Vous êtes à Dakar dans le cadre de votre candidature. Quel message central êtes-vous venu porter à l’Afrique de l’Ouest francophone ? Êtes-vous venu chercher un soutien diplomatique, écouter les attentes africaines ou présenter une offre politique nouvelle?
Je suis venu avec quelques idées sur la manière de moderniser la Francophonie, de la rendre plus efficace et de créer davantage d’opportunités, notamment pour les jeunes. Je suis également venu écouter les attentes des États membres et comprendre ce que la Francophonie pourrait faire de plus pour eux.
C’est la même démarche que j’ai adoptée lors de mon voyage au Sénégal, qui est l’un des pays centraux de l’Afrique de l’Ouest et de la Francophonie. Le Sénégal est l’un des piliers de la Francophonie. Il suffit de rappeler le rôle du président Léopold Sédar Senghor, l’un des cofondateurs de la Francophonie moderne, ainsi que celui de l’ancien président Abdou Diouf, qui a été Secrétaire général de la Francophonie pendant plus de douze ans. Ce ne sont que deux exemples qui montrent pourquoi Dakar, et le Sénégal en général, occupent une place clé dans l’espace francophone. C’est aussi ce qui justifie ma présence ici.
Concrètement, qu’est-ce que votre candidature peut changer pour Dakar, Abidjan, Kinshasa ou Cotonou par rapport au statu quo ?
Ce que je propose, c’est de faire en sorte que la Francophonie devienne une organisation capable de transformer la langue française en langue d’opportunités. Pour moi, l’avenir de la Francophonie dépend de notre capacité à convaincre les jeunes. C’est de leur choix que dépendra l’avenir du français. Il faut les convaincre qu’en choisissant d’apprendre le français, ils peuvent améliorer leur vie, accéder à des opportunités d’emploi, développer des activités entrepreneuriales et ouvrir de nouvelles perspectives.
C’est le principal message que je souhaite porter en Afrique. Le continent est aujourd’hui la région la plus dynamique de l’espace francophone. C’est ici que se trouve le plus grand nombre de locuteurs, mais aussi le plus fort potentiel de croissance du nombre de francophones et de développement économique. L’Afrique, comme le Sénégal, est aussi une région très jeune, avec une jeunesse nombreuse et pleine d’énergie.
J’apporte donc la vision d’un Roumain qui n’est pas africain, mais qui comprend très bien l’Afrique. La Roumanie a toujours entretenu avec les pays africains des relations de partenariat, de respect et d’égal à égal. Mon souhait est que nous puissions continuer à travailler ensemble dans cet esprit au sein de la Francophonie.
Vous prônez une Francophonie « courageuse, pragmatique et inclusive ». Ces mots reviennent souvent dans les discours institutionnels. Quelles seraient vos trois premières décisions dans les cent premiers jours d’un éventuel mandat ?
Je souhaite d’abord m’assurer que l’Organisation internationale de la Francophonie dispose d’une gouvernance efficace. Il faut améliorer la gouvernance, être davantage redevable sur les projets mis en œuvre, s’orienter davantage vers les résultats, évaluer l’impact des projets financés et assurer une meilleure gestion des ressources financières.
Cette bonne gestion est importante dans une période où de nombreux États, y compris des États membres de la Francophonie, rencontrent des difficultés budgétaires et ont tendance à revoir à la baisse leurs contributions aux organisations internationales. C’est une raison supplémentaire de montrer que leurs contributions sont bien utilisées. Pour moi, cette bonne gouvernance interne est aussi un instrument permettant d’attirer d’autres bailleurs de fonds, au-delà des seuls États membres.
Le troisième objectif serait de transformer la Francophonie et la langue française en espace d’opportunités. Cela suppose des programmes qui incitent les États membres à renforcer la coopération économique, à offrir aux jeunes des possibilités d’emploi ou d’activités entrepreneuriales, et à faire le lien entre la coopération en matière de formation, l’éducation et l’employabilité.
Vous êtes ancien commissaire européen et ancien Premier ministre roumain. Pourquoi un candidat européen serait-il aujourd’hui le bon choix pour diriger une organisation dont le centre démographique et symbolique est de plus en plus africain ?
Je pense qu’il est important, pour la solidité et la crédibilité de la Francophonie, de démontrer qu’elle est une véritable organisation internationale. Il est vrai que l’Afrique est au centre, et je le dis dès le début lorsque je présente ma vision. L’Afrique est au centre, mais la Francophonie doit s’adresser à l’ensemble des francophones.
Je ne viens pas avec une étiquette européenne ou régionale. Je viens avec mon expérience et ma vision. Je viens d’un pays, la Roumanie, qui est un pays francophone moderne par choix. Le français n’est pas une langue officielle en Roumanie, mais les Roumains ont choisi de l’apprendre parce qu’il constitue un outil efficace de communication avec d’autres régions, notamment avec l’Afrique, où l’on trouve effectivement le plus grand nombre de pays membres.
Je pense aussi qu’il est dans l’intérêt de l’Afrique d’avoir une organisation représentée par une personne disposant d’une solide expérience gouvernementale et internationale, d’une expérience de la médiation et du travail collectif, et d’une motivation claire à travailler de manière prioritaire avec l’Afrique, comme je l’ai toujours exprimé.
Pour un jeune Sénégalais, Béninois, Congolais ou Malgache sans emploi, comment la promesse d’une Francophonie « langue d’opportunités » peut-elle se traduire concrètement en emploi, en mobilité, en formation ou en financement d’entreprise ?
C’est exactement dans cet esprit que j’ai présenté mon programme : inciter les États membres de la Francophonie et leur proposer des cadres permettant d’assurer une continuité entre la coopération en matière d’éducation, la formation et l’emploi. Il existe déjà, au sein de la Francophonie, des projets qui fonctionnent bien et qui financent des bourses pour des jeunes souhaitant apprendre le français.
Je souhaiterais que cet apprentissage du français soit plus pratique et davantage connecté à des formations technologiques et techniques qui ouvrent la voie à l’emploi. Il faut également encourager les entreprises francophones, les grandes compagnies et les capitaux francophones qui cherchent des espaces d’investissement à le faire dans l’espace francophone, afin que les jeunes formés en français puissent aussi trouver un emploi.
J’ai souvent entendu de grandes entreprises de pays francophones se plaindre de ne pas trouver suffisamment de jeunes formés en français. Elles doivent alors recruter des personnes formées en anglais, parce que l’anglais est souvent davantage orienté vers des aspects pratiques et techniques qui donnent accès à l’emploi ou encouragent l’entrepreneuriat. J’aimerais que nous puissions faire cela aussi au sein de la Francophonie. Or, le plus grand nombre de jeunes francophones se trouve en Afrique.
L’Afrique dispose également d’un fort potentiel de croissance économique et de ressources naturelles importantes. Les pays africains pourraient attirer davantage de capitaux de l’espace francophone et créer ainsi de l’emploi localement. Bien sûr, l’action de la Francophonie ne suffit pas à elle seule. Les gouvernements nationaux ont aussi leur rôle à jouer. Mais la Francophonie peut apporter une complémentarité utile aux politiques publiques nationales.
Vous venez du monde agricole. Dans une Afrique confrontée à la sécurité alimentaire, à l’emploi rural et au changement climatique, quelle contribution spécifique et mesurable la Francophonie pourrait-elle apporter au-delà des déclarations de principe ?
Au cours de mes discussions avec les représentants des États membres de la Francophonie ces derniers mois, j’ai très souvent entendu, notamment en Afrique mais pas seulement, l’importance accordée à la sécurité alimentaire. Lorsque l’on parle de développement social et économique, cette question revient très régulièrement à l’ordre du jour.
Compte tenu aussi de mon expérience personnelle dans la gestion des politiques agricoles, je suis arrivé à la conclusion que les sujets agricoles et alimentaires peuvent constituer un domaine dans lequel les États membres de la Francophonie peuvent être incités à échanger leurs expériences et leurs bonnes pratiques. Cela peut se faire dans le cadre de la coopération pour la formation, du développement des actions économiques et du développement des communautés locales.
Je pense que c’est par là qu’il faudrait commencer. Il faut identifier les problèmes rencontrés par les membres de la Francophonie qui souhaitent travailler sur ce domaine, mettre en réseau les pays francophones qui disposent d’une expérience en matière de développement agricole et rural, et organiser, à travers les programmes de la Francophonie, des échanges de bonnes pratiques.
J’ai observé, par exemple, que des pays comme le Vietnam, en Asie, ont beaucoup développé leur agriculture familiale ces dernières années, avec de très bons résultats. Le Vietnam est devenu l’un des plus grands exportateurs de riz au monde. Son expérience dans le développement de l’agriculture familiale pourrait être utile à certains pays africains. Il existe aussi des programmes européens qui financent le développement rural et l’organisation des filières agricoles dans des pays africains.
Certains pays d’Europe, notamment d’Europe de l’Est, sont récemment passés par un processus de transition très proche de ce que l’on peut observer dans certains pays africains. Ils pourraient contribuer à améliorer la situation ou à transférer des compétences et des expériences à travers des programmes financés par la Francophonie, en Afrique ou dans d’autres régions francophones.
Comment défendre la langue française face à l’hégémonie de l’anglais et à la force des langues nationales dans certains pays ?
Il faut d’abord motiver les jeunes à apprendre le français. Comme je l’ai déjà dit, il faut faire du français, plus encore qu’aujourd’hui, une langue d’opportunités. C’est cela que j’appelle une vision pragmatique et réaliste de la Francophonie. Cela passe notamment par la coopération économique entre les États, l’investissement de capitaux dans les pays francophones, la création d’opportunités économiques, d’emplois et d’activités entrepreneuriales.
Il faut aussi connecter la coopération en matière de formation et d’éducation avec l’employabilité et les opportunités économiques. Un autre moyen consiste à promouvoir, au niveau international, le multiculturalisme et le multilinguisme. Cela aidera aussi le français.
Le français ne cherche pas à remplacer les langues locales ou nationales, mais à les connecter entre elles. Si nous parvenons, avec d’autres organisations, à promouvoir le multiculturalisme et le multilinguisme au niveau international, la Francophonie y gagnera également.
Il faut aussi travailler sur ce que nos amis du Québec appellent la découvrabilité des productions francophones dans l’espace numérique. Les outils d’intelligence artificielle doivent être développés avec des contenus francophones. C’est l’un des moyens de faire en sorte que les algorithmes valorisent mieux la langue française et les productions francophones. Cela permettra de rendre la langue française encore plus visible au niveau international. Ce ne sont que quelques pistes, mais il peut évidemment y en avoir d’autres.
Je suis venu avec quelques idées sur la manière de moderniser la Francophonie, de la rendre plus efficace et de créer davantage d’opportunités, notamment pour les jeunes. Je suis également venu écouter les attentes des États membres et comprendre ce que la Francophonie pourrait faire de plus pour eux.
C’est la même démarche que j’ai adoptée lors de mon voyage au Sénégal, qui est l’un des pays centraux de l’Afrique de l’Ouest et de la Francophonie. Le Sénégal est l’un des piliers de la Francophonie. Il suffit de rappeler le rôle du président Léopold Sédar Senghor, l’un des cofondateurs de la Francophonie moderne, ainsi que celui de l’ancien président Abdou Diouf, qui a été Secrétaire général de la Francophonie pendant plus de douze ans. Ce ne sont que deux exemples qui montrent pourquoi Dakar, et le Sénégal en général, occupent une place clé dans l’espace francophone. C’est aussi ce qui justifie ma présence ici.
Concrètement, qu’est-ce que votre candidature peut changer pour Dakar, Abidjan, Kinshasa ou Cotonou par rapport au statu quo ?
Ce que je propose, c’est de faire en sorte que la Francophonie devienne une organisation capable de transformer la langue française en langue d’opportunités. Pour moi, l’avenir de la Francophonie dépend de notre capacité à convaincre les jeunes. C’est de leur choix que dépendra l’avenir du français. Il faut les convaincre qu’en choisissant d’apprendre le français, ils peuvent améliorer leur vie, accéder à des opportunités d’emploi, développer des activités entrepreneuriales et ouvrir de nouvelles perspectives.
C’est le principal message que je souhaite porter en Afrique. Le continent est aujourd’hui la région la plus dynamique de l’espace francophone. C’est ici que se trouve le plus grand nombre de locuteurs, mais aussi le plus fort potentiel de croissance du nombre de francophones et de développement économique. L’Afrique, comme le Sénégal, est aussi une région très jeune, avec une jeunesse nombreuse et pleine d’énergie.
J’apporte donc la vision d’un Roumain qui n’est pas africain, mais qui comprend très bien l’Afrique. La Roumanie a toujours entretenu avec les pays africains des relations de partenariat, de respect et d’égal à égal. Mon souhait est que nous puissions continuer à travailler ensemble dans cet esprit au sein de la Francophonie.
Vous prônez une Francophonie « courageuse, pragmatique et inclusive ». Ces mots reviennent souvent dans les discours institutionnels. Quelles seraient vos trois premières décisions dans les cent premiers jours d’un éventuel mandat ?
Je souhaite d’abord m’assurer que l’Organisation internationale de la Francophonie dispose d’une gouvernance efficace. Il faut améliorer la gouvernance, être davantage redevable sur les projets mis en œuvre, s’orienter davantage vers les résultats, évaluer l’impact des projets financés et assurer une meilleure gestion des ressources financières.
Cette bonne gestion est importante dans une période où de nombreux États, y compris des États membres de la Francophonie, rencontrent des difficultés budgétaires et ont tendance à revoir à la baisse leurs contributions aux organisations internationales. C’est une raison supplémentaire de montrer que leurs contributions sont bien utilisées. Pour moi, cette bonne gouvernance interne est aussi un instrument permettant d’attirer d’autres bailleurs de fonds, au-delà des seuls États membres.
Le troisième objectif serait de transformer la Francophonie et la langue française en espace d’opportunités. Cela suppose des programmes qui incitent les États membres à renforcer la coopération économique, à offrir aux jeunes des possibilités d’emploi ou d’activités entrepreneuriales, et à faire le lien entre la coopération en matière de formation, l’éducation et l’employabilité.
Vous êtes ancien commissaire européen et ancien Premier ministre roumain. Pourquoi un candidat européen serait-il aujourd’hui le bon choix pour diriger une organisation dont le centre démographique et symbolique est de plus en plus africain ?
Je pense qu’il est important, pour la solidité et la crédibilité de la Francophonie, de démontrer qu’elle est une véritable organisation internationale. Il est vrai que l’Afrique est au centre, et je le dis dès le début lorsque je présente ma vision. L’Afrique est au centre, mais la Francophonie doit s’adresser à l’ensemble des francophones.
Je ne viens pas avec une étiquette européenne ou régionale. Je viens avec mon expérience et ma vision. Je viens d’un pays, la Roumanie, qui est un pays francophone moderne par choix. Le français n’est pas une langue officielle en Roumanie, mais les Roumains ont choisi de l’apprendre parce qu’il constitue un outil efficace de communication avec d’autres régions, notamment avec l’Afrique, où l’on trouve effectivement le plus grand nombre de pays membres.
Je pense aussi qu’il est dans l’intérêt de l’Afrique d’avoir une organisation représentée par une personne disposant d’une solide expérience gouvernementale et internationale, d’une expérience de la médiation et du travail collectif, et d’une motivation claire à travailler de manière prioritaire avec l’Afrique, comme je l’ai toujours exprimé.
Pour un jeune Sénégalais, Béninois, Congolais ou Malgache sans emploi, comment la promesse d’une Francophonie « langue d’opportunités » peut-elle se traduire concrètement en emploi, en mobilité, en formation ou en financement d’entreprise ?
C’est exactement dans cet esprit que j’ai présenté mon programme : inciter les États membres de la Francophonie et leur proposer des cadres permettant d’assurer une continuité entre la coopération en matière d’éducation, la formation et l’emploi. Il existe déjà, au sein de la Francophonie, des projets qui fonctionnent bien et qui financent des bourses pour des jeunes souhaitant apprendre le français.
Je souhaiterais que cet apprentissage du français soit plus pratique et davantage connecté à des formations technologiques et techniques qui ouvrent la voie à l’emploi. Il faut également encourager les entreprises francophones, les grandes compagnies et les capitaux francophones qui cherchent des espaces d’investissement à le faire dans l’espace francophone, afin que les jeunes formés en français puissent aussi trouver un emploi.
J’ai souvent entendu de grandes entreprises de pays francophones se plaindre de ne pas trouver suffisamment de jeunes formés en français. Elles doivent alors recruter des personnes formées en anglais, parce que l’anglais est souvent davantage orienté vers des aspects pratiques et techniques qui donnent accès à l’emploi ou encouragent l’entrepreneuriat. J’aimerais que nous puissions faire cela aussi au sein de la Francophonie. Or, le plus grand nombre de jeunes francophones se trouve en Afrique.
L’Afrique dispose également d’un fort potentiel de croissance économique et de ressources naturelles importantes. Les pays africains pourraient attirer davantage de capitaux de l’espace francophone et créer ainsi de l’emploi localement. Bien sûr, l’action de la Francophonie ne suffit pas à elle seule. Les gouvernements nationaux ont aussi leur rôle à jouer. Mais la Francophonie peut apporter une complémentarité utile aux politiques publiques nationales.
Vous venez du monde agricole. Dans une Afrique confrontée à la sécurité alimentaire, à l’emploi rural et au changement climatique, quelle contribution spécifique et mesurable la Francophonie pourrait-elle apporter au-delà des déclarations de principe ?
Au cours de mes discussions avec les représentants des États membres de la Francophonie ces derniers mois, j’ai très souvent entendu, notamment en Afrique mais pas seulement, l’importance accordée à la sécurité alimentaire. Lorsque l’on parle de développement social et économique, cette question revient très régulièrement à l’ordre du jour.
Compte tenu aussi de mon expérience personnelle dans la gestion des politiques agricoles, je suis arrivé à la conclusion que les sujets agricoles et alimentaires peuvent constituer un domaine dans lequel les États membres de la Francophonie peuvent être incités à échanger leurs expériences et leurs bonnes pratiques. Cela peut se faire dans le cadre de la coopération pour la formation, du développement des actions économiques et du développement des communautés locales.
Je pense que c’est par là qu’il faudrait commencer. Il faut identifier les problèmes rencontrés par les membres de la Francophonie qui souhaitent travailler sur ce domaine, mettre en réseau les pays francophones qui disposent d’une expérience en matière de développement agricole et rural, et organiser, à travers les programmes de la Francophonie, des échanges de bonnes pratiques.
J’ai observé, par exemple, que des pays comme le Vietnam, en Asie, ont beaucoup développé leur agriculture familiale ces dernières années, avec de très bons résultats. Le Vietnam est devenu l’un des plus grands exportateurs de riz au monde. Son expérience dans le développement de l’agriculture familiale pourrait être utile à certains pays africains. Il existe aussi des programmes européens qui financent le développement rural et l’organisation des filières agricoles dans des pays africains.
Certains pays d’Europe, notamment d’Europe de l’Est, sont récemment passés par un processus de transition très proche de ce que l’on peut observer dans certains pays africains. Ils pourraient contribuer à améliorer la situation ou à transférer des compétences et des expériences à travers des programmes financés par la Francophonie, en Afrique ou dans d’autres régions francophones.
Comment défendre la langue française face à l’hégémonie de l’anglais et à la force des langues nationales dans certains pays ?
Il faut d’abord motiver les jeunes à apprendre le français. Comme je l’ai déjà dit, il faut faire du français, plus encore qu’aujourd’hui, une langue d’opportunités. C’est cela que j’appelle une vision pragmatique et réaliste de la Francophonie. Cela passe notamment par la coopération économique entre les États, l’investissement de capitaux dans les pays francophones, la création d’opportunités économiques, d’emplois et d’activités entrepreneuriales.
Il faut aussi connecter la coopération en matière de formation et d’éducation avec l’employabilité et les opportunités économiques. Un autre moyen consiste à promouvoir, au niveau international, le multiculturalisme et le multilinguisme. Cela aidera aussi le français.
Le français ne cherche pas à remplacer les langues locales ou nationales, mais à les connecter entre elles. Si nous parvenons, avec d’autres organisations, à promouvoir le multiculturalisme et le multilinguisme au niveau international, la Francophonie y gagnera également.
Il faut aussi travailler sur ce que nos amis du Québec appellent la découvrabilité des productions francophones dans l’espace numérique. Les outils d’intelligence artificielle doivent être développés avec des contenus francophones. C’est l’un des moyens de faire en sorte que les algorithmes valorisent mieux la langue française et les productions francophones. Cela permettra de rendre la langue française encore plus visible au niveau international. Ce ne sont que quelques pistes, mais il peut évidemment y en avoir d’autres.
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