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Liberté de la presse: le Mali, le Niger et le Burkina Faso sont devenus «un goulag de l'information»

Célébrée ce dimanche 3 mai, la Journée mondiale de la liberté de la presse est l'occasion de faire le point sur les conditions dans lesquelles les journalistes exercent leur profession dans les différents pays du monde. Si elles se dégradent dans plusieurs d'entre eux, en Afrique, la situation est particulièrement inquiétante au Mali, au Niger et au Burkina Faso depuis que des juntes militaires y ont pris le pouvoir.



 
Alors que la Journée mondiale de la liberté de la presse est célébrée ce dimanche 3 mai et que cette dernière est en recul dans de nombreux pays du monde, en Afrique, la situation est particulièrement préoccupante au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Q'il s'agisse de la mise au pas de la télévision malienne Joliba TV ou du quotidien burkinabè L'Observateur Paalga - ou bien encore de la séquestration du journaliste Serge Oulon à Ouagadougou - la presse dans les pays de l'Alliance des États du Sahel (AES) est soumise à une répression très dure.
 
Suspensions de médias nationaux ou internationaux, arrestations arbitraires, enlèvements, propagande d’État ou exil forcé : depuis que des coups d’État militaires ont eu lieu à Bamako, Niamey et Ouagadougou, les journalistes qui y exercent leur métier et refusent de se soumettre au récit officiel des juntes au pouvoir sont systématiquement muselés.
 
« Un contexte d'intimidation qui conduit de nombreux acteurs de la presse à l'autocensure »
Le Mali, le Niger et le Burkina Faso connaissent « une fermeture progressive de l'espace de l'information et de l'espace civique et des campagnes gouvernementales pour influer sur les narratifs, censurer et punir ceux qui peuvent y contrevenir », confirme ainsi Ousmane Diallo, chercheur senior sur le Sahel au bureau régional d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale. « Ce contexte d'intimidation et de menaces marqué par des détentions et des disparitions forcées conduit par conséquent beaucoup d'acteurs de la presse à faire de l'autocensure », poursuit ce dernier.
 
Couplée à un narratif univoque à la gloire des juntes au pouvoir, cette répression de tous les instants contribue à fausser le sens critique des populations, ajoute ce journaliste lui-même menacé. « Nous savons que nous sommes surveillés. Que ce soit au Burkina, au Mali ou au Niger, des journalistes sont menacés, intimidés, si bien que nous entrons dans une phase de “zombification” des citoyens sahéliens », explique-t-il avant de poursuivre : « Comme à l'époque soviétique, nous entrons dans une phase où les citoyens sont embrigadés. Comme dans les pays de l'Est dans un passé récent, le Sahel est devenu un goulag de l'information. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que ces pays ont des accointances avec la Russie de Vladimir Poutine ».

RFI

Dimanche 3 Mai 2026 - 13:55


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