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RIC Dakar 2026 : un partenariat repensé pour donner des perspectives à la jeunesse africaine



À la veille de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, Expertise France a organisé, vendredi 30 octobre 2026, la troisième édition des Rencontres internationales de la Coopération (RIC) au Musée Théodore Monod d’Art africain de Dakar. Pour la première fois tenue hors de Paris, cette édition, placée sous le Haut Patronage du Président de la République française et organisée en partenariat avec la Fondation de l’innovation pour la démocratie (FIDEMO), avait pour thème : « Jeunesses en mouvement – Former, créer, transformer ». 

Décideurs, acteurs de terrain, chercheurs, entrepreneurs, artistes et jeunes engagés se sont réunis pour réfléchir à la place des jeunes dans la coopération internationale.

Pour Jérémy Pellét, directeur général d’Expertise France, le choix de Dakar et du moment des JOJ n’est pas anodin. « Avec la Fondation pour l’innovation de la démocratie et mon camarade et ami Achille Mbembe, nous avons voulu parler de la place de la jeunesse sur le continent africain. Les JOJ, qui pour la première fois sur le continent africain accueillent un événement olympique entièrement dirigé vers la jeunesse, c’était l’occasion de parler de la place de la jeunesse dans cette coopération internationale. C’est pour ça qu’on le fait à Dakar, au Sénégal, au moment de cet événement », a-t-il expliqué.

Achille Mbembe, directeur de la FIDEMO, fondation basée à Johannesburg et présente dans 36 pays africains, abonde dans le même sens. « C’est un moment significatif que le Sénégal accueille ces Jeux olympiques de la jeunesse. C’est tout un symbole », a-t-il déclaré, avant de rappeler l’ampleur de l’enjeu démographique : « Dans à peu près 20-25 ans, l’Afrique sera le continent au monde qui contiendra la population la plus jeune de la planète, environ 42 % si l’on s’en tient aux chiffres brandis par les conventions internationales ». 

Des besoins clairs et légitimes

Pour Jérémy Pellét, les attentes de cette jeunesse sont sans ambiguïté. « Les besoins de cette jeunesse sont très clairs : c’est un besoin de perspectives d’avenir. Perspectives d’avenir, ça veut dire perspectives d’emploi, perspectives d’accès à une vie sûre, prospère et libre. C’est ça la demande de la jeunesse, c’est une demande parfaitement légitime à laquelle les institutions de l’ensemble des pays africains doivent pouvoir répondre », a-t-il affirmé.

Le directeur général d’Expertise France a précisé le rôle de son agence : « Notre objectif en tant qu’agence de coopération internationale, c’est d’appuyer nos États partenaires pour renforcer leurs politiques publiques, de manière à faire en sorte que cette jeunesse soit au cœur de ces politiques publiques, et que cette jeunesse devienne un acteur à part entière, pas seulement un objet de discussion ». 

Et d’insister : « Ce sont ces jeunes qui vont nourrir, faire vibrer, faire vivre le continent africain demain. De la même manière qu’on le voit dans le sport, de la même manière qu’on le voit dans la culture, notre ambition c’est de la mobiliser ». 

Expertise France intervient concrètement dans l’accompagnement de cette jeunesse à travers l’appui à l’entrepreneuriat, au numérique, aux politiques éducatives, à l’enseignement supérieur et à la recherche. « On accompagne plus de 1 000 acteurs universitaires, centres de recherche, incubateurs en Afrique, et on le fait toujours avec cette idée de donner de la perspective pour la jeunesse africaine », a-t-il souligné.

Démographie et démocratie : réconcilier les deux enjeux

Achille Mbembe a mis l’accent sur la nécessité de lier la question démographique à la question démocratique. « Cette jeunesse, il faudra qu’elle trouve des emplois, qu’elle soit éduquée, qu’elle ait droit au chapitre lorsqu’il faut décider, pas seulement du présent, mais aussi de ce que nos sociétés deviennent, qu’elle ait accès à des métiers qui lui permettent de vivre décemment », a-t-il déclaré.

« Je pense que cet enjeu démographique est sans doute l’un des plus importants auxquels nous faisons face sur le continent. Il faut réconcilier cet enjeu démographique avec l’enjeu démocratique. Démographie et démocratie devront participer à faire en sorte que les perspectives dont parlait Jérémy soient ouvertes à l’ensemble de notre jeunesse », a ajouté  le Professeur d'histoire et de sciences politiques à l'université du Witwatersrand à Johannesbourg. 

Le directeur de la FIDEMO a également plaidé pour une meilleure représentation des jeunes et des femmes dans les instances de décision. « Il faudrait que les jeunes, mais aussi les femmes, ces deux catégories en général marginalisées, aient droit au chapitre à tous les niveaux : au niveau des communes, des localités, au niveau national. Les efforts dans ce sens ont commencé, ici et là. Ils ne sont pas encore suffisants pour y parvenir », a-t-il estimé.

Pour y remédier, il appelle à un investissement massif dans la formation et l’apprentissage. « Il faudra beaucoup de formation, d’apprentissage, pas seulement des métiers, mais aussi d’apprentissage de l’exercice démocratique, des facultés critiques, des capacités de participation. C’est en tout cas le travail que fait la fondation que je dirige et qu’appuie Expertise France, l’agence française de développement pour ce qui concerne la France. Je crois qu’il faut avancer dans cette direction si nous devons produire des résultats probants », a-t-il conclu.

Jérémy Pellét a profité de cette occasion pour appeler à redéfinir la coopération internationale sur une base plus équilibrée.

« La crise que le monde traverse aujourd’hui, la crise que tous les pays traversent, c’est une opportunité de redéfinir cette politique de coopération sur un plan partenarial. Et d’ailleurs, la jeunesse africaine, mais aussi la jeunesse européenne, c’est leur première demande : qu’on redéfinisse ce partenariat et qu’on reparte d’un partenariat égal à égal, un partenariat qui se base sur le fait qu’on fait face au même problème, au même problème de réchauffement climatique, au même problème de participation citoyenne, de choix collectifs pour nous emmener vers un futur durable. C’est ça qu’on demande tous », a-t-il déclaré.

Alors que Dakar s’apprête à accueillir le premier événement olympique organisé sur le continent africain, les deux responsables ont rappelé que le sport, la culture, l’éducation et la démocratie sont autant de leviers pour donner à cette jeunesse les perspectives d’avenir qu’elle réclame légitimement.  

Moussa Ndongo

Samedi 31 Octobre 2026 - 01:07


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