Le tribunal administratif de Paris a reconnu, ce vendredi 27 mars 2026, la responsabilité de l'État français dans le traitement opaque et erroné des circonstances du décès d'un tirailleur africain lors du massacre de Thiaroye en décembre 1944. Cette décision historique condamne la France pour n'avoir pas mis en œuvre les moyens nécessaires pour éclairer la famille sur la mort et le lieu de sépulture du soldat, mettant fin à des décennies d'informations officielles mensongères.
Le juge administratif a relevé une faute lourde dans le suivi de ce dossier, soulignant qu'après les événements, les autorités françaises avaient indûment présenté ce combattant comme un « déserteur ». Le tribunal a ainsi décidé de réparer le préjudice moral lié à cette absence de recherche de la vérité en accordant une indemnité de 10 000 euros au fils du tirailleur. Si la prescription empêche une condamnation directe pour l'acte de tuerie lui-même, le jugement sanctionne sévèrement le défaut d'information et le préjudice mémoriel infligé aux héritiers.
Ce verdict intervient plus de 80 ans après les faits survenus le 1er décembre 1944 au camp de Thiaroye, près de Dakar, où l'armée française avait ouvert le feu sur des soldats originaires d'Afrique de l'Ouest (Sénégal, Mali, Côte d'Ivoire, Guinée, Burkina Faso) qui réclamaient leurs arriérés de solde. Malgré la reconnaissance officielle du « massacre » par le président Emmanuel Macron en 2024, de nombreuses zones d'ombre persistent, notamment sur le nombre exact de victimes et l'emplacement des fosses communes.
Cette première victoire judiciaire pour les familles de victimes vient fragiliser les thèses historiques longtemps défendues par l'institution militaire, qui qualifiait alors les tirs de « réaction proportionnée ». Pour les ayants droit, ce jugement constitue une étape cruciale vers le rétablissement d'une vérité historique bafouée et la reconnaissance effective de la mention « Mort pour la France » pour ces tirailleurs sacrifiés.
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