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RDC: le mouvement citoyen Lucha dénonce le rôle des «Forces du progrès» dans la répression de la marche du C64

En République démocratique du Congo (RDC), la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) fait état d’atteintes aux droits humains lors de la marche organisée par l’opposition le mardi 15 septembre 2026 à Kinshasa. La mobilisation contre tout projet de changement de Constitution avait été émaillée de violences et dispersée avant son arrivée. L’opposition et plusieurs organisations de la société civile mettent notamment en cause des membres des « Forces du progrès », un groupe lié au parti présidentiel, l’UDPS.



La Commission nationale des droits de l’homme dit avoir constaté des atteintes aux droits humains lors de la manifestation du 15 septembre. Dans un communiqué, l’institution indique qu’une mission d’observation déployée sur place a relevé que le rassemblement avait été perturbé par « des personnes munies notamment de bâtons et de machettes ». La CNDH précise poursuivre son travail afin de rendre un rapport sur les événements.
 
La marche, organisée par la plateforme d’opposition C64, avait pourtant été autorisée par le gouvernorat de Kinshasa. Des affrontements avaient cependant éclaté peu après le départ du cortège et les forces de l’ordre avaient finalement dispersé la manifestation avant qu’elle n’atteigne son point d’arrivée, près du Palais du peuple.
 
La Lucha met en cause les « Forces du progrès »
Le mouvement citoyen La Lucha dénonce à son tour ces violences. Jacques Issongo, l’un de ses militants, affirme que les jeunes armés de machettes et de bâtons appartenaient aux « Forces du progrès », un groupe lié à l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti présidentiel. « Les jeunes armés avec des machettes et des bâtons sont justement des jeunes qui se présentent comme étant des jeunes des Forces du progrès, ralliés au parti au pouvoir, à l’UDPS », affirme-t-il. Selon Jacques Issongo, ils étaient « armés pour attaquer, brutaliser [et] blesser » les militants de l’opposition et de la société civile venus manifester contre l’éventualité d’un troisième mandat de Félix Tshisekedi.
 
Le militant de La Lucha accuse le président congolais de vouloir organiser « un dialogue, ou un monologue si vous le permettez », afin, selon lui, d’obtenir un « plébiscite » en faveur d’un changement de Constitution et de pouvoir briguer un troisième mandat, plutôt que de permettre « l’alternance démocratique en 2028, comme prévu par la Constitution ».
 
Jacques Issongo accuse également les « Forces du progrès » d’agir « en complicité avec la police ». « Il y a des images qui circulent, on a vu des vidéos », avance-t-il, affirmant avoir lui-même assisté à ce type de violences lors de manifestations. « Nous avions assisté justement à cette barbarie », poursuit-il. « C’est vraiment déplorable, ce que nous traversons actuellement dans ce pays. »
 
Ces nouvelles prises de position interviennent après les accusations formulées par l’opposition. Réunie au sein de C64, celle-ci a signé jeudi une déclaration commune dénonçant la répression de la manifestation et mettant directement en cause le pouvoir dans la mort d’un de leurs militants.

RFI

Samedi 19 Septembre 2026 - 11:10


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