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Affaire Sonko–Mame Mbaye Niang : les avocats de l’ancien ministre rejettent toute base légale à une révision du procès



Affaire Sonko–Mame Mbaye Niang : les avocats de l’ancien ministre rejettent toute base légale à une révision du procès
Le collectif d’avocats de Mame Mbaye Niang a tenu une conférence de presse ce vendredi 30 janvier 2026 à Dakar. Face aux journalistes, les conseils de l’ancien ministre de la Jeunesse ont contesté les arguments avancés en faveur d’une révision du procès qui l’oppose au Premier ministre Ousmane Sonko. Ils estiment que le dossier est juridiquement clos.
 
Prenant la parole, Me Oumar Youm est longuement revenu sur le fondement même de la procédure de révision. « Sur les faits et sur le bien-fondé de cette procédure de révision, il y a beaucoup de choses à dire. Je rappelle que cette procédure de révision est fondée sur un pré-rapport », a-t-il déclaré.
 
Selon l’avocat, ce document avait déjà été évoqué au cours de la procédure initiale, y compris par la défense. Il précise que ce pré-rapport avait été établi par un inspecteur exerçant comme vérificateur et chef de mission, décédé quelques mois après le dépôt du document.
 
Pour Me Oumar Youm, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un simple pré-rapport, c’est-à-dire « une première opinion donnée sous réserve des réponses qui pourraient y être apportées ». Or, souligne-t-il, l’inspecteur est décédé avant toute suite administrative.
 
Il rappelle qu’à l’époque, le ministre ayant ordonné la mission avait estimé qu’il convenait d’en rester là, considérant le décès de l’inspecteur, la médiatisation de l’affaire et l’absence d’objet à poursuivre la procédure.
 
Les avocats insistent sur le fait que ce pré-rapport, établi plusieurs années auparavant, « n’a jamais été validé, malgré la succession de plusieurs ministres des Finances et de coordonnateurs à l’Inspection générale des finances ».
 
« Comment un pré-rapport établi dans de telles circonstances peut-il être validé plusieurs années plus tard par un ministre fraîchement nommé ? », s’interroge Me Youm.
 
"Instrumentalisation de l’appareil d’État à des fins personnelles"
 
Sans parler de faux au sens pénal, l’avocat évoque un document « factice », auquel on attribue une portée juridique qu’il ne peut avoir. Selon lui, l’unique finalité d’un tel usage serait de « tromper la vigilance de la Cour suprême », assimilant la démarche à une manœuvre de diversion.
 
Les avocats dénoncent également ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation de l’appareil d’État à des fins personnelles.
 
« Ce gouvernement n’est ni celui d’un parti, ni celui d’un homme, ni celui d’un individu. C’est le gouvernement du Sénégal, qui doit agir dans l’intérêt général », a martelé Me Youm.
 
Plus grave encore, poursuit-il, les conclusions contenues dans le pré-rapport seraient fausses. Le document prêterait à Mame Mbaye Niang la signature ou l’ordre d’exécution d’un contrat qui, selon les avocats, n’était même pas encore signé. Des pièces déposées devant la Cour suprême viendraient démontrer, selon eux, le caractère « totalement faux et aberrant » de ces affirmations.
 
Les conseils de l’ancien ministre alertent enfin sur les conséquences institutionnelles d’une telle procédure. Ils estiment que la justice, « dernier rempart institutionnel », ne doit pas se laisser manipuler pour servir des causes personnelles.
« Le droit de la défense est sacré et constitutionnellement garanti », rappellent-ils, soulignant que le pré-rapport n’est même pas opposable à leur client, faute de contradictoire.
 
Ils dénoncent également l’introduction d’un « pré-rapport secret » dans une procédure judiciaire sans levée préalable du secret, qualifiant la situation « d’extrêmement grave » pour la stabilité juridique et la sécurité judiciaire du pays.
 
« Si cela devait prospérer, demain, n’importe qui pourrait remettre en cause une décision de justice simplement en se trouvant dans une position de pouvoir », avertit Me Youm, qui espère que la requête sera retirée ou, à défaut, rejetée par la Cour suprême.
 
 De son coté, Me Baboicar Cissé précise que ce dossier ou en tout cas ce contentieux qui oppose Mbaye Ndiaye à Ousmane Sonko, ce contentieux a été définitivement clôturé et que de l'autre côté on cherche à le ressusciter. 
 
Il a rappelé que lorsque Ousmane Sonko avait accusé Mame Mbaye Niang, une plainte avait été déposée à la Division des investigations criminelles, avant que les juridictions compétentes ne tranchent l’affaire.

Moussa Ndongo

Vendredi 30 Janvier 2026 - 21:28


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