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Pourquoi l’incident sur l’EPR chinois fragilise le nucléaire français

Un nouveau coup dur pour EDF et sa centrale nucléaire de troisième génération. Son unique EPR en service est chinois et il connait un dysfonctionnement depuis plusieurs semaines, voire des mois. C'est ce qu'a révélé hier CNN. Une avarie qui pourrait coûter cher au champion français de l’atome civil.



Les deux réacteurs EPR de Taishan se trouvent à 140 km de Hong Kong, ils fournissent du courant à un bassin de cinq millions d’habitants et surtout aux industries très concentrées du Guandong, une région qui connait déjà des pénuries de courant. Des quantités anormales de gaz dits rares ont été repérées dans le circuit de refroidissement du premier réacteur. Pour l’instant, il n’y a pas d’émanation dans l’air déclare EDF, rien de grave a priori. Pourtant en France, une situation analogue aurait sans doute déjà conduit à la fermeture du site. Mais c’est Pékin qui dicte les normes de sécurité. EDF a une participation de 30% dans la société. L’électricien français prend néanmoins l’incident très au sérieux, puisqu’il a conçu et construit ces EPR, souvent présentés comme l'avenir du nucléaire français.
 
Mais cette technologie imaginée dans les années 1990 peine à faire ses preuves
La Chine a réussi à mettre en service le premier réacteur il y a trois ans, tandis que les deux exemplaires prévus auparavant en Europe, l’un en Finlande l’autre en France, sur le site normand de Flamanville, accumulent les retards et les surcoûts. De plus, ils ne sont toujours pas opérationnels, environ quinze ans après le début du chantier. Un calvaire technique et un gouffre financier. Le client finlandais multiplie les procédures contre EDF. En France, la Cour des comptes a sonné la charge, l’été dernier, en mettant en évidence les turpitudes du projet normand. Cet EPR a coûté près de 20 milliards d’euros à EDF, cinq fois plus que le prix annoncé.
 
Dans la stratégie énergétique française, l'EPR est censé joué un rôle déterminant
Cette centrale atomique hypersophistiquée doit être le socle de la transition vers le renouvelable, capable d’assurer à la France un approvisionnement constant en électricité, ce qui n’est pas encore garanti avec l'éolien ou le solaire. L’Allemagne qui a renoncé au nucléaire a bâti sa transition sur le charbon ; la France, comme la Chine, les deux puissances nucléaires civil avec les États-Unis, mise sur l'atome. Avec l’espoir de rentabiliser cette filière en l’exportant. Malgré la catastrophe industrielle de Flamanville et de l'EPR finlandais, l’actuel patron d’EDF Jean-Bernard Lévy a tout de même décroché deux contrats au Royaume Uni à Hinkley Point. Mais la société française a dû s’engager à les financer en partie pour décrocher le contrat avec le chinois CGN, la société majoritaire à Taishan.
 
Quels sont les autres débouchés potentiels ?
Le Royaume Uni pourrait en construire deux autres. L’Inde étudie l’achat et la construction de six EPR, la République tchèque l’Arabie saoudite sont également intéressés. Encore faut-il que l’EPR soit compétitif. Le nucléaire se décline maintenant de préférence en petites unités faciles à construire plutôt qu’en mastodontes tels qu’a été conçue cette centrale du futur, il y a déjà … quarante ans ! Au moment où les prix de l’électricité verte dégringolent, l’EPR ne peut même plus rivaliser. D’après les calculs de la Cour des comptes, le courant fourni par Flamanville serait plus cher que celui que l’éolien ou le solaire. Et deux fois supérieur à celui d’une centrale classique.
 
L'union européenne a lancé hier sa première émission de dette commune
 
Le fameux emprunt destiné à financer le méga plan de relance à 750 milliards d'euros. On saura cet après-midi si cette obligation mutualisée rencontre un succès auprès des investisseurs. Bruxelles prévoit de lever environ 150 milliards d'euros chaque année jusqu'en 2026, ce qui en fera l'un des plus gros emprunteurs de la zone euro.

RFI

Mardi 15 Juin 2021 - 10:26


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