Face à la recrudescence des meurtres de femmes et de la violence gratuite qui secoue le Sénégal, l’historienne et ancienne ministre Penda Mbow tire la sonnette d’alarme. Pour l'invité du Jury du dimanche (JDD), le mal est profond : entre perte de repères, usage de drogues et faillite de l’éducation religieuse, la société sénégalaise semble avoir basculé dans l’irrationnel.
Une société « désaxée » par la violence
Pour le Professeur Penda Mbow, les féminicides récents ne sont que la face émergée d’un iceberg de brutalité qui consume le pays. Elle décrit une société devenue « extrêmement violente », où la vie humaine semble avoir perdu sa sacralité.
Évoquant le meurtre d'une jeune femme handicapée dans son kiosque, elle n'hésite pas à qualifier ces actes de « sadiques ».
Selon l'universitaire, cette dérive n'est pas fortuite. Elle résulte d'un cocktail explosif : L'absence de perspectives. Un horizon bouché qui nourrit la frustration. L'impact de la drogue, un catalyseur qui exacerbe l'agressivité. Le déséquilibre psychologique. « Les gens sont désaxés », affirme-t-elle, suggérant une rupture mentale collective.
La fin du sentiment amoureux, le règne de la pulsion
Ce qui choque particulièrement la figure intellectuelle, c'est le passage à l'acte au sein du cercle familial. Analysant le cas d'un homme ayant pointé une arme sur son épouse, elle s'interroge sur l'incapacité des individus à gérer la séparation.
« Si on n’aime plus une personne, on divorce. Mais les gens sont entrés dans une logique irrationnelle », regrette-t-elle.
Pour Penda Mbow, nous avons atteint un « point de non-retour » où la violence est devenue le mode de règlement de comptes privilégié, même pour des futilités : « Dans les familles, dans les quartiers, on tue pour 100 FCFA ».
La faillite des remparts moraux
L'un des points les plus forts de son intervention concerne le rôle de la spiritualité dans la cité. Alors que le Sénégal se définit souvent par sa forte religiosité, l'historienne pose une question de fond sur l'efficacité de cet encadrement.
Elle pointe du doigt une forme d'impuissance de l'éducation religieuse. Alors que la religion devrait être le socle de la morale et du respect de la vie, elle semble échouer à contenir les pulsions meurtrières.
C’est, selon ses mots, « l’humanité qui déserte » le cœur des Sénégalais.
Un appel à l'introspection nationale
Le constat est sans appel : la société est en train de payer le prix d'une « agression contre la nature » qui finit par se retourner contre l'homme lui-même. Entre perte de valeurs et absence de repères, le cri de cœur de Penda Mbow est un appel urgent à une réflexion nationale sur l'éducation, la santé mentale et la protection des plus vulnérables.
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