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Mort de George Floyd : quand la police s'agenouille à la demande des manifestants

À Washington, les manifestants réclamant justice pour la mort de l'Afro-Américain George Floyd ont demandé lundi à plusieurs reprises aux policiers sur leur parcours de s'agenouiller en signe de respect. Le geste, initié en 2016 par le footballeur américain Colin Kaepernick, est de plus en plus adopté ces derniers jours.



Mort de George Floyd : quand la police s'agenouille à la demande des manifestants
La scène n'a duré que quelques minutes mais le symbole est fort. Lundi 1er juin, devant l'hôtel Trump de Washington, les policiers chargés de la protection du lieu ont accepté le défi crié par les manifestants : "Agenouillez-vous ! Mettez votre putain de genou à terre !" Après le signal de l'un d'entre eux, tous les officiers se sont exécutés tour à tour.

Le geste revêt une signification particulière. En 2016, le joueur de football afro-américain Colin Kaepernick s'était agenouillé à plusieurs reprises pendant l'hymne national américain pour protester contre "l'oppression" des personnes de couleur et les violences policières racistes. Donald Trump et ses alliés républicains, en colère contre ce qu'ils considéraient comme un manque de respect au drapeau, avaient appelé au boycott de la NFL, la Ligue nationale de football américain. L'activisme politique de Colin Kaepernick, proche du mouvement Black Lives Matter ("La vie des Noirs compte"), lui a coûté sa carrière de quarterback.
 
Plusieurs années plus tard, l'agenouillement est à nouveau adopté par les manifestants qui défilent en mémoire de George Floyd, cet Afro-Américain tué par la police de Minneapolis la semaine dernière. Le geste est d'autant plus symbolique que son décès est survenu après avoir été asphyxié sous le genou d'un policier.
 
Cette fois, certains policiers et responsables politiques se joignent au mouvement, offrant des images fortes d'entente entre deux camps d'ordinaire opposés. Lundi, à Santa Cruz, en Californie, le maire et le chef de la police de la ville se sont agenouillés avec les manifestants. La maire de San Francisco, London Breed, a fait pareil. Ce genre de scène s'est répété un peu partout dans le pays.
 
Même dans le monde du sport, les hommages de ce genre se multiplient. L'attaquant de Mönchengladbach Marcus Thuram a mis un genou à terre, le regard tourné vers le sol, après avoir mis un but dimanche.
 
Lundi à Washington, les manifestants ont saisi toutes les occasions pour interpeller les forces de l'ordre mais le succès rencontré près de l'hôtel Trump ne s'est pas reproduit. "Pourquoi ne démissionnez-vous pas ?", ont-ils par exemple demandé à un policier à moto qu'ils venaient d'encercler près du Congrès américain. "Agenouillez-vous avec nous, montrez-nous votre respect !" Le motard, qui a coupé son moteur plusieurs minutes pour faire baisser la tension, a refusé de mettre le genou à terre.
 
Face au Capitole, à la fin de la manifestation, un homme a hurlé en vain face aux policiers alignés : "Si vous ne nous montrez pas votre soutien et continuez à protéger ce système raciste, comment va-t-il bien pouvoir changer ? Je comprends que vous devez faire votre boulot. Mais comprenez-nous aussi. Dans les autres États, des chefs de police se joignent à la foule. Nous sommes dans la capitale et vous ne pouvez même pas poser un genou à terre ! Qui servez-vous ? Les 1 % ?"
 
Certains policiers, s'ils ne se sont pas agenouillés, ont montré leur solidarité avec les manifestants. Samedi, un shérif du Michigan a ainsi enlevé son casque et demandé à ses hommes de poser leurs bâtons. "Nous voulons être réellement avec vous", a expliqué Christopher R. Swanson, avant de demander aux protestataires : "Que pouvons-nous faire ?" "Marchez avec nous !", a répondu la foule. Le défilé qui a suivi a duré plusieurs heures. "Nous marchons avez vous car tout ce que vous réclamez, c'est une voix et une dignité pour tous, peu importe qui vous êtes", a déclaré le shérif. "Je vous aime, les gars. La police vous aime."
 

France24

Mardi 2 Juin 2020 - 09:37


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