Pour l'analyste, il est urgent de déconstruire le mythe de la majorité absolue issue des urnes. Selon lui, les autorités actuelles doivent intégrer le fait que la légitimité électorale ne représente qu'une fraction de la population réelle, invitant ainsi à une gestion plus inclusive de la réforme électorale.
« Beaucoup d'acteurs politiques confondent la majorité électorale et la majorité des Sénégalais. Sur 18 millions d'habitants, seuls 7 millions sont inscrits et environ 3,5 millions votent réellement. On peut donc être élu avec moins de 2 millions de voix, comme c'est le cas du pouvoir actuel. Il faut que ceux qui gagnent aient une certaine modestie », explique le Docteur Massiré Savané.
Face à ce qu'il considère comme une représentativité parlementaire limitée, l'expert suggère de basculer vers une démocratie participative. Pour le Dr Savané, le changement des règles du jeu électoral ne devrait pas être le fait exclusif d'une majorité mécanique à l'Assemblée nationale, mais le fruit d'un dialogue approfondi avec les groupes organisés et les partis politiques.
Il souligne que la prise de décisions majeures impose de « reconsulter les Sénégalais ». Cette approche permettrait d'éviter les tensions nées de modifications législatives perçues comme unilatérales par l'opposition.
Le Docteur Savané insiste également sur une refonte du processus d'éligibilité. Il préconise de renforcer le rôle du juge dans l'appréciation des candidatures, afin de garantir une neutralité totale face aux enjeux politiques.
Enfin, il appelle à ne pas craindre le suffrage universel direct pour les réformes constitutionnelles ou électorales de grande envergure. Selon sa vision, le recours au référendum reste l'outil le plus légitime pour valider des lois qui engagent l'avenir démocratique du pays, assurant ainsi que le cadre légal soit en phase avec la volonté réelle de la nation, au-delà du seul cercle des votants habituels, livre iRadio.
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