé « calife » en Syrie et en Irak. En outre, il permet de se différencier d’al-Mourabitoune en Égypte, groupe de création récente, qui, lié à al-Qaïda, est dirigé par Hisham Ali Ashmawi (alias Abou Omar al Muhajir al Masri) un ancien officier égyptien des forces spéciales.
Enfin, les motivations d’al-Mourabitoune/al-Qaïda en Afrique de l’Ouest n’ont guère changé. L’organisation a en effet appelé à s’en prendre aux « croisés ennemis qui occupent les terres musulmanes », dont la France et ses alliés, et à les « frapper partout ».
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