Les quelque 70 000 morts de Gaza n’ont pas suscité, sur les réseaux sociaux et dans les conversations, autant d’émoi que l’élimination d’une équipe nationale. La comparaison ne vise pas à hiérarchiser les tragédies, mais à interroger l’ordre des sensibilités et des mobilisations.
La virulence des commentaires — côté sportif comme côté politique — dit beaucoup des préjugés, des frustrations et des convictions populaires à l’intérieur du continent comme au-delà. Derrière la passion du football, devenue vecteur d’appartenance et de fierté nationale, affleurent des blessures plus profondes : sentiment d’injustice, besoin de reconnaissance, usage symbolique du succès collectif.
On pourra objecter qu’un drame lointain peine à toucher autant qu’une défaite vécue en direct, dans la ferveur du stade ou la rumeur des cafés. Mais la question demeure : à quoi sert de conquérir des trophées terrestres si l’on perd de vue ce qui élève ? Et à quoi sert de soigner l’image d’un pays si cela s’accompagne d’une dégradation silencieuse de la fraternité entre les peuples ?
Dans un monde saturé d’images et de messages instantanés, la compétition sportive révèle moins l’état du football que l’état des sociétés. Le football continue de rassembler, mais aussi d’exposer nos fractures, nos priorités et nos angles morts. Il serait dommage qu’une Coupe d’Afrique célébrée pour sa vitalité se transforme en miroir de nos indignations sélectives. Le sport, lorsqu’il se veut fêter, devrait demeurer une occasion de rencontrer plutôt qu’un amplificateur de ressentiments.
Vive l'amitié fraternelle entre le Maroc et le Sénégal.
La virulence des commentaires — côté sportif comme côté politique — dit beaucoup des préjugés, des frustrations et des convictions populaires à l’intérieur du continent comme au-delà. Derrière la passion du football, devenue vecteur d’appartenance et de fierté nationale, affleurent des blessures plus profondes : sentiment d’injustice, besoin de reconnaissance, usage symbolique du succès collectif.
On pourra objecter qu’un drame lointain peine à toucher autant qu’une défaite vécue en direct, dans la ferveur du stade ou la rumeur des cafés. Mais la question demeure : à quoi sert de conquérir des trophées terrestres si l’on perd de vue ce qui élève ? Et à quoi sert de soigner l’image d’un pays si cela s’accompagne d’une dégradation silencieuse de la fraternité entre les peuples ?
Dans un monde saturé d’images et de messages instantanés, la compétition sportive révèle moins l’état du football que l’état des sociétés. Le football continue de rassembler, mais aussi d’exposer nos fractures, nos priorités et nos angles morts. Il serait dommage qu’une Coupe d’Afrique célébrée pour sa vitalité se transforme en miroir de nos indignations sélectives. Le sport, lorsqu’il se veut fêter, devrait demeurer une occasion de rencontrer plutôt qu’un amplificateur de ressentiments.
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