Le constat est à la fois simple et implacable, relève WakatSéra au Burkina : « Les Africains ne pouvaient pas échapper à cette crise russo-ukrainienne, dont le théâtre est pourtant si loin. Le "consommons local" n’étant qu’un slogan asséné par des politiciens en mal de publicité, tout est importé d’Europe, de la simple aiguille, à l’ordinateur, en passant par le riz et le blé pour fabriquer le pain. Que dire des fameux objets et véhicules dits "France au revoir" qui inondent les marchés sous les tropiques, en provenance de l’Europe et des États-Unis ?
Pour l’autre part la plus importante de la consommation, c’est l’Asie, notamment la Chine, qui joue les fournisseurs. De la Côte d’Ivoire au Tchad, en passant par le Burkina Faso et le Niger, pour ne citer que ces pays, les prix connaissent une hausse vertigineuse, constate encore WakatSéra, laissant des consommateurs sans autre recours. Les différents gouvernements qui s’essaient à tous les remèdes sont aussi impuissants que le citoyen lambda. (…) C’en est trop pour des pays africains où tout est priorité, de la santé à l’éducation, en passant par le logement et la nourriture. »
L’appel de Macky Sall sera-t-il entendu ?
Alors, mercredi, le président sénégalais Macky Sall, également président en exercice de l’UA, a lancé un vibrant appel en direction de la Banque mondiale. « En effet, précise Le Pays, le président sénégalais a plaidé auprès du "boss" de la BM, David Malpass, pour un soutien aux économies africaines victimes du conflit russo-ukrainien. » Certes, constate encore le quotidien ouagalais, « dans sa réponse, le président de la Banque Mondiale, David Malpass, n’a pas trouvé d’objection au plaidoyer de l’émissaire de l’UA. Il s’est même montré disponible à accompagner les pays du continent.
Seulement voilà !, s’exclame Le Pays. Que peut le "pauvre" Malpass dans les circonstances actuelles où les yeux des puissants du monde sont plutôt tournés vers l’est de l’Europe, reléguant, comme toujours d’ailleurs, l’Afrique au second plan ? Que vaut le cri de cœur du président Macky Sall devant les puissances occidentales plus préoccupées par leurs rivalités insolubles avec Poutine sur les terres ukrainiennes ? En effet, les ONG opérant sur le continent africain, notamment dans les pays en crise, tirent la sonnette d’alarme face aux drames liés aux crises sécuritaire et humanitaire, mais leurs cris semblent rester inaudibles, noyés dans les bruits assourdissants et meurtriers des kalachs, des missiles et bombardements russes et ukrainiens. Une partie de l’aide précédemment destinée à l’Afrique a été envoyée vers l’Europe de l’Est. »
L’Afrique peut arriver à l’autosuffisance alimentaire
Comment faire face ? L’Afrique peut-elle se nourrir par ses propres moyens ? Oui, répond Mourya La Voix du Niger : « La terre ne ment pas et il faudra que les Africains "voient loin", anticipent, en commençant à pratiquer une agriculture en osmose avec les changements climatiques, avec des cultures nécessitant moins d’eau, et des engrais accessibles. Les stocks céréaliers ne devront pas être là pour amuser la galerie, mais vraiment pour parer aux urgences humanitaires. La surveillance des commerçants de céréales est aussi un impératif nécessaire.
Enfin, pointe encore le site d’information nigérien, il faudra penser à la formation de beaucoup d’ingénieurs agronomes pour améliorer les semences et les méthodes culturales. C’est grâce à ces pratiques que l’Afrique, face à des catastrophes annoncées, pourra faire preuve de résilience, et surtout espérer atteindre l’autosuffisance alimentaire, véritable serpent de mer qui traverse les décennies. »
Tunisie : le recours aux semences paysannes
Le Monde Afrique prend l’exemple de la Tunisie : « Considéré, dans l’Antiquité, comme le "grenier à blé de Rome", le pays importe aujourd’hui 50 % de ses besoins en céréales. (…) Et la pandémie et la crise du prix du blé due à la guerre en Ukraine ont remis au centre du débat la problématique de la sécurité alimentaire dans le pays. »
Du coup, « l’une des alternatives pour mieux faire face à ce genre de chocs et revenir à une agriculture plus adaptée au changement climatique, c’est le recours aux semences paysannes, pointe Le Monde Afrique : des variétés locales qui ne pourront pas certes se substituer complètement aux produits importés, mais, affirme un syndicaliste agricole tunisien cité par le journal, "il faut relancer le débat sur la nécessité de cultiver et multiplier ces semences qui faisaient autrefois la richesse du sol tunisien". »
Pour l’autre part la plus importante de la consommation, c’est l’Asie, notamment la Chine, qui joue les fournisseurs. De la Côte d’Ivoire au Tchad, en passant par le Burkina Faso et le Niger, pour ne citer que ces pays, les prix connaissent une hausse vertigineuse, constate encore WakatSéra, laissant des consommateurs sans autre recours. Les différents gouvernements qui s’essaient à tous les remèdes sont aussi impuissants que le citoyen lambda. (…) C’en est trop pour des pays africains où tout est priorité, de la santé à l’éducation, en passant par le logement et la nourriture. »
L’appel de Macky Sall sera-t-il entendu ?
Alors, mercredi, le président sénégalais Macky Sall, également président en exercice de l’UA, a lancé un vibrant appel en direction de la Banque mondiale. « En effet, précise Le Pays, le président sénégalais a plaidé auprès du "boss" de la BM, David Malpass, pour un soutien aux économies africaines victimes du conflit russo-ukrainien. » Certes, constate encore le quotidien ouagalais, « dans sa réponse, le président de la Banque Mondiale, David Malpass, n’a pas trouvé d’objection au plaidoyer de l’émissaire de l’UA. Il s’est même montré disponible à accompagner les pays du continent.
Seulement voilà !, s’exclame Le Pays. Que peut le "pauvre" Malpass dans les circonstances actuelles où les yeux des puissants du monde sont plutôt tournés vers l’est de l’Europe, reléguant, comme toujours d’ailleurs, l’Afrique au second plan ? Que vaut le cri de cœur du président Macky Sall devant les puissances occidentales plus préoccupées par leurs rivalités insolubles avec Poutine sur les terres ukrainiennes ? En effet, les ONG opérant sur le continent africain, notamment dans les pays en crise, tirent la sonnette d’alarme face aux drames liés aux crises sécuritaire et humanitaire, mais leurs cris semblent rester inaudibles, noyés dans les bruits assourdissants et meurtriers des kalachs, des missiles et bombardements russes et ukrainiens. Une partie de l’aide précédemment destinée à l’Afrique a été envoyée vers l’Europe de l’Est. »
L’Afrique peut arriver à l’autosuffisance alimentaire
Comment faire face ? L’Afrique peut-elle se nourrir par ses propres moyens ? Oui, répond Mourya La Voix du Niger : « La terre ne ment pas et il faudra que les Africains "voient loin", anticipent, en commençant à pratiquer une agriculture en osmose avec les changements climatiques, avec des cultures nécessitant moins d’eau, et des engrais accessibles. Les stocks céréaliers ne devront pas être là pour amuser la galerie, mais vraiment pour parer aux urgences humanitaires. La surveillance des commerçants de céréales est aussi un impératif nécessaire.
Enfin, pointe encore le site d’information nigérien, il faudra penser à la formation de beaucoup d’ingénieurs agronomes pour améliorer les semences et les méthodes culturales. C’est grâce à ces pratiques que l’Afrique, face à des catastrophes annoncées, pourra faire preuve de résilience, et surtout espérer atteindre l’autosuffisance alimentaire, véritable serpent de mer qui traverse les décennies. »
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