Il y a deux mois l’Irak annonçait la fin de l’occupation par le groupe Etat islamique, qui a contrôlé depuis 2014 jusqu’à un tiers du pays. Un pays ravagé depuis les années 1980 par les guerres à répétition, et qui a dû subir un long embargo après l’invasion du Koweït.
Un pays qu’il faut maintenant reconstruire : cela coûtera 100 milliards de dollars, a annoncé fin janvier le Premier ministre irakien au forum de Davos, ajoutant que l’Irak ne pouvait pas gérer la reconstruction avec son seul budget, grevé par la baisse des cours du brut et l’effort de guerre.
Les responsables irakiens vont donc présenter cet immense chantier à partir d'aujourd'hui à Koweït : 157 projets pour lesquels ils sollicitent un financement.
Il faut reconstruire plus de 26 000 habitations, investir dans les industries pétrolières et pétrochimiques, dans l’agriculture. Les projets les plus chers : deux lignes de chemin de fer, Bagdad-Bassorah et Bagdad-Mossoul, ainsi qu'un métro pour la capitale.
Ce lundi, les organisations internationales ont la parole, mardi ce sera le secteur privé, mercredi, les Etats participants annonceront leurs contributions financières.
Et pour attirer les investisseurs privés dans le dixième pays le plus corrompu au monde, une plateforme de données censée garantir la transparence de la reconstruction a été mise en place.
L'argent public détourné
En attendant l'argent des bailleurs internationaux et du secteur privé nécessaire à la reconstruction du pays, la population vit toujours au milieu des ruines. Nibras Moayid, un habitant de Mossoul-Ouest, contacté par RFI, témoigne : près de huit après la libération de sa ville, rien n’a changé.
« Il n’y a aucune évolution à Mossoul-Ouest depuis sa libération. Jusqu’à présent il y a encore des cadavres sous les décombres dans la vieille ville. Le problème c’est qu’on n’arrive même plus à distinguer les corps. Les familles veulent les dépouilles de leurs défunts, mais comment faire la différence avec les cadavres de jihadistes ? Et face à cela les autorités ne font presque rien, elles restent les bras croisés », déplore-t-il.
Et Nibras Moayid poursuit : « Sur l’autre rive, Mossoul-Est qui n’a pas été énormément détruite par les combats, la vie a repris son cours. Mais les ponts qui relient les deux parties de la ville ont été détruits par les combats et aucun n’a été reconstruit. Vous savez ici les gens sont des pauvres malheureux qui n’ont aucun moyen d’agir face aux autorités. Les autorités sont là à déclarer qu’elles ont entrepris tel ou tel projet de reconstruction, mais la réalité c’est que les responsables détournent l’argent public destiné à la reconstruction. Ils s’en mettent plein les poches. »
Un pays qu’il faut maintenant reconstruire : cela coûtera 100 milliards de dollars, a annoncé fin janvier le Premier ministre irakien au forum de Davos, ajoutant que l’Irak ne pouvait pas gérer la reconstruction avec son seul budget, grevé par la baisse des cours du brut et l’effort de guerre.
Les responsables irakiens vont donc présenter cet immense chantier à partir d'aujourd'hui à Koweït : 157 projets pour lesquels ils sollicitent un financement.
Il faut reconstruire plus de 26 000 habitations, investir dans les industries pétrolières et pétrochimiques, dans l’agriculture. Les projets les plus chers : deux lignes de chemin de fer, Bagdad-Bassorah et Bagdad-Mossoul, ainsi qu'un métro pour la capitale.
Ce lundi, les organisations internationales ont la parole, mardi ce sera le secteur privé, mercredi, les Etats participants annonceront leurs contributions financières.
Et pour attirer les investisseurs privés dans le dixième pays le plus corrompu au monde, une plateforme de données censée garantir la transparence de la reconstruction a été mise en place.
L'argent public détourné
En attendant l'argent des bailleurs internationaux et du secteur privé nécessaire à la reconstruction du pays, la population vit toujours au milieu des ruines. Nibras Moayid, un habitant de Mossoul-Ouest, contacté par RFI, témoigne : près de huit après la libération de sa ville, rien n’a changé.
« Il n’y a aucune évolution à Mossoul-Ouest depuis sa libération. Jusqu’à présent il y a encore des cadavres sous les décombres dans la vieille ville. Le problème c’est qu’on n’arrive même plus à distinguer les corps. Les familles veulent les dépouilles de leurs défunts, mais comment faire la différence avec les cadavres de jihadistes ? Et face à cela les autorités ne font presque rien, elles restent les bras croisés », déplore-t-il.
Et Nibras Moayid poursuit : « Sur l’autre rive, Mossoul-Est qui n’a pas été énormément détruite par les combats, la vie a repris son cours. Mais les ponts qui relient les deux parties de la ville ont été détruits par les combats et aucun n’a été reconstruit. Vous savez ici les gens sont des pauvres malheureux qui n’ont aucun moyen d’agir face aux autorités. Les autorités sont là à déclarer qu’elles ont entrepris tel ou tel projet de reconstruction, mais la réalité c’est que les responsables détournent l’argent public destiné à la reconstruction. Ils s’en mettent plein les poches. »
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