Au XVIIᵉ siècle, le poète mauritanien Deyloul formulait une image d’une rare profondeur :
« Ma Mauritanie, c’est le noir de l’œil et le blanc de l’œil ; unis ensemble, je peux voir. »
Cette métaphore dépasse largement son contexte d’origine. Elle éclaire l’Afrique tout entière. Le Maghreb arabe et l’Afrique subsaharienne sont le noir et le blanc de l’œil africain. Séparés, la vision est incomplète. Unis, le continent voit clair et avance.
C’était précisément la volonté de nos devanciers, les fondateurs du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA), institution au sein de laquelle j’ai eu la responsabilité de gérer la communication et avec laquelle j’ai étroitement travaillé. Ils portaient une Afrique pensée comme un espace intellectuel, culturel et politique sans cloisons artificielles, où Dakar, Johannesburg et Accra dialoguent naturellement avec Rabat, Le Caire ou Tunis. Leur panafricanisme n’était ni un slogan ni une posture, mais une exigence de cohérence, de profondeur historique et de rigueur intellectuelle.
Cette unité africaine n’est pas seulement politique ou académique ; elle est aussi spirituelle. Nombre de musulmans d’Afrique de l’Ouest, notamment au sein de la confrérie tijjane, disent ne se sentir pleinement apaisés qu’une fois à Fès, près du mausolée de Cheikh Ahmed Tijani. Ce lien spirituel vivant entre le Sénégal, la Mauritanie, le Niger ou le Nigeria et le Maroc rappelle que le Nord et le Sud du Sahara ne sont pas des espaces disjoints, mais les composantes d’une même histoire humaine et culturelle.
Dans ce cadre, une finale de football entre le Maroc et le Sénégal ne saurait devenir un prétexte à la discorde. Le sport est émotion, ferveur, fierté légitime. Mais il ne doit jamais altérer l’essentiel : la fraternité entre des peuples liés par l’histoire, la spiritualité, les échanges et les combats communs.
Après le coup de sifflet final, tout doit rentrer dans l’ordre. Non par oubli de la compétition, mais par fidélité à ce que nous sommes. Gagner ou perdre n’enlève rien à la dignité d’un peuple. Ce qui importe, c’est notre capacité collective à refuser les discours de rejet, souvent hérités de fractures importées, étrangères à l’âme africaine.
Le Maroc et le Sénégal incarnent chacun une Afrique fière, ouverte et créative. Leur confrontation sportive doit rester une célébration de l’excellence africaine, non une rupture symbolique entre le Nord et le Sud du continent.
Revenir à Deyloul, comme revenir à l’héritage intellectuel du CODESRIA et aux liens spirituels profonds qui unissent Fès à l’Afrique de l’Ouest, c’est rappeler une vérité simple : sans l’autre, je ne vois pas.
Sans le Maghreb, l’Afrique subsaharienne perd une part de son regard.
Sans l’Afrique subsaharienne, le Maghreb regarde avec un œil fermé.
Pour que l’Afrique continue de voir, après la finale comme après toute épreuve, le noir et le blanc de l’œil doivent rester unis.
« Ma Mauritanie, c’est le noir de l’œil et le blanc de l’œil ; unis ensemble, je peux voir. »
Cette métaphore dépasse largement son contexte d’origine. Elle éclaire l’Afrique tout entière. Le Maghreb arabe et l’Afrique subsaharienne sont le noir et le blanc de l’œil africain. Séparés, la vision est incomplète. Unis, le continent voit clair et avance.
C’était précisément la volonté de nos devanciers, les fondateurs du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA), institution au sein de laquelle j’ai eu la responsabilité de gérer la communication et avec laquelle j’ai étroitement travaillé. Ils portaient une Afrique pensée comme un espace intellectuel, culturel et politique sans cloisons artificielles, où Dakar, Johannesburg et Accra dialoguent naturellement avec Rabat, Le Caire ou Tunis. Leur panafricanisme n’était ni un slogan ni une posture, mais une exigence de cohérence, de profondeur historique et de rigueur intellectuelle.
Cette unité africaine n’est pas seulement politique ou académique ; elle est aussi spirituelle. Nombre de musulmans d’Afrique de l’Ouest, notamment au sein de la confrérie tijjane, disent ne se sentir pleinement apaisés qu’une fois à Fès, près du mausolée de Cheikh Ahmed Tijani. Ce lien spirituel vivant entre le Sénégal, la Mauritanie, le Niger ou le Nigeria et le Maroc rappelle que le Nord et le Sud du Sahara ne sont pas des espaces disjoints, mais les composantes d’une même histoire humaine et culturelle.
Dans ce cadre, une finale de football entre le Maroc et le Sénégal ne saurait devenir un prétexte à la discorde. Le sport est émotion, ferveur, fierté légitime. Mais il ne doit jamais altérer l’essentiel : la fraternité entre des peuples liés par l’histoire, la spiritualité, les échanges et les combats communs.
Après le coup de sifflet final, tout doit rentrer dans l’ordre. Non par oubli de la compétition, mais par fidélité à ce que nous sommes. Gagner ou perdre n’enlève rien à la dignité d’un peuple. Ce qui importe, c’est notre capacité collective à refuser les discours de rejet, souvent hérités de fractures importées, étrangères à l’âme africaine.
Le Maroc et le Sénégal incarnent chacun une Afrique fière, ouverte et créative. Leur confrontation sportive doit rester une célébration de l’excellence africaine, non une rupture symbolique entre le Nord et le Sud du continent.
Revenir à Deyloul, comme revenir à l’héritage intellectuel du CODESRIA et aux liens spirituels profonds qui unissent Fès à l’Afrique de l’Ouest, c’est rappeler une vérité simple : sans l’autre, je ne vois pas.
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Pour que l’Afrique continue de voir, après la finale comme après toute épreuve, le noir et le blanc de l’œil doivent rester unis.
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