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Parlons des attaques contre la presse…Par Ndiaga Diouf



Lors des émeutes consécutives à l’arrestation du leader du Pastef Ousmane Sonko, des organes de presse ont fait l’objet d’attaques. Il s’agit notamment des sièges du groupe futurs médias à la Médina (RFM et l’OBS) et aux Almadies (TFM) mais aussi du quotidien national Le Soleil à Hann. A cela on peut ajouter des menaces directes contre des journalistes. 

Pourquoi les journalistes sont mis sur le banc des accusés ? Pourquoi les journalistes sont considérés comme membres du camp d’en face, du pouvoir, du système ?

Comme la conjonction de plusieurs facteurs qui ont eu comme élément déclencheur l’arrestation d’Ousmane Sonko, le désamour entre la presse et un certain public date de très longtemps. Un sondage sur la confiance du public envers les médias peut être édifiant. 

Ils sont certainement très nombreux ceux qui continuent de penser que la presse privée doit être du côté de la masse. Une position confortée par le rôle crucial joué par cette presse sur l’avènement de la première alternance démocratique en 2000. Ces gens ne comprennent pas encore les rôles de toute la presse faisant toujours une opposition entre médias d’Etat et médias privés. S’il est vrai que du côté des médias publics, une évolution disons même une révolution a été faite surtout du côté de la radio pour faire face à la concurrence et répondre aux préoccupations du public, la télé (RTS) et le journal officiel, le Soleil ne sont pas encore totalement dans cette dynamique. Les journalistes devenus politiciens à la tête de ces organes est un fait qui rajoute à la confusion. 

Cette incompréhension d’un certain public sur les rôles de la presse a souvent abouti sur des violences contre les professionnels de l’information et de la communication et cela ne date pas d’aujourd’hui. On se rappelle en 2000 avec la tension politique et les derniers moments du règne d’Abdou Diouf, de la grosse pierre lancée à travers une fenêtre du studio de Walf au moment où Mamoudou Ibra Kane présentait son journal. Pourtant, à la fin, les journalistes de la radio sont applaudis par une foule immense qui saluait ainsi l’apport de la radio sur la réalisation de l’alternance politique. En 1993, le journaliste de RFI, Nicolas Balique a été agressé par des « calots bleus », les gros bras du PDS, son véhicule incendié au Point E, on accuse la radio de faire le jeu du pouvoir. Durant cette même période, on se rappelle l’agression à l’Ucad, du reporter de radio Sénégal et futur patron de Sud FM, Omar Diouf Fall. C’est d’ailleurs l’époque d’une des pages les plus sombres de l’histoire politique du Sénégal avec l’assassinat de Me Babacar Séye. Entre parenthèse, la démarche de RFI n’a pas trop changé, c’est la voix de la France et de ses intérêts. Aujourd’hui avec les émeutes du mois de mars 2021, quand les 11 morts sont établis, la radio continue de nous pomper durant des jours de « 5 morts selon un bilan officiel ». Ce n’est pas respectueux et voilà une façon de se mettre en danger. Mais c’est révolu l’époque où on écoutait des radios ou regardait des télés internationales pour savoir ce qui se passe chez-nous. 

Un peu comme les politiques à la tête des organes d’Etat, certains vont faire une confusion entre Youssou Ndour, ministre conseiller du président et PCA du groupe futurs médias. A cela on relève, c’est déjà fait par beaucoup de gens et par la Coordination des associations de presse (CAP) du Sénégal, le fait que le CNRA a ajouté une couche à la confusion générale en coupant le signal à Walftv et Sentv. Une partie des manifestants sera confortée sur sa conviction, voilà ceux qui travaillent et les autres sont à la solde du pouvoir. 

Pour le groupe futurs médias, si on ne peut rien reprocher à la RFM et à la TFM sur le traitement de l’actualité autour de l’affaire « Adji Sarr-Ousmane Sonko », ce sera un peu difficile d’avoir la même position relativement au journal L’Obs.

Présentement la corporation travaille pour le respect de la liberté de la presse, l’amélioration des conditions de travail des professionnels, plus de solidarité…, la seule arme de la presse est et restera, faire son travail en toute honnêteté, donner l’information juste et vraie. Sinon quels que soient les textes qui seront adoptés pour l’organisation de ce métier, la presse sera toujours le terreau fertile à la manipulation et à la désinformation ce qui va exposer les acteurs du secteur. 

Parallèlement au développement de notre presse, nous devons accorder de l’importance aussi à l’éducation aux médias du public où l’on compte des milliers d’analphabètes. 

Un organe de presse parlant surtout de la radio et de la télé est un TOUT. Le métier du journaliste ne doit pas être privilégié à côté d’un animateur ou d’un prêcheur qui peut souvent commenter l’actualité. Le simple fait qu’un animateur passe tout son temps à faire du griotisme avec des dédicaces intéressées à ses bienfaiteurs, des directeur généraux et autorités du régime peut créer un sentiment de rejet et de frustration. 

Donnons-nous la main pour une presse de qualité, c’est la voie du salut pour tous les professionnels des médias. Un simple souhait, d’un simple journaliste qui aime bien le métier et ses acteurs et dont la conviction est : le pouvoir n'organisera jamais la presse et continuera de tirer les ficelles dans le sens de ses intérêts.

Confraternellement les gars, courage et bonne continuation !!!

Salif SAKHANOKHO

Samedi 13 Mars 2021 - 18:54


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