À Petersen (Dakar), la rentrée scolaire se prépare dans une atmosphère particulière. À quelques jours de la reprise des classes et à l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), les marchands ambulants dénoncent des déguerpissements répétés qui perturbent leurs activités et plombent leurs ventes alors qu’ils espéraient profiter de cette période pour écouler leurs stocks.
Adossé à la devanture de son magasin, Cheikh Fall, vendeur de chaussures et de sacs, ne cache pas son amertume. Selon lui, les jeunes commerçants sont touchés par la baisse des ventes et les opérations de déguerpissement.
« Tu te lèves le matin, tu cours jusqu’au soir et, au moment de rentrer, ta poche reste désespérément vide », déplore-t-il. Selon lui, beaucoup de jeunes n’ont aujourd’hui que le petit commerce pour subvenir à leurs besoins.
Le vendeur estime que les autorités devraient plutôt encadrer les ambulants que de les empêcher de travailler. Il dénonce notamment les saisies de marchandises et interpelle directement les autorités, ainsi que le président de la République Diomaye Faye.
« Les jeunes sont fatigués. Qu’on les laisse travailler et qu’on arrête cette situation pénible », plaide-t-il, estimant que les déguerpissements vont fragiliser davantage des jeunes qui ont déjà du mal à s’en sortir.
Des marchandises saisies et des amendes dénoncées
Pour Abou Diallo, vendeur de chaussures pour femmes, les opérations des forces de l’ordre constituent l’une des principales difficultés rencontrées par les ambulants. « Les policiers viennent nous chasser et confisquer nos marchandises. Pour les récupérer, il faut payer 3 000, 5 000 ou 6 000 FCFA », explique-t-il.
Selon lui, cette situation peut transformer une journée de travail en journée sans revenus. « Si tu vends une paire et qu'on te fait payer 5 000 FCFA d’amende, tu finis par te retrouver à zéro », souligne-t-il.
Des prix abordables, mais peu d’acheteurs
Les commerçants espéraient une forte affluence des parents d’élèves pour la rentrée mais les clients se font encore attendre. « L’année dernière était bien meilleure. Cette année, il n’y a rien », regrette Abou Diallo.
Les prix restent pourtant abordables. D'après lui, les chaussures coûtent entre 1 300 et 1 500 FCFA la paire, tandis que les sacs scolaires sont vendus entre 2 500 et 9 000 FCFA, selon les modèles.
Selon Abdou Ndiaye, vendeur de sacs , les clients viennent, mais « petit à petit », avec une affluence plus importante le dimanche. Les sacs scolaires sont proposés à partir de 2 500 ou 3 000 FCFA et peuvent atteindre 5 000 FCFA pour les modèles plus grands.
Pour Pape Seck, vendeur de fournitures scolaires, les prix sont même plus accessibles que l’année dernière. Le paquet de cahiers avec protège-cahier, vendu à 2 500 FCFA en 2025, est désormais proposé à 2 000 FCFA.
« Cette année, c’est plus abordable que l’année dernière. Presque, les prix de beaucoup d’ articles ont baissé », constate-t-il, expliquant cette évolution par la faiblesse de l’activité économique.
Même constat chez Coumba Mbengue, vendeuse de gourdes scolaires. Les bouteilles sont vendues à partir de 1 500 FCFA au détail et jusqu’à 2 000 FCFA pour les modèles les plus chers. Elle estime toutefois que les ventes commencent progressivement à s’améliorer.
Le centre commercial Félix Eboué-Khalifa Sall, une solution qui ne les arrange pas
Pourtant, un centre commercial dénommé Félix Eboué- Khalifa Sall a été construit par la mairie pour les y loger mais certains commerçants estiment que ces sites ne correspondent pas à leurs besoins et à leurs moyens.
Un vendeur qui a préféré garder l’anonymat raconte avoir investi son propre argent pour aménager son espace. Selon lui, le manque de clients l’a finalement poussé à abandonner. « Là-bas, les clients n’entrent même pas. Je restais toute la journée sans rien vendre. C’est pour cela que je suis revenu dans la rue », explique-t-il.
Pape Seck, quant à lui, dénonce des conditions qu’il juge peu adaptées aux petits commerçants.
« Vous y verrez une seule personne qui possède 5 places, ou quelqu'un d'autre qui l'utilise juste comme dépôt pour stocker du matériel et s'en va. Ça ne marche pas. Et puis, demander à un marchand ambulant de payer 90 000 ou 70 000 FCFA par mois pour un espace où il n'y a pas de visibilité, pas d'électricité, pas d'eau, ni même de toilettes », martèle-t-il.
Toutefois, certains commerçants se disent prêts à quitter la rue si une véritable alternative leur est proposée. « Tout ce qu’on cherche, c’est un emplacement correct pour travailler. Si les conditions sont bonnes, nous y irons tous volontiers », assure Abdou Ndiaye.
« Nous ne demandons pas de financement »
Dans leurs témoignages, les ambulants adressent surtout un message aux autorités. Ils ne réclament pas des financements, mais souhaitent disposer d’un espace accessible où ils pourront vendre sans craindre de voir leurs marchandises saisies. « Nous n’attendons rien de l’État. Qu’on nous laisse simplement travailler », lance le vendeur sous anonymat.
Les commerçants de Petersen restent donc partagés entre inquiétude et espoir. Inquiétude face aux déguerpissements et à la faiblesse des ventes, mais aussi espoir de voir les parents d’élèves affluer dans les prochains jours.
Adossé à la devanture de son magasin, Cheikh Fall, vendeur de chaussures et de sacs, ne cache pas son amertume. Selon lui, les jeunes commerçants sont touchés par la baisse des ventes et les opérations de déguerpissement.
« Tu te lèves le matin, tu cours jusqu’au soir et, au moment de rentrer, ta poche reste désespérément vide », déplore-t-il. Selon lui, beaucoup de jeunes n’ont aujourd’hui que le petit commerce pour subvenir à leurs besoins.
Le vendeur estime que les autorités devraient plutôt encadrer les ambulants que de les empêcher de travailler. Il dénonce notamment les saisies de marchandises et interpelle directement les autorités, ainsi que le président de la République Diomaye Faye.
« Les jeunes sont fatigués. Qu’on les laisse travailler et qu’on arrête cette situation pénible », plaide-t-il, estimant que les déguerpissements vont fragiliser davantage des jeunes qui ont déjà du mal à s’en sortir.
Des marchandises saisies et des amendes dénoncées
Pour Abou Diallo, vendeur de chaussures pour femmes, les opérations des forces de l’ordre constituent l’une des principales difficultés rencontrées par les ambulants. « Les policiers viennent nous chasser et confisquer nos marchandises. Pour les récupérer, il faut payer 3 000, 5 000 ou 6 000 FCFA », explique-t-il.
Selon lui, cette situation peut transformer une journée de travail en journée sans revenus. « Si tu vends une paire et qu'on te fait payer 5 000 FCFA d’amende, tu finis par te retrouver à zéro », souligne-t-il.
Des prix abordables, mais peu d’acheteurs
Les commerçants espéraient une forte affluence des parents d’élèves pour la rentrée mais les clients se font encore attendre. « L’année dernière était bien meilleure. Cette année, il n’y a rien », regrette Abou Diallo.
Les prix restent pourtant abordables. D'après lui, les chaussures coûtent entre 1 300 et 1 500 FCFA la paire, tandis que les sacs scolaires sont vendus entre 2 500 et 9 000 FCFA, selon les modèles.
Selon Abdou Ndiaye, vendeur de sacs , les clients viennent, mais « petit à petit », avec une affluence plus importante le dimanche. Les sacs scolaires sont proposés à partir de 2 500 ou 3 000 FCFA et peuvent atteindre 5 000 FCFA pour les modèles plus grands.
Pour Pape Seck, vendeur de fournitures scolaires, les prix sont même plus accessibles que l’année dernière. Le paquet de cahiers avec protège-cahier, vendu à 2 500 FCFA en 2025, est désormais proposé à 2 000 FCFA.
« Cette année, c’est plus abordable que l’année dernière. Presque, les prix de beaucoup d’ articles ont baissé », constate-t-il, expliquant cette évolution par la faiblesse de l’activité économique.
Même constat chez Coumba Mbengue, vendeuse de gourdes scolaires. Les bouteilles sont vendues à partir de 1 500 FCFA au détail et jusqu’à 2 000 FCFA pour les modèles les plus chers. Elle estime toutefois que les ventes commencent progressivement à s’améliorer.
Le centre commercial Félix Eboué-Khalifa Sall, une solution qui ne les arrange pas
Pourtant, un centre commercial dénommé Félix Eboué- Khalifa Sall a été construit par la mairie pour les y loger mais certains commerçants estiment que ces sites ne correspondent pas à leurs besoins et à leurs moyens.
Un vendeur qui a préféré garder l’anonymat raconte avoir investi son propre argent pour aménager son espace. Selon lui, le manque de clients l’a finalement poussé à abandonner. « Là-bas, les clients n’entrent même pas. Je restais toute la journée sans rien vendre. C’est pour cela que je suis revenu dans la rue », explique-t-il.
Pape Seck, quant à lui, dénonce des conditions qu’il juge peu adaptées aux petits commerçants.
« Vous y verrez une seule personne qui possède 5 places, ou quelqu'un d'autre qui l'utilise juste comme dépôt pour stocker du matériel et s'en va. Ça ne marche pas. Et puis, demander à un marchand ambulant de payer 90 000 ou 70 000 FCFA par mois pour un espace où il n'y a pas de visibilité, pas d'électricité, pas d'eau, ni même de toilettes », martèle-t-il.
Toutefois, certains commerçants se disent prêts à quitter la rue si une véritable alternative leur est proposée. « Tout ce qu’on cherche, c’est un emplacement correct pour travailler. Si les conditions sont bonnes, nous y irons tous volontiers », assure Abdou Ndiaye.
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