Faciliter les procédures d’extradition et l’exécution de commissions rogatoires, mener des enquêtes conjointes, partager les informations sur des suspects ou auteurs d’actes de terrorisme, les grands axes sont posés par l’accord, mais plusieurs aspects techniques et pratiques restent à définir pour concrétiser cette coopération renforcée ; et c’est sur ces points que portent les débats.
Toutefois, mettre en contact direct les acteurs de la chaine judiciaire va déjà, en soi, faciliter cette coopération, estime le procureur général près la cour d’appel de Ouagadougou. « Ici, on se frotte les uns aux autres, les connexions se font, et cette confiance qui s’instaure entre les hommes au-delà des textes est le meilleur moteur de la coopération », souligne Laurent Poda.
Au cours des échanges, des propositions mais aussi beaucoup de questions. « Effacer les frontières juridiques, cela veut-il dire qu’on se dirige vers un mandat d’arrêt commun exécutable où que ce soit dans les pays concernés ? », demande un juge. « Comment va-t-on sécuriser le partage informatique des renseignements », s’interroge un membre de la police judiciaire. Un officier, lui, s’étonne que l’administration pénitentiaire ne soit pas mentionnée dans l’accord, alors qu’une justice plus efficace devrait être synonyme de plus de plus d’incarcérations d’individus dangereux. Les résultats de ces débats devraient être évoqués dimanche par le président malien, au cours du sommet des chefs d’Etat du G5.
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