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​Secteurs miniers : le directeur général de Noga Mine plaide pour des financements adaptés aux opérateurs sénégalais



Le directeur général de Noga Mine, Sultan Diop, appelle l’État à faciliter l’accès des opérateurs miniers sénégalais aux financements et aux permis d’exploitation. Il propose notamment la création de banques minières pour permettre aux acteurs nationaux de mieux exploiter les ressources du pays et de renforcer leur participation au développement du secteur.

Pour Sultan Diop, le manque de moyens financiers constitue un obstacle majeur pour les opérateurs miniers sénégalais. Il estime que l’exploitation « semi-mécanisée » nécessite des investissements importants, difficiles à mobiliser pour de nombreux détenteurs de permis.
« L’exploitation semi-mécanisée exige des investissements importants. Pour démarrer une exploitation dans des conditions normales, il faut au minimum 600 millions de FCFA. Avec 100 millions de FCFA, certains pensent pouvoir mener une exploitation correcte, mais ils se rendent compte ensuite que les moyens sont insuffisants et cherchent des partenaires, souvent chinois. Ceux-ci peuvent leur verser un forfait ou leur proposer un pourcentage, tandis que la plus grande part de la production leur revient », a-t-il expliqué.

Face à cette situation, le patron de Noga Mine propose la mise en place de mécanismes de financement adaptés aux réalités du secteur minier.
« Il pourrait notamment mettre en place des mécanismes de financement, comme ceux qui existent dans d’autres secteurs. Les agriculteurs peuvent accéder à des prêts auprès de structures financières ; pourquoi ne pas faire de même dans les mines en créant des banques minières ? Lorsqu’un permis est prometteur et que les études nécessaires ont été réalisées, un financement de 600 millions ou d’un milliard de FCFA pourrait permettre une exploitation raisonnable et être remboursé en moins d’un an. Nos terres sont très riches en ressources minières », a-t-il plaidé.

Sultan Diop demande également à l’État d’accélérer le traitement des dossiers de permis, tout en vérifiant les capacités financières et techniques des demandeurs. Selon lui, un meilleur accompagnement des opérateurs nationaux permettrait de créer davantage d’emplois et de renforcer leur présence dans l’exploitation des ressources minières.

Des réserves sur le Code minier 

Le directeur général de Noga Mine exprime par ailleurs des réserves sur certaines évolutions envisagées dans le cadre de la révision du Code minier. Il s’inquiète notamment d’une éventuelle réduction des superficies autorisées pour l’exploitation semi-mécanisée, actuellement limitées à 50 hectares.
« Pour l’exploitation semi-mécanisée, les superficies ne dépassent actuellement pas 50 hectares. Cette superficie est déjà limitée. La réduire à 30 hectares créerait davantage de difficultés. Avec les équipements et la main-d’œuvre nécessaires, il est difficile de travailler plus d’un an sur un périmètre de 50 hectares, sauf en cas de pannes ou d’aléas climatiques. Interdire à un opérateur de détenir plus d’un permis poserait également problème et limiterait sa capacité à recruter, alors que les jeunes ont fortement besoin d’emplois », a-t-il averti.

Il évoque également les contraintes liées à la profondeur autorisée pour ces exploitations, fixée à 15 mètres. Selon lui, le décapage peut déjà atteindre 10 à 12 mètres avant que le minerai ne soit accessible, ce qui complique certaines opérations.

Pour Sultan Diop, enfin, le développement du secteur passe par un meilleur accès aux financements, des procédures administratives plus rapides et un cadre réglementaire tenant compte des réalités du terrain. Il souhaite que l’État accompagne davantage les entrepreneurs sénégalais afin qu’ils puissent exploiter les ressources nationales et conserver une part plus importante des retombées économiques au Sénégal.

Fatime Gueye

Jeudi 29 Octobre 2026 - 10:02


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