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Apologie du terrorisme: La Chambre criminelle confirme la condamnation à trois mois avec sursis de Saer Kébé

Après quatre ans de détention préventive, le jeune Saer Kébé a été condamné à trois mois avec sursis en première instance. Il était poursuivi pour "acte de terrorisme, menaces et apologie du terrorisme". L’étudiant s’est présenté à nouveau devant la Chambre criminelle spéciale de Dakar ce lundi 26 avril pour répondre aux chefs d’accusations. Ainsi, à l’issue de l’audience, la Cour a confirmé la décision de la première instance.



Le procès en appel de l'étudiant Saër Kébé, s’est tenu ce 26 avril, à la Chambre Criminelle spéciale de Dakar. Arrêté en 2014 pour apologie au terrorisme, acte de terrorisme et menace de terrorisme contre les ambassades des Etats-Unis et d’Israël à travers sa page Facebook, l’étudiant avait passé 4 années en prison. Condamné à trois mois avec sursis en première instance, le parquet avait contesté la décision et a interjeté appel.

Devant la barre de la Chambre criminelle spéciale de Dakar, Saër Kébé est revenu sur les faits : « Je ne suis ni de près ni de loin mêlé à cette affaire de terrorisme. À cette époque j'étais en classe de terminal. On devait faire un exposé sur la colonisation et c’est moi qui devais faire les recherches préliminaires. Je ne savais pas que cela aurait un impact sur mon avenir car mes camarades de classe poursuivaient leurs études alors que moi j’étais accroupi en prison. Les images que j’ai découvertes m’ont choqué. J’avais 18 ans je n’étais pas conscient. Si c’était à refaire je ne le referai plus. Ce n’est pas moi qui ai choisi ce sujet mais le professeur. Je n’étais pas animé par une idée de révolution. C’était juste une fougue de jeunesse. Je n’avais pas l’intention de semer la terreur », a-t-il dit devant la barre.

 Le Président de la chambre de lui sermonner : « Quand vous êtes en colère il faut se retenir car un esprit en colère ne réfléchit pas ».Saër Kébé de répondre : « Je voulais juste condamner les images que j’ai vu sur internet ». L’avocat général demande à Saer de revenir sur son cursus scolaire.
 
 « Je voulais juste condamner les images que j’ai vu sur internet ».
 
Saër Kébé d’ajouter : « J’ai débuté mes études ici à Dakar. Après la mort de ma mère, je suis rentré à Mbour actuellement, je suis à IAM, étudiant, en administration des affaires et ressources humaines. Je fais des cours en arabe des affaires. Cela s’inscrit dans le cadre de mes études. Je n’ai pas appris le Coran mais je connais des sourates pour prier. Je ne suis pas affilié à des associations religieuses. Auparavant j’étais dans le dahira Moustarchidine mais je n'y suis plus car c'est un choix que j’ai fait.

Le Procureur de lui poser la question de savoir pourquoi il a voulu y impliquer d’autres jeunes sénégalais au lieu de t’engager seul ? » Saër kébé : « c’était juste une imagination »
 
Dans son réquisitoire, l’avocat général estime que l’acte matériel ne souffre d’aucune contestation. Selon lui, « On a beau regretté mais les dès son déjà jeté. Ce n’est pas parce qu’on regrette qu’on va se soustraire de ses responsabilités pénales ». Il a demandé au tribunal de le déclarer coupable et se rapporte à leur peine.
 
Défendu par Maîtres Assane Dioma Ndiaye et Moussa Sarr, ses conseils ont plaidé l’infirmation de la peine de la première instance.
 
« Jeune imbu d’idée révolutionnaire… »
 
Selon Me Assane Dioma Ndiaye, il n’y a pas infractions, ni criminelle, ni délictuelle. « On est devant les délires d’un jeune vu à son âge, était imbu d’idée révolutionnaire non pas par la violence, mais révolutionnaire dans le but de changer les choses ». Il demande d’infirmer le jugement. L’avocat de la défense demande de l’acquitter purement et simplement des faits criminels pour lesquels il est poursuivi.

Selon Me Moussa Sarr, le jeune accusé a manqué de maturité. Il a été, selon lui, victime de sa naïveté et de son défaut d’encadrement parce qu’il a été orphelin très jeune. Avant le délibéré, le juge I’a invité à dire ses derniers mots, Saer Kébé déclare : « j’étais perturbé par cette affaire. J’ai perdu beaucoup de temps en prison. Aujourd’hui, ma préoccupation c’est de terminer mes études, d’obtenir mes diplômes et de participer au développement de ce pays ».
 
Le président de la chambre criminelle d’appel, après avoir délibéré en matière criminelle et en dernier ressort, déclare l’appel recevable par la forme et le fond. Confirme la décision de la première instance. Reste à savoir si le parquet va pourvoir en cassation ou pas.

Moussa Ndongo

Lundi 26 Avril 2021 - 17:36


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