Depuis le samedi 28 février, le Moyen-Orient fait face à une escalade des tensions, après qu’Israël, soutenu par les Etats-Unis, a lancé une «agression contre l’Iran, occasionnant le décès du guide suprême de la révolution, Ali Khamenei. A titre de représailles, l’Iran a lancé des tirs de missiles et de drones, ainsi que la fermeture du détroit d’Ormuz, où transite environ 20% de la production mondiale de pétrole. Economiste et enseignant-chercheur, Dr Serigne Ousmane Beye analyse pour PressAfrik les conséquences potentiellement dévastatrices de cette crise, particulièrement pour les économies africaines et le Sénégal.
*Sur le plan économique, quels peuvent être les conséquences d’un blocus autour du détroit d’Ormuz, pour l’Afrique en général et pour le Sénégal en particulier?*
Effectivement, les Gardiens de la révolution ont menacé de faire un blocus au niveau du détroit d'Ormuz, de fermer ce passage situé entre l'Iran et le sultanat d'Oman. Une bonne partie de la production mondiale de pétrole et de gaz liquide transite par ce canal. Le risque immédiat, c'est de voir le cours du pétrole doubler. Actuellement, il se situe autour de 61 à 67 dollars le baril, mais certains prévoient qu’il pourrait bondir tout de suite jusqu'à 130 dollars. Une telle hausse impacterait l'économie de tous les pays de manière brutale.
*Quels sont les secteurs économiques qui pourraient être les plus affectés ?*
Si les pays exportateurs peuvent éventuellement profiter de la montée des cours, les pays consommateurs, eux, vont lourdement en pâtir. Prenez le cas du Sénégal : bien que nous soyons désormais un pays producteur, nous n'utilisons pas directement ce pétrole brut. Une grande partie de ce que nous raffinons est importée.
Par ailleurs, si la guerre se généralise au-delà du Proche-Orient pour toucher l'ensemble du Moyen-Orient, le passage au niveau du canal de Suez pourrait aussi être impacté. Toute cette zone est le cœur battant de la logistique mondiale.
*Doit-on s’attendre à une flambée des prix du pétrole et des denrées de première nécessité, comme celles provenant d'Europe ou d'Asie ?*
Absolument. Ce n'est pas seulement une question de pétrole ou de gaz. C’est un nœud sensible pour toutes les matières, notamment les céréales. Tout ce qui vient d'Asie du Sud-Est passe par le canal de Suez, tandis que le pétrole saoudien ou émirati passe par Ormuz. Si l'on bloque ces points de passage, c'est toute la base de la production mondiale qui est touchée.
Le pétrole est l'intrant principal de nos économies. Si son prix double, les coûts de transport et de production explosent. On risque alors une inflation par les coûts : les prix augmentent parce que produire et acheminer les marchandises coûte plus cher. Il faut impérativement prévoir ce scénario.
*Dans ce contexte, comment l’Afrique peut-elle tirer son épingle du jeu ou se protéger ?*
La situation est complexe car la plupart des pays africains ne sont pas de grands producteurs, et même ceux qui le sont manquent d'infrastructures de raffinage. Nous avons une usine au Sénégal, une ou deux en Côte d’Ivoire, quelques-unes au Nigeria... c'est insuffisant.
"L'impact sera donc général : le secteur productif sera touché, mais aussi le coût des céréales importées à cause de la hausse de la logistique internationale. C’est un nœud de tension qu'il faut surveiller de très près, car la stabilité de l'économie mondiale en dépend.
*Sur le plan économique, quels peuvent être les conséquences d’un blocus autour du détroit d’Ormuz, pour l’Afrique en général et pour le Sénégal en particulier?*
Effectivement, les Gardiens de la révolution ont menacé de faire un blocus au niveau du détroit d'Ormuz, de fermer ce passage situé entre l'Iran et le sultanat d'Oman. Une bonne partie de la production mondiale de pétrole et de gaz liquide transite par ce canal. Le risque immédiat, c'est de voir le cours du pétrole doubler. Actuellement, il se situe autour de 61 à 67 dollars le baril, mais certains prévoient qu’il pourrait bondir tout de suite jusqu'à 130 dollars. Une telle hausse impacterait l'économie de tous les pays de manière brutale.
*Quels sont les secteurs économiques qui pourraient être les plus affectés ?*
Si les pays exportateurs peuvent éventuellement profiter de la montée des cours, les pays consommateurs, eux, vont lourdement en pâtir. Prenez le cas du Sénégal : bien que nous soyons désormais un pays producteur, nous n'utilisons pas directement ce pétrole brut. Une grande partie de ce que nous raffinons est importée.
Par ailleurs, si la guerre se généralise au-delà du Proche-Orient pour toucher l'ensemble du Moyen-Orient, le passage au niveau du canal de Suez pourrait aussi être impacté. Toute cette zone est le cœur battant de la logistique mondiale.
*Doit-on s’attendre à une flambée des prix du pétrole et des denrées de première nécessité, comme celles provenant d'Europe ou d'Asie ?*
Absolument. Ce n'est pas seulement une question de pétrole ou de gaz. C’est un nœud sensible pour toutes les matières, notamment les céréales. Tout ce qui vient d'Asie du Sud-Est passe par le canal de Suez, tandis que le pétrole saoudien ou émirati passe par Ormuz. Si l'on bloque ces points de passage, c'est toute la base de la production mondiale qui est touchée.
Le pétrole est l'intrant principal de nos économies. Si son prix double, les coûts de transport et de production explosent. On risque alors une inflation par les coûts : les prix augmentent parce que produire et acheminer les marchandises coûte plus cher. Il faut impérativement prévoir ce scénario.
*Dans ce contexte, comment l’Afrique peut-elle tirer son épingle du jeu ou se protéger ?*
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"L'impact sera donc général : le secteur productif sera touché, mais aussi le coût des céréales importées à cause de la hausse de la logistique internationale. C’est un nœud de tension qu'il faut surveiller de très près, car la stabilité de l'économie mondiale en dépend.
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