En Allemagne, des milliers de migrants sans papiers sont convoqués chaque année à des entretiens avec des délégations étrangères censés permettre de déterminer leur identité et de les expulser. Le Sénégalais Adama Dieng a raconté sa mésaventure au journal InfoMigrants.
Pour le Sénégal, les entretiens ont lieu régulièrement en Bavière depuis 2017. Cette année-là, Adama Dieng a fait partie des premiers à passer l’un de ces entretiens d’identification. Il finira par être expulsé au Sénégal un an plus tard.
"Mon entretien a duré une dizaine de minutes", se souvient Adama, qui dit ne jamais avoir nié être sénégalais. "On parlait en wolof. Une femme m’a dit qu’il y avait beaucoup de projets, d’entreprises et de travail au Sénégal. Je lui ai répondu que ce n’était pas vrai et j'ai demandé pourquoi alors tant de Sénégalais au pays n’avaient pas de travail."
A l’issue de l’entretien, Adama Dieng ne s’inquiète pas outre mesure. Cela fait 7 ans qu’il vit en Allemagne sans papiers et sans autorisation de travailler. "J’ai cru que c’était une blague. Si j’avais su je serais parti en Espagne, en Italie en France. Au lieu de cela, je suis resté à Munich et j’ai continué à faire de la musique. Avec notre groupe ont tournait partout en Allemagne", explique-t-il.
Un an plus tard, le couperet tombe. "Trois policiers sont venus là où je vivais. Ils m’ont dit que je devais rentrer au Sénégal. Ils m’ont alors donné le document de voyage délivré par l’ambassade sénégalaise à Berlin. Ils m’ont dit de faire mes affaires. J’ai d’abord seulement préparé un sac-à-dos avec un pantalon et un t-shirt. C’est là qu’ils m’ont expliqué que je devais prendre toutes mes affaires. Puis nous sommes directement allés à l’aéroport."
Quelques heures plus tard, Adama Dieng atterrit à l’aéroport de Dakar.
Aujourd’hui, à 35 ans, il vit à Niodor, une ville côtière au sud du Sénégal, d’où il est originaire. Un petit boulot de peintre lui permettrait de gagner sa vie. Il se verrait bien revenir en Allemagne, mais seulement par la voie légale. "Je suis cassé, je n’ai plus envie de reprendre la route à pied", conclut-il.
Affaire sensible
Cette année, lors des entretiens début mars à Munich, 98 personnes ont ainsi été identifiées comme étant des ressortissants sénégalais, selon le compte-rendu des autorités bavaroises.
Cette première étape doit maintenant être confirmée au Sénégal. Dès son retour, la délégation confronte les informations recueillies aux fichiers et aux bases de données de l’administration sénégalaise, explique-t-on du côté de l’ambassade du Sénégal à Berlin, où l’on préfère ne pas s’étendre sur le sujet.
"C’est une affaire très sensible", confie une source à l’ambassade. "Cela a fait beaucoup de bruit au Sénégal où la presse a titré sur le fait qu’on avait envoyé une délégation en Allemagne pour aller expulser des Sénégalais. On a eu beaucoup d’appels." Selon cette source, l’opération a une mauvaise image car elle est interprétée par certains comme un affront à la diaspora sénégalaise.
Avec InfoMigrants
Pour le Sénégal, les entretiens ont lieu régulièrement en Bavière depuis 2017. Cette année-là, Adama Dieng a fait partie des premiers à passer l’un de ces entretiens d’identification. Il finira par être expulsé au Sénégal un an plus tard.
"Mon entretien a duré une dizaine de minutes", se souvient Adama, qui dit ne jamais avoir nié être sénégalais. "On parlait en wolof. Une femme m’a dit qu’il y avait beaucoup de projets, d’entreprises et de travail au Sénégal. Je lui ai répondu que ce n’était pas vrai et j'ai demandé pourquoi alors tant de Sénégalais au pays n’avaient pas de travail."
A l’issue de l’entretien, Adama Dieng ne s’inquiète pas outre mesure. Cela fait 7 ans qu’il vit en Allemagne sans papiers et sans autorisation de travailler. "J’ai cru que c’était une blague. Si j’avais su je serais parti en Espagne, en Italie en France. Au lieu de cela, je suis resté à Munich et j’ai continué à faire de la musique. Avec notre groupe ont tournait partout en Allemagne", explique-t-il.
Un an plus tard, le couperet tombe. "Trois policiers sont venus là où je vivais. Ils m’ont dit que je devais rentrer au Sénégal. Ils m’ont alors donné le document de voyage délivré par l’ambassade sénégalaise à Berlin. Ils m’ont dit de faire mes affaires. J’ai d’abord seulement préparé un sac-à-dos avec un pantalon et un t-shirt. C’est là qu’ils m’ont expliqué que je devais prendre toutes mes affaires. Puis nous sommes directement allés à l’aéroport."
Quelques heures plus tard, Adama Dieng atterrit à l’aéroport de Dakar.
Aujourd’hui, à 35 ans, il vit à Niodor, une ville côtière au sud du Sénégal, d’où il est originaire. Un petit boulot de peintre lui permettrait de gagner sa vie. Il se verrait bien revenir en Allemagne, mais seulement par la voie légale. "Je suis cassé, je n’ai plus envie de reprendre la route à pied", conclut-il.
Affaire sensible
Cette année, lors des entretiens début mars à Munich, 98 personnes ont ainsi été identifiées comme étant des ressortissants sénégalais, selon le compte-rendu des autorités bavaroises.
Cette première étape doit maintenant être confirmée au Sénégal. Dès son retour, la délégation confronte les informations recueillies aux fichiers et aux bases de données de l’administration sénégalaise, explique-t-on du côté de l’ambassade du Sénégal à Berlin, où l’on préfère ne pas s’étendre sur le sujet.
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Avec InfoMigrants
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