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​Déclaration de patrimoine du président: des citoyens jugent le référendum superflu



Après l’adoption par l’Assemblée nationale de la proposition de loi modifiant l’article 37 de la Constitution pour instaurer la déclaration de patrimoine du président de la République à son entrée et à la fin de son mandat, plusieurs citoyens interrogés estiment que cette mesure relève d’une exigence élémentaire de transparence et de bonne gouvernance. Ils s’interrogent notamment sur la nécessité de soumettre le texte à référendum, conformément à l’amendement introduit par le gouvernement.
 
Pour les personnes interrogées, le chef de l’État, à l’instar du Premier ministre et des présidents de l’Assemblée nationale, devrait pouvoir déclarer son patrimoine au début et à la fin de l’exercice de ses fonctions. Une démarche qu’elles considèrent comme normale dès lors qu’il s’agit de responsables appelés à gérer des ressources publiques.
 
« Je pense qu’il n’y avait même pas lieu de faire un amendement pour ça », estime un Sénégalais qui a préféré garder l’anonymat. Selon lui, les autorités devraient simplement respecter leurs engagements en matière de transparence. « Quand vous bénéficiez d’une charge publique et que vous gérez de l’argent public, on vous donne de l’argent, l’argent des Sénégalais. Vous devez être en mesure même de faire une déclaration, aussi bien en entrant qu’en sortant », soutient-il.
 
Une exigence qui ne devrait pas faire débat
 
Dauda Sonko considère, pour sa part, que la déclaration de patrimoine du président de la République ne devrait même pas susciter de débat. Il estime que le chef de l’État doit naturellement se soumettre à cet exercice, aussi bien au début qu’à la fin de son mandat.
 
« Si on te demande de faire du patrimoine, c’est normal », affirme-t-il, rappelant que les ressources gérées par le président appartiennent au peuple sénégalais. À ses yeux, la déclaration de patrimoine constitue donc une obligation de responsabilité vis-à-vis des citoyens.
 
Même position pour Abraham Simon, chargé des qualités dans une entreprise de la place. Il estime que le président de la République doit être un exemple en matière de transparence et de bonne gouvernance.
 
« Le président doit tout de même être transparent dans tous ses points. C’est d’accepter aujourd’hui que vos biens soient déclarés aux yeux des citoyens. De ce fait, demain, vous serez crédible aux yeux des citoyens », explique-t-il sur iRadio. Il juge difficilement compréhensible que les autres responsables concernés acceptent de se soumettre à cette procédure alors que le président pourrait en être exempté.
 
Le coût de la vie au cœur des préoccupations
 
L’amendement introduit par le gouvernement, qui renvoie désormais le texte à un référendum en vertu de l’article 103 de la Constitution, suscite toutefois des interrogations chez certains citoyens.
 
Au-delà de la question de principe, ceux-ci s’interrogent sur l’opportunité d’organiser une consultation populaire pour une telle réforme. Dans un contexte marqué par de nombreuses préoccupations sociales et économiques, ils estiment que les autorités devraient accorder davantage d’attention à des priorités comme la cherté de la vie.
 
Pour ces citoyens, la déclaration de patrimoine du chef de l’État constitue avant tout une question de transparence et de responsabilité publique, dont le principe ne devrait pas, selon eux, nécessiter une procédure aussi lourde. 


Mardi 18 Août 2026 - 16:50


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