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Matam : à Agnam, le Collectif du Bosséa lance "une mise en garde" contre "la poursuite du processus" des phosphates



Le 1er octobre 2026 marque "l'échéance du dernier permis de recherche" de phosphates dans la zone d'Agnam. Dans une déclaration rendue publique, le Collectif pour la Défense des Intérêts du Bosséa (CDIB) dit vouloir "réaffirmer solennellement sa position" sur un dossier qui "préoccupe les populations depuis plusieurs années". Le Collectif rappelle que l'histoire remonte à 2015 avec le permis "Les phosphates de Thilogne", couvrant 1 590 km² entre Matam et Podor. Face aux "risques liés à une éventuelle exploitation", il affirme avoir mené un travail de "sensibilisation et d'information" auprès des chefs de village, autorités religieuses, élus, jeunes et femmes.
 
Pour le CDIB, cette mobilisation est "un acquis important" et doit garantir que le Bosséa reste "un espace où la population est consultée" et où les préoccupations liées au "foncier, à l'environnement, à l'habitat, à l'agriculture et à l'élevage" sont prises en compte. Mais depuis "l'arrivée du nouveau régime", le Collectif dit constater "plusieurs initiatives" interprétées comme "une volonté de poursuivre" la recherche, malgré "les mémorandums et les prises de position" des populations.
 
"Une convention de sécurisation" qui suscite "inquiétude" et "tensions"
 
Selon le Collectif, après le retrait annoncé d'Amafrique, "un nouveau permis aurait été attribué" le 1er avril, avec "un opérateur économique originaire de la zone" comme mandataire. Deux rencontres les 9 et 27 avril avec des autorités et chefs de village "n'ont pas permis de lever l'opposition". Le CDIB s'interroge aussi sur "les conditions dans lesquelles une convention de sécurisation du site aurait été conclue avec la Gendarmerie nationale", estimant qu'elle doit s'accompagner d'"un dialogue transparent" pour éviter "toute escalade".
 
Le Collectif affirme qu'à deux reprises, des jeunes ont voulu "se rendre sur le terrain pour s'opposer aux opérations", avant d'être contenus par "la sagesse de certains chefs de village, notamment celui de Thiodaye" et "l'intervention du maire d'Agnam". Il déplore que du matériel aurait été "endommagé ou détruit par des personnes non identifiées" et condamne "tout acte de violence ou de destruction". Enfin, il révèle que trois jeunes "demeurent détenus depuis le 10 juin" suite à une plainte du mandataire, et rappelle "la présomption d'innocence" et le respect de "leurs droits et des procédures prévues par la loi".

Dia Koussa

Dimanche 4 Octobre 2026 - 13:46


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