À l’aube, alors que le soleil commence à peine à éclairer les sentiers sablonneux du Balatacounda, un mouvement inhabituel anime les villages frontaliers du sud du Sénégal. Femmes, jeunes filles et parfois même des enfants, munis de bassines ou de seaux, prennent la direction de la frontière avec la Guinée-Bissau. Leur destination : les vastes plantations d’anacardiers situées de l’autre côté de la frontière, où la campagne de récolte de noix de cajou bat son plein.
Chaque matin, ils sont des dizaines, voire des centaines, à effectuer ce trajet quotidien. Une véritable migration pendulaire qui s’est progressivement installée dans cette zone frontalière où les liens familiaux et culturels transcendent les limites administratives entre les deux pays.
Dans les vergers bissau-guinéens, les travailleurs journaliers passent la journée à ramasser, trier et transporter les noix de cajou. À la tombée de la nuit, généralement aux environs de 19 heures, ils regagnent leurs villages avec leur rémunération du jour soigneusement conservée dans leurs poches.
Cette année, le phénomène a pris une ampleur particulière à l’approche de la Tabaski. Les congés scolaires et universitaires ont favorisé l’arrivée de nombreux jeunes dans les plantations.
« Je profite de ces jours de congé liés à la célébration de la Tabaski pour venir travailler. Cet argent va me permettre de chercher des habits, mais surtout de payer mes repas à l’université », confie Mademoiselle Diatta, originaire de Sanou-Balante, dans le département de Goudomp. Étudiante en première année à l’université de Bambey, elle estime que cette activité constitue une opportunité précieuse pour les jeunes.
Selon elle, les gains quotidiens varient généralement entre 5 000 et plus de 10 000 francs CFA selon la quantité de noix récoltée et les conditions de travail. Une somme non négligeable dans une région où les possibilités d’emplois saisonniers demeurent limitées.
Dans son groupe de travail, une ménagère partage le même enthousiasme. Pour elle, les revenus tirés de la récolte de l’anacarde jouent un rôle essentiel dans l’économie familiale.
« C’est avec cet argent que j’achète mes vêtements et que je prépare la prochaine campagne rizicole. Les travaux lourds comme le labour nécessitent la location de motoculteurs, et cela coûte cher », explique-t-elle.
Au-delà de l’aspect économique, cette migration quotidienne est facilitée par une réalité socioculturelle particulière. De part et d’autre de la frontière vivent les mêmes communautés, notamment les Balantes, Mancagnes, Manjaques Mandingues et Peuls, qui entretiennent depuis des générations des relations familiales, commerciales et culturelles étroites.
Cette proximité favorise une intégration rapide des travailleurs sénégalais dans les exploitations agricoles bissau-guinéennes. Beaucoup sont accueillis par des parents ou des connaissances établis dans les villages voisins.
Si certains effectuent le trajet quotidiennement, d’autres choisissent de s’installer temporairement en Guinée-Bissau. Ils passent plusieurs semaines, voire toute la durée de la campagne de récolte, dans les zones de production avant de revenir dans leurs localités d’origine avec des économies parfois substantielles.
Dans le Balatacounda, la récolte de la noix de cajou apparaît ainsi comme bien plus qu’une simple activité agricole. Elle constitue aujourd’hui un véritable moteur de mobilité transfrontalière et une source importante de revenus pour de nombreuses familles.
Chaque matin, ils sont des dizaines, voire des centaines, à effectuer ce trajet quotidien. Une véritable migration pendulaire qui s’est progressivement installée dans cette zone frontalière où les liens familiaux et culturels transcendent les limites administratives entre les deux pays.
Dans les vergers bissau-guinéens, les travailleurs journaliers passent la journée à ramasser, trier et transporter les noix de cajou. À la tombée de la nuit, généralement aux environs de 19 heures, ils regagnent leurs villages avec leur rémunération du jour soigneusement conservée dans leurs poches.
Cette année, le phénomène a pris une ampleur particulière à l’approche de la Tabaski. Les congés scolaires et universitaires ont favorisé l’arrivée de nombreux jeunes dans les plantations.
« Je profite de ces jours de congé liés à la célébration de la Tabaski pour venir travailler. Cet argent va me permettre de chercher des habits, mais surtout de payer mes repas à l’université », confie Mademoiselle Diatta, originaire de Sanou-Balante, dans le département de Goudomp. Étudiante en première année à l’université de Bambey, elle estime que cette activité constitue une opportunité précieuse pour les jeunes.
Selon elle, les gains quotidiens varient généralement entre 5 000 et plus de 10 000 francs CFA selon la quantité de noix récoltée et les conditions de travail. Une somme non négligeable dans une région où les possibilités d’emplois saisonniers demeurent limitées.
Dans son groupe de travail, une ménagère partage le même enthousiasme. Pour elle, les revenus tirés de la récolte de l’anacarde jouent un rôle essentiel dans l’économie familiale.
« C’est avec cet argent que j’achète mes vêtements et que je prépare la prochaine campagne rizicole. Les travaux lourds comme le labour nécessitent la location de motoculteurs, et cela coûte cher », explique-t-elle.
Au-delà de l’aspect économique, cette migration quotidienne est facilitée par une réalité socioculturelle particulière. De part et d’autre de la frontière vivent les mêmes communautés, notamment les Balantes, Mancagnes, Manjaques Mandingues et Peuls, qui entretiennent depuis des générations des relations familiales, commerciales et culturelles étroites.
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