Après des mois de traque, la police du Burundi pensait avoir enfin localisé la planque de la prophétesse Zebiya. Elle s’est donc présentée en force devant cette concession du quartier populaire de Bwiza, dans le centre de Bujumbura, avec un mandat d’amener à son nom, mais l’oiseau s’était déjà envolé.
Va-t-on l’arrêter un jour ? Les habitants du quartier n’y croient pas beaucoup : « (rires) Je ne crois pas, parce elle est invisible quand même. Tous les jours vous la cherchez, vous trouvez ses collaborateurs, mais Zebiya vous ne la trouvez pas. Elle est puissante ». D’autres assurent même que Zebiya a échappé à la police en prenant l’apparence d’un bébé.
Passible de cinq ans de prison
A sa place donc, les policiers ont arrêté ses adeptes, 108 personnes, dont 62 femmes, et 20 enfants, qui se trouvaient sur place. « Nous nous retrouvons pour réciter le rosaire. Nous sommes heureux, car on priait notre Dieu, le jour du Seigneur. Nous n’avons pas transgressé la loi, on louait notre Dieu », explique l’un d’entre eux.
Ils ont tout de même été arrêtés par les autorités. « Ils n’ont pas le droit de prier à un nombre pareil. Quand il s’agit d’une prière dans une famille ou dans une famille, il faut plus ou moins les membres de la famille et des voisins », explique Espérance Ngerageze, l’administrateur de la commune de Bwiza.
Ils ont ensuite été acheminés vers les cachots du service national de renseignements, et ils risquent gros, car certains parmi eux pourraient être poursuivis pour rébellion, un crime passible de cinq ans de prison au Burundi. Mais cela ne fait pas peur aux adeptes de la prophétesse Zebiya, qui se considèrent comme les martyrs de la vierge Marie.
Source : Rfi.fr
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