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Zambie: dans la région de la Copperbelt, l’extraction de cuivre entraîne une pollution massive et pas de retombées économiques

À quelques jours de l’élection présidentielle en Zambie, le 14 août prochain, le président sortant et candidat Hakainde Hichilema promet de tripler la production de cuivre pour renflouer les caisses de l’État, déclaré en faillite en 2021. Mais les habitants de la province de la Copperbelt (la ceinture de cuivre), au nord du pays, ne voient aucun développement économique à l’exploitation de l’immense réserve du minerai essentiel pour les batteries électriques, notamment : pis, ils subissent les multiples pollutions liées à l’extraction minière.



Zambie: dans la région de la Copperbelt, l’extraction de cuivre entraîne une pollution massive et pas de retombées économiques
La région est stratégique pour toutes les grandes puissances mondiales : Chine, États-Unis, Royaume-Uni, Suisse, Inde, et autres souhaitent accaparer ces minerais et la Zambie espère tirer profit de ces ressources pour sortir de son endettement évalué à environ 30 milliards de dollars en 2024.
 
Mais la population voit les choses d’un autre œil. « C’est ici à Chingola que la pollution des mines est la plus importante. Je crois que c’est le pire endroit de Zambie tant la pollution est répandue » : Eugène Mulanga de la fondation Caritas Zambie est dépité. L’extraction minière a provoqué des pollutions massives. L’eau, l’air, le sol, sont contaminés aux métaux lourds avec des conséquences terribles pour les habitants de la région.
 
« Quand un sol est contaminé, il faut utiliser plus d’engrais. Or ces engrais sont de plus en plus chers et les petits producteurs ne peuvent pas les acheter. Et tout ça pourquoi ? Parce que les sols sont pollués », explique Félix Chipoya, le directeur de l’Alliance territoriale du district de Kitwe.
 
L’eau du robinet n’est plus potable, les problèmes de santé se multiplient, entrainant des dépenses supplémentaires pour une population déjà très pauvre qui ne bénéficie pas des retombées économiques de l’exploitation minière.
 
« Le premier objectif des investisseurs, c’est de faire des profits, poursuit Félix Chipoya. Mais de la même façon qu’ils font des profits, nous aussi, les Zambiens, nous devons en tirer des bénéfices. Avoir un gagne-pain, des terres cultivables, des emplois. Si les gens restent dans la pauvreté, ce n’est pas du développement. »
 
Pour Félix Chipoya, il est temps de taxer les compagnies minières pour que les habitants de la Copperbelt profitent enfin des richesses de leur sous-sol.

RFI

Mardi 11 Août 2026 - 10:09


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