À Niamey, la sécurité a été renforcée dimanche après les affrontements entre la garde présidentielle et des insurgés.
Les jeunes mutins de l’armée nigérienne ayant dirigé les opérations contre la première institution de la République, dans la nuit de vendredi à samedi, sont issus des forces spéciales. Leur première mission est de lutter sur le terrain contre le terrorisme. Peut-on désormais parler de « fracture » au sein de l’armée nigérienne ? Les avis divergent, rapporte notre correspondant à Dakar, Serge Daniel.
La garde présidentielle est restée fidèle au chef de la junte, mais seule, elle ne pouvait pas contenir les mutins qui ont pris le contrôle d’au moins une caserne. L’intervention des troupes russes d’Africa Corps a probablement sauvé le régime.
Grande absente sur le terrain pendant les événements : la force composée des troupes d'élite des trois pays de l’Alliance des États du Sahel : le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Selon le général Abdourhamane Tiani qui parlait il y a quelques mois de cette unité, elle est composée de plus de 5 000 hommes. Son objectif ? Lutter contre le terrorisme dans le Sahel central, mais aussi porter secours à l’un des trois pays en cas d’attaque. Ces troupes sont-elles vraiment prêtes ? On peut en douter.
Trouver les causes qui ont poussé des militaires à se révolter contre leurs frères
Mathias Hounkpé, politologue béninois, responsable de l'Institut électoral pour la démocratie en Afrique, estime que ces récents affrontements vont laisser des traces au sein des forces nigériennes. « Une tentative de rébellion est toujours, ou généralement, suivie d'une purge ou de sanctions au sein de l'armée, explique-t-il au micro de Guillaume Thibault. La manière dont c'est géré peut accentuer les tensions. »
« La deuxième séquelle que je vois, reprend le politologue, c'est que cela peut affecter, ne serait-ce qu'à court terme, la capacité opérationnelle de l'armée, puisque maintenant vous avez une armée où des corps ne sont pas complètement d'accord. » Pour le responsable, il faut aller à la base des vraies causes qui ont conduit des militaires à se révolter contre leurs frères.
Il faut que les actions à mener aillent dans le sens également de la recherche de solutions aux vrais problèmes auxquels l'armée nigérienne est confrontée.
Guillaume Thibault
L'absence remarquée du général Tiani
Vingt-quatre heures après la mutinerie, le général Tiani n'était toujours pas visible sur le terrain. Lors de l’attaque jihadiste contre l’aéroport de Niamey en juin dernier, il s’était rendu peu après dans la zone aéroportuaire.
À défaut d'une déclaration du chef de l'État, la télévision nationale a diffusé dimanche soir un reportage pour célébrer les bonnes relations entre l'Algérie et le Niger. Les deux pays se sont en effet récemment rapprochés après des mois de tension. Pour marquer sa solidarité, l'Algérie a livré un peu de matériel militaire via deux avions cargo et en a profité pour faire parader symboliquement des avions de chasse dans le ciel de Niamey.
Pour le moment, la junte n'a toujours pas communiqué le bilan de ces violents affrontements entre les militaires rebelles principalement issus des forces spéciales d'un côté, et la garde présidentielle appuyée par les forces russes d'Africa Corps de l'autre.
Les jeunes mutins de l’armée nigérienne ayant dirigé les opérations contre la première institution de la République, dans la nuit de vendredi à samedi, sont issus des forces spéciales. Leur première mission est de lutter sur le terrain contre le terrorisme. Peut-on désormais parler de « fracture » au sein de l’armée nigérienne ? Les avis divergent, rapporte notre correspondant à Dakar, Serge Daniel.
La garde présidentielle est restée fidèle au chef de la junte, mais seule, elle ne pouvait pas contenir les mutins qui ont pris le contrôle d’au moins une caserne. L’intervention des troupes russes d’Africa Corps a probablement sauvé le régime.
Grande absente sur le terrain pendant les événements : la force composée des troupes d'élite des trois pays de l’Alliance des États du Sahel : le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Selon le général Abdourhamane Tiani qui parlait il y a quelques mois de cette unité, elle est composée de plus de 5 000 hommes. Son objectif ? Lutter contre le terrorisme dans le Sahel central, mais aussi porter secours à l’un des trois pays en cas d’attaque. Ces troupes sont-elles vraiment prêtes ? On peut en douter.
Trouver les causes qui ont poussé des militaires à se révolter contre leurs frères
Mathias Hounkpé, politologue béninois, responsable de l'Institut électoral pour la démocratie en Afrique, estime que ces récents affrontements vont laisser des traces au sein des forces nigériennes. « Une tentative de rébellion est toujours, ou généralement, suivie d'une purge ou de sanctions au sein de l'armée, explique-t-il au micro de Guillaume Thibault. La manière dont c'est géré peut accentuer les tensions. »
« La deuxième séquelle que je vois, reprend le politologue, c'est que cela peut affecter, ne serait-ce qu'à court terme, la capacité opérationnelle de l'armée, puisque maintenant vous avez une armée où des corps ne sont pas complètement d'accord. » Pour le responsable, il faut aller à la base des vraies causes qui ont conduit des militaires à se révolter contre leurs frères.
Il faut que les actions à mener aillent dans le sens également de la recherche de solutions aux vrais problèmes auxquels l'armée nigérienne est confrontée.
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