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Après son revirement sur le Groenland, Trump dévoile son «Conseil de la paix» à Davos

Donald Trump dévoile son nouveau « Conseil de la paix » et rencontre le président ukrainien, Volodymyr Zelensky ce jeudi à Davos, tentant de muscler son bilan d'autoproclamé « faiseur de paix » après avoir désamorcé la veille le conflit sur le Groenland qu'il avait lui-même provoqué.



Volodymyr Zelensky est en route pour le Forum économique de Davos, a indiqué ce jeudi matin la présidence ukrainienne, sans précision concernant une rencontre avec son homologue américain Donald Trump. « Le président est en route pour Davos », a déclaré aux journalistes, dont l'AFP, le conseiller du dirigeant ukrainien, Dmitro Lytvyn. Mercredi, Donald Trump a annoncé qu'il rencontrerait le dirigeant ukrainien à Davos.
 
Le Groenland, un territoire stratégique difficile à surveiller même pour l'armée américaine
 
Les marins l'appelle le GIUK pour « Groenland Island United Kingdom ». Le GIUK est un triangle marin hautement sensible entre le Groenland et la Norvège, car plus au Nord encore se trouve la presqu'île de Kola et le port de Mourmansk, débouché russe sur la mer de Barents et l'océan Arctique. Mourmansk, siège de la flotte du Nord accueille la moitié des sous-marins russes.
 
Pour les suivre les avions de Patrouille maritime américains, les Boeing P-8 Poseidon sont déployés en Islande et au Royaume-Uni, mais il faut aussi occuper la surface et en raison des icebergs omniprésents y naviguer exige des compétences que possèdent, les marines otaniennes du Nord de l'Europe, dont la France, nation riveraine avec l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon.
 
La présence permanente des marines britanniques norvégiennes et danoises assure aux Américains un soutien crucial car la Navy déployée dans le Pacifique ne peut plus opérer partout, même avec 10 porte-avions dont le taux de disponibilité est assez faible.

 
Les forces américaines bien qu'elles soient les plus puissantes au monde précisent le président Trump, ne peuvent être présentes à la fois à l'est à l'ouest au sud et au nord, elles ont besoin de l'appoint des marines européennes pour protéger l'Arctique et le Groenland. Les amiraux américains l'ont surement rappelés au locataire de la Maison Blanche.
 
Les Européens maintiennent leur sommet convoqué en urgence pour ce jeudi à Bruxelles
 
On a entendu il est vrai des commentaires satisfaits, de l’Italienne Giorgia Meloni ou des Premiers ministres néerlandais et danois mais les 27 se retrouveront ce jeudi soir à Bruxelles, rapporte notre correspondant sur place, Pierre Bénazet. Le soulagement n’efface pas le fait que l’Union a senti passer le vent du boulet et le président du Conseil européen Antonio Costa cherche à construire sur l’unité trouvée dimanche pour la défense unanime de la souveraineté du Danemark et du Groenland. Les 27 peuvent désormais prouver qu’une réponse unie est plus effective que la stratégie de l’apaisement choisie l’an dernier et qui a débouché sur l’accord commercial désavantageux de Turnbury, signé en Écosse par la présidente de la commission sur le terrain de golf de Donald Trump.
 
Le Danemark se dit prêt au dialogue sur le Groenland mais dans le respect de son « intégrité territoriale »
 
Le Danemark souhaite poursuivre « un dialogue constructif avec ses alliés » à propos du Groenland et de la sécurité dans l'Arctique mais dans le respect de son « intégrité territoriale », a déclaré jeudi la Première ministre Mette Frederiksen. « Nous pouvons négocier tous les aspects politiques : sécurité, investissements, économie. Mais nous ne pouvons pas négocier notre souveraineté. J'ai été informée que cela n'avait pas été le cas », a déclaré dans un communiqué la Première ministre, après l'annonce par le président américain Donald Trump d'un projet d'accord avec le secrétaire général de l'Otan.
 
 « Il ment » : le recul de Donald Trump sur le Groenland accueilli avec scepticisme par les habitants de l'île
 
Plusieurs Groenlandais interrogés par l'AFP à Nuuk, la capitale du territoire âprement convoité par Donald Trump, se sont montré dubitatifs en apprenant la nouvelle ou ont refusé d'y croire. « Un mensonge tout simplement. Il ment », a réagi Mickel Nielsen, un technicien de 47 ans. « Je ne crois à rien de ce qu'il dit et je pense que je ne suis pas le seul », a-t-il ajouté.
 
« Trump? Je n'y crois pas », a commenté Anak, une aide-soignante de 64 ans. « Le Groenland est le pays des Groenlandais. On ne peut pas en disposer comme ça, pour quoi que ce soit. En tout cas pas pour Trump », a-t-elle ajouté. Même sentiment chez Miki, qui accepte de témoigner sous ce nom d'emprunt. « Il peut dire quelque chose et deux minutes plus tard, il dit le contraire. C'est donc difficile de le croire », explique cet homme de 31 ans.
 
Donald Trump a refusé de préciser si le compromis en discussion donnait aux États-Unis la possession du territoire autonome danois, comme il l'a exigé à de multiples reprises. Mais il a affirmé que le projet d'accord en discussion donnait aux États-Unis « tout ce (qu'ils) voulaient ». « Je pense que cela met tout le monde dans une très bonne position, en particulier concernant la sécurité et les minerais et tout le reste », a-t-il dit.
 
« L'Otan n'a en aucun cas le droit de négocier quoi que ce soit sans nous, le Groenland. Rien sur nous, sans nous », a réagi la députée groenlandaise Aaja Chenmitz, l'une des deux élues représentant le Groenland au parlement danois. « Et que l'Otan ait son mot à dire sur notre pays et nos minéraux, c'est complètement dingue », a-t-elle ajouté.
 
 « La fermeté des Européens a payé » selon l'ancienne ambassadrice de la France à l'Otan, Muriel Domenach
 
Le recul de Trump marque un semblant de désescalade, alors que la tension avec les européens étaient montés très sérieusement. Ces derniers envisageaient l'utilisation pour la première fois de l'instrument anticoercition. Mais pour Muriel Domenach, ancienne ambassadrice de France auprès de l’Otan, membre du conseil des think thanks ECFR et Blogsec, cette attitude plus ferme de l'Europe a joué dans le revirement américain.

RFI

Jeudi 22 Janvier 2026 - 10:34


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