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Taak xala

Dans une société sénégalaise où la sexualité est évoquée à demi-mot, sous des toits faussement pudiques, ceux qui parlent de « xala » à visage découvert ne devraient pas courir les rues. Pourtant, cette pratique qui consiste à rendre momentanément impuissant un homme semble intéresser les Dakarois au point de les préoccuper. L’enquête Agence Dakaroise d’Etudes Stratégiques et de recherches (Adesr) / Dakarlife, conforte cette thèse. Ainsi, 93,7% des personnes interrogées déclarent avoir entendu parler du « phénomène ». Mieux, celles-ci étalent une certaine connaissance à propos de la question. Et elles sont d’avis que c’est une pratique mystique fatale pour la sexualité de la gent masculine.



Taak xala

Ce n’est donc pas une surprise si 84,4% des sondés croient fermement au « xala ». C’est d’autant plus vrai que des us analogues font florès sous nos cieux où les croyances religieuses-islamique ou chrétiennes- se mêlent aux traditions marquées par un attachement au maraboutisme et au charlatanisme. Ce qui a pour conséquence immédiate un culte quasi béat accordé aux « recommandations » des « faiseurs de miracle ». Le « xala » est ainsi ancré dans la conscience collective des Dakarois qui vont jusqu’à donner dans les moindres détails les manifestations et signes de ce mal vicieux. Est-ce une raison pour dire de manière péremptoire que le fléau a atteinte des proportions insoupçonnées ? si la majorité des Dakarois interrogés se garde de franchir ce pas, 25% d’entre eux soutiennent mordicus que le « xala » est devenu une réalité dans notre société, aujourd’hui plus qu’hier.

On peut ainsi en déduire qu’en dépit du modernisme, des technologies de l’information et de la communication, ainsi que des comportements de plus en plus policés, certaines traditions d’un autre âge ont la peau très dure. Les explications de cet état des choses sont à chercher dans les réponses données par rapport aux raisons de cette pratique qu’on qualifie d’ancestrale. L’écrasante majorité des personnes interrogées fournit des explications liées à des maux actuels. « Les relations ne sont plus fidèles ni sincères », disent les uns ; « il y a beaucoup de cas de trahison, les gens ne croient plus en dieu, il y a maintenant beaucoup de rivalité », ajoutent les autres. Sans oublier ceux qui pensent que le recours au « xala » est du aux nombreux mariages polygames, à la méchanceté, à la perte de nos valeurs entre autres. C’est tout naturel que les victimes, que sont les hommes, soient qualifiées dans l’étude, de « maris infidèles », pratiquant la polygamie. Les auteurs du fléau qui freinent les ardeurs sexuelles ne peuvent être évidemment que les déçus : prétendants jaloux, filles coépouses, rivales jalouses, etc.

Le mariage en prend souvent un grand coup qui peut causer le divorce, purement et simplement, même s’il existe de nombreux cas où on constate que le couple suit sont cours normal. C’est vrai que par endroits, il y a plus de peur que de mal dans la mesure où le « xala » se guérit sur un simple coup de chapelet magique parfois. 94,7% des Dakarois en sont convaincus. La peur au bas ventre a peut-être des raisons de s’estomper.

Source : dakarlife magazine 



Mercredi 7 Mars 2012 - 17:40



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