S’il y’a une profession que j’ai toujours rêvé d’exercer, c’est bien celle de la diplomatie.
Je l’ai toujours considérée comme un chef d’œuvre inachevé où chaque geste, chaque mot, chaque parole requiert une infinie finesse. La moindre brutalité finit à en altérer toute la subtilité.
Comme à l’image d’un grand chef cuisinier qui, avec subtilité, sait doser chaque ingrédient pour équilibrer le palais, la diplomatie est aussi un art qui consiste à aligner les mots avec tact et intelligence, à avoir une posture qui ne cherche ni à heurter ni à franchir les limites républicaines et même monarchiques.
En relation bilatérale, il est certes légitime pour un dirigeant d’émettre des critiques, mais il doit éviter une frontalité excessive. Affirmer que : « Le président Trump n’est pas un homme de paix, c’est un homme de déstabilisation du monde. » constitue à mon sens un jugement frontal abrupt.
Or en diplomatie, l’art oratoire consiste à formuler des critiques politiques plutôt qu’à proférer des attaques personnelles.
Monsieur le premier ministre Ousmane Sonko,
Permettez-moi de vous dire que dans votre propre pays, tous les jours, vos concitoyens sénégalais critiquent votre gouvernance. Il en va de même pour les citoyens américains à l’endroit de Trump.
Sauf que, pris individuellement, ces critiques et opinions ne disposent d’aucun levier institutionnel ou diplomatique susceptible d’engager la responsabilité de leur État.
Il en va autrement de vous. Dans votre position de chef du gouvernement, la moindre prise de parole mal formulée à l’endroit d’un chef d’Etat de pays étranger peut créer un malaise diplomatique et pire encore une cacophonie institutionnelle, surtout lorsque votre voix ne s’aligne pas sur la ligne officielle de votre pays.
Ce malaise diplomatique soulève une interrogation institutionnelle : les prérogatives régaliennes doivent-elles permettre au premier ministre Ousmane Sonko de se prononcer sur la conduite des affaires internationales, notamment sur des sujets diplomatiques qui relèvent traditionnellement du président de la République Bassirou Diomaye Faye, ainsi que du ministre des affaires étrangères Cheikh Niang ?
Toute prise de position non-alignée ne risque-t-elle pas de fragiliser la cohérence de la voix du Sénégal à l’international ?
Ayant été une actrice dans le renforcement des relations d’affaires entre le Sénégal et les États-Unis, je mesure combien il est essentiel d’entretenir des liens solides avec les Etats-Unis, qui reste un partenaire économique et stratégique majeur pour le Sénégal. Surtout dans un contexte géopolitique mondial où chaque mot, chaque posture engage le Sénégal. Idem à l’endroit de tous les pays.
Un État fort est un État qui parle d’une seule voix. Celle du président de la république en chef d’orchestre.
En diplomatie, les ponts se bâtissent par les mots. Mais les paroles mal formulées peuvent avoir un pouvoir de déstabilisation dont nul ne mesure ni les conséquences ni limites.
Un point essentiel que je tiens à souligner : la souveraineté d’un pays se forge dans une diplomatie maîtrisée, alliant fermeté et finesse.
En résumé, elle se construit avec une main de fer dans un gant de velours.
Que Dieu protège notre belle nation sénégalaise, terre de dialogue - ce mot dialogue qui demeure notre véritable arme nucléaire. Puisse-t-Il également accorder la bonne parole aux voix diplomatiques capables de ramener la paix dans les pays en guerre et de raffermir les liens fraternels entre tous les peuples du monde.
Jummah Mubarack
One love
——//
PlumeCitoyenne
MaremKANTE
Vendredi 10 avril 2026
Je l’ai toujours considérée comme un chef d’œuvre inachevé où chaque geste, chaque mot, chaque parole requiert une infinie finesse. La moindre brutalité finit à en altérer toute la subtilité.
Comme à l’image d’un grand chef cuisinier qui, avec subtilité, sait doser chaque ingrédient pour équilibrer le palais, la diplomatie est aussi un art qui consiste à aligner les mots avec tact et intelligence, à avoir une posture qui ne cherche ni à heurter ni à franchir les limites républicaines et même monarchiques.
En relation bilatérale, il est certes légitime pour un dirigeant d’émettre des critiques, mais il doit éviter une frontalité excessive. Affirmer que : « Le président Trump n’est pas un homme de paix, c’est un homme de déstabilisation du monde. » constitue à mon sens un jugement frontal abrupt.
Or en diplomatie, l’art oratoire consiste à formuler des critiques politiques plutôt qu’à proférer des attaques personnelles.
Monsieur le premier ministre Ousmane Sonko,
Permettez-moi de vous dire que dans votre propre pays, tous les jours, vos concitoyens sénégalais critiquent votre gouvernance. Il en va de même pour les citoyens américains à l’endroit de Trump.
Sauf que, pris individuellement, ces critiques et opinions ne disposent d’aucun levier institutionnel ou diplomatique susceptible d’engager la responsabilité de leur État.
Il en va autrement de vous. Dans votre position de chef du gouvernement, la moindre prise de parole mal formulée à l’endroit d’un chef d’Etat de pays étranger peut créer un malaise diplomatique et pire encore une cacophonie institutionnelle, surtout lorsque votre voix ne s’aligne pas sur la ligne officielle de votre pays.
Ce malaise diplomatique soulève une interrogation institutionnelle : les prérogatives régaliennes doivent-elles permettre au premier ministre Ousmane Sonko de se prononcer sur la conduite des affaires internationales, notamment sur des sujets diplomatiques qui relèvent traditionnellement du président de la République Bassirou Diomaye Faye, ainsi que du ministre des affaires étrangères Cheikh Niang ?
Toute prise de position non-alignée ne risque-t-elle pas de fragiliser la cohérence de la voix du Sénégal à l’international ?
Ayant été une actrice dans le renforcement des relations d’affaires entre le Sénégal et les États-Unis, je mesure combien il est essentiel d’entretenir des liens solides avec les Etats-Unis, qui reste un partenaire économique et stratégique majeur pour le Sénégal. Surtout dans un contexte géopolitique mondial où chaque mot, chaque posture engage le Sénégal. Idem à l’endroit de tous les pays.
Un État fort est un État qui parle d’une seule voix. Celle du président de la république en chef d’orchestre.
En diplomatie, les ponts se bâtissent par les mots. Mais les paroles mal formulées peuvent avoir un pouvoir de déstabilisation dont nul ne mesure ni les conséquences ni limites.
Un point essentiel que je tiens à souligner : la souveraineté d’un pays se forge dans une diplomatie maîtrisée, alliant fermeté et finesse.
En résumé, elle se construit avec une main de fer dans un gant de velours.
Que Dieu protège notre belle nation sénégalaise, terre de dialogue - ce mot dialogue qui demeure notre véritable arme nucléaire. Puisse-t-Il également accorder la bonne parole aux voix diplomatiques capables de ramener la paix dans les pays en guerre et de raffermir les liens fraternels entre tous les peuples du monde.
Jummah Mubarack
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MaremKANTE
Vendredi 10 avril 2026
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