Si le juge suit le réquisitoire du parquet, Ibrahima Barry dit Thier passera le restant de sa vie en prison.
La Chambre criminelle du tribunal de Grande instance de Dakar a statué sur le sort des deux accusés. Il s'agit de Ibrahima Barry et de Mbaye Woré Paye. Le premier est accusé d'assassinat sur Awa Ndiaye tandis que Mbaye Woré Paye lui est accusé pour non dénonciation de crimes et vol contre la victime.
Mbaye Woré Paye bénéficie d'une liberté provisoire et est placé sous contrôle judiciaire depuis mai 2018.
Les faits : Le 18 septembre 2017, aux environs de 16 heures les éléments du commissariat de Grand Yoff ont été avisés d'un assassinat au bar "Golden Sun", sis, à Liberté 6.
La descente sur les lieux des éléments du commissariat précité a permis la découverte d'un corps sans vie identifié en la personne de Awa Ndiaye. Baignant dans une mare de sang et présentant des blessures au niveau de la joue gauche. Une enquête exhaustive s'en est suivie et a permis l'audition de Mouhamed Keita et Ahmed Diatta. Ils ont soutenu que la nommée, Awa Ndiaye, a été poignardée par un client du bar avec qui elle a eu une altercation verbale.
Entendu également, Maïmouna Sankaré alias "Amina Chinois", a déclaré que ce jour-là, elle s'est rendue au bar "Golden Sun” pour se détendre et elle a trouvé Mbaye Woré Paye en compagnie d'amis dont elle ignore les identités. Alors elle s'est assise avec eux pour prendre un verre, avant que la dame Awa Ndiaye ne les rejoigne. Mais après les salutations, celle-ci a eu un échange de propos aigres doux avec Ibrahima Barry dit Thier qui a fini par quitter les lieux.
Se sentant humilié par une femme, ce dernier, pour laver l'affront qu'il a subi devant tout le monde est revenu cinq minutes après en sommant à Awa Ndiaye de répéter ce qu'elle avait dit et celle-ci lui a rétorqué qu'il ne représentait rien. Ce dernier a sorti un couteau pour le poignarder sauvagement au cou, ce qui a engendré une confusion totale avec des cris partout.
"Ce dernier a sorti un couteau pour le poignarder sauvagement au cou"
Devant la barre de la Chambre criminelle de Dakar, Ibrahima Barry dit Thier a livré sa version des faits. "Le jour des faits, j'étais descendu du travail, j'ai fait un tour au bar pour me détendre un peu. C'est par la suite que j'ai commandé une bière. Ce jour-là, j'ai rencontré Mbaye Woré Paye au bar en compagnie de sa petite amie. Nous avons parlé de tout et de rien. Par la suite, Awa Ndiaye est entrée brusquement dans le bar. Elle a salué tout le monde, devant moi, elle m'a tendu sa main et je lui ai demandé de garder sa main. Elle s'est énervée et a commencé à me traiter de tous les noms d'oiseaux. Énervé, je suis sorti pour rentrer, mais je ne sais pas ce qui m'a pris. Je suis allé dans une charcuterie prétextant acheter de la viande, c'est là où le vendeur s'est retourné que j'ai subtilisé son couteau que j'ai gardé par devers moi. Après je ne me suis rappelé de rien. J'étais amnésique. C'est en voyant du sang sur mes habits et le couteau que je me suis rendu compte que j'ai commis un forfait. Après j'ai pris un taxi qui m'a conduit chez moi. J'ai changé mes habits tachés de sang puis j'ai pris ma valise pour aller à la gare pour me rendre à Ziguinchor où je suis resté pendant six mois. Les enquêteurs m'ont localisé et conduit à Dakar", narre-t-il devant la barre.
De son côté, son coaccusé Mbaye Woré Paye alias Aba, témoin oculaire du meurtre se confie. "Ce jour-là, Thier m'a trouvé dans le bar, on a beaucoup discuté sur la vie et tout. Nous avons bu ensemble. C'est par la suite que Awa Ndiaye est entrée dans le bar. Elle avait une réputation de bagarreur, mais elle était joviale quand elle entrait dans le bar en saluant tout le monde. Alors lorsqu'elle a voulu saluer Ibrahima Barry, ce dernier lui a demandé de garder sa main. Awa Ndiaye a commencé par l'insulter après je les ai sermonnés tous les deux. Par la suite, Ibrahima est sorti énervé. Après, le calme est revenu dans le bar. On discutait et ça buvait. Awa Ndiaye a eu une folle envie de fumer. C'est quand elle est sortie pour acheter une cigarette qu'elle s'est trouvée nez à nez avec Ibrahima. Ce dernier lui a planté un coup de couteau, on a entendu des cris, on est sorti, je me suis interposé entre eux, fou de rage Ibrahima a asséné un autre coup fatal à Awa Ndiaye et le sang a commencé à gicler de partout. Elle s'est affalée, baignant dans une mare de sang. Il y avait des cris partout. Paniqué, j'ai appelé les pompiers en vain. Après je suis allé chez moi pour dormir parce que j'étais choqué de ce qui s'est passé".
Toute la scène du meurtre a été filmée par la caméra de surveillance du bar. Après avoir visionné le film, le juge demande à Mbaye Woré Paye "on t'a vu dans la vidéo en train de subtiliser le téléphone de la victime". Mbaye Woré Paye de rétorquer : "C'est Awa Ndiaye qui m'a confié son téléphone quand elle sortait du bar pour acheter une cigarette".
Lourd réquisitoire du procureur
Madame le procureur dans son réquisitoire estime que Awa Ndiaye a été assassinée sans aucune forme de procès. "Un meurtre que rien ne peut justifier. Selon elle, les faits sont constants et que le meurtrier avait l'intention de tuer. Il n'a laissé aucune chance à la victime, elle est morte sur le coup. Il a lavé l'affront au prix de la mort. Une mort atroce qu'elle ne méritait pas", affirme le Ministère public
Elle ajoute par ailleurs, que Mbaye Woré Paye a subtilisé le téléphone de la victime. Selon le procureur, il y a soustraction frauduleuse. Le procureur requiert la réclusion criminelle à perpétuité pour Ibrahima Barry. Elle demande que Mbaye Woré Paye soit condamné à six ferme pour vol.
L'avocat de Mbaye Woré Paye estime qu'il n'y avait pas intention frauduleuse de s'accaparer ou de s'approprier le téléphone de la victime. Le conseil dit que son client a restitué volontairement aux enquêteurs. L'avocat a plaidé le renvoi à des fins de la poursuite et demande la relaxe de son client au bénéfice du doute.
Le conseil de Ibrahima Barry soutient que son client n'avait pas l'intention de tuer Awa Ndiaye. Selon lui, le mobile du crime n'a pas pu être établi. Il demande la disqualification des faits d'assassinat en coups et blessures volontaires et demande aussi l'application extrêmement bienveillante de la loi.
Le délibéré du juge est attendu le 6 mai prochain.
La Chambre criminelle du tribunal de Grande instance de Dakar a statué sur le sort des deux accusés. Il s'agit de Ibrahima Barry et de Mbaye Woré Paye. Le premier est accusé d'assassinat sur Awa Ndiaye tandis que Mbaye Woré Paye lui est accusé pour non dénonciation de crimes et vol contre la victime.
Mbaye Woré Paye bénéficie d'une liberté provisoire et est placé sous contrôle judiciaire depuis mai 2018.
Les faits : Le 18 septembre 2017, aux environs de 16 heures les éléments du commissariat de Grand Yoff ont été avisés d'un assassinat au bar "Golden Sun", sis, à Liberté 6.
La descente sur les lieux des éléments du commissariat précité a permis la découverte d'un corps sans vie identifié en la personne de Awa Ndiaye. Baignant dans une mare de sang et présentant des blessures au niveau de la joue gauche. Une enquête exhaustive s'en est suivie et a permis l'audition de Mouhamed Keita et Ahmed Diatta. Ils ont soutenu que la nommée, Awa Ndiaye, a été poignardée par un client du bar avec qui elle a eu une altercation verbale.
Entendu également, Maïmouna Sankaré alias "Amina Chinois", a déclaré que ce jour-là, elle s'est rendue au bar "Golden Sun” pour se détendre et elle a trouvé Mbaye Woré Paye en compagnie d'amis dont elle ignore les identités. Alors elle s'est assise avec eux pour prendre un verre, avant que la dame Awa Ndiaye ne les rejoigne. Mais après les salutations, celle-ci a eu un échange de propos aigres doux avec Ibrahima Barry dit Thier qui a fini par quitter les lieux.
Se sentant humilié par une femme, ce dernier, pour laver l'affront qu'il a subi devant tout le monde est revenu cinq minutes après en sommant à Awa Ndiaye de répéter ce qu'elle avait dit et celle-ci lui a rétorqué qu'il ne représentait rien. Ce dernier a sorti un couteau pour le poignarder sauvagement au cou, ce qui a engendré une confusion totale avec des cris partout.
"Ce dernier a sorti un couteau pour le poignarder sauvagement au cou"
Devant la barre de la Chambre criminelle de Dakar, Ibrahima Barry dit Thier a livré sa version des faits. "Le jour des faits, j'étais descendu du travail, j'ai fait un tour au bar pour me détendre un peu. C'est par la suite que j'ai commandé une bière. Ce jour-là, j'ai rencontré Mbaye Woré Paye au bar en compagnie de sa petite amie. Nous avons parlé de tout et de rien. Par la suite, Awa Ndiaye est entrée brusquement dans le bar. Elle a salué tout le monde, devant moi, elle m'a tendu sa main et je lui ai demandé de garder sa main. Elle s'est énervée et a commencé à me traiter de tous les noms d'oiseaux. Énervé, je suis sorti pour rentrer, mais je ne sais pas ce qui m'a pris. Je suis allé dans une charcuterie prétextant acheter de la viande, c'est là où le vendeur s'est retourné que j'ai subtilisé son couteau que j'ai gardé par devers moi. Après je ne me suis rappelé de rien. J'étais amnésique. C'est en voyant du sang sur mes habits et le couteau que je me suis rendu compte que j'ai commis un forfait. Après j'ai pris un taxi qui m'a conduit chez moi. J'ai changé mes habits tachés de sang puis j'ai pris ma valise pour aller à la gare pour me rendre à Ziguinchor où je suis resté pendant six mois. Les enquêteurs m'ont localisé et conduit à Dakar", narre-t-il devant la barre.
De son côté, son coaccusé Mbaye Woré Paye alias Aba, témoin oculaire du meurtre se confie. "Ce jour-là, Thier m'a trouvé dans le bar, on a beaucoup discuté sur la vie et tout. Nous avons bu ensemble. C'est par la suite que Awa Ndiaye est entrée dans le bar. Elle avait une réputation de bagarreur, mais elle était joviale quand elle entrait dans le bar en saluant tout le monde. Alors lorsqu'elle a voulu saluer Ibrahima Barry, ce dernier lui a demandé de garder sa main. Awa Ndiaye a commencé par l'insulter après je les ai sermonnés tous les deux. Par la suite, Ibrahima est sorti énervé. Après, le calme est revenu dans le bar. On discutait et ça buvait. Awa Ndiaye a eu une folle envie de fumer. C'est quand elle est sortie pour acheter une cigarette qu'elle s'est trouvée nez à nez avec Ibrahima. Ce dernier lui a planté un coup de couteau, on a entendu des cris, on est sorti, je me suis interposé entre eux, fou de rage Ibrahima a asséné un autre coup fatal à Awa Ndiaye et le sang a commencé à gicler de partout. Elle s'est affalée, baignant dans une mare de sang. Il y avait des cris partout. Paniqué, j'ai appelé les pompiers en vain. Après je suis allé chez moi pour dormir parce que j'étais choqué de ce qui s'est passé".
Toute la scène du meurtre a été filmée par la caméra de surveillance du bar. Après avoir visionné le film, le juge demande à Mbaye Woré Paye "on t'a vu dans la vidéo en train de subtiliser le téléphone de la victime". Mbaye Woré Paye de rétorquer : "C'est Awa Ndiaye qui m'a confié son téléphone quand elle sortait du bar pour acheter une cigarette".
Lourd réquisitoire du procureur
Madame le procureur dans son réquisitoire estime que Awa Ndiaye a été assassinée sans aucune forme de procès. "Un meurtre que rien ne peut justifier. Selon elle, les faits sont constants et que le meurtrier avait l'intention de tuer. Il n'a laissé aucune chance à la victime, elle est morte sur le coup. Il a lavé l'affront au prix de la mort. Une mort atroce qu'elle ne méritait pas", affirme le Ministère public
Elle ajoute par ailleurs, que Mbaye Woré Paye a subtilisé le téléphone de la victime. Selon le procureur, il y a soustraction frauduleuse. Le procureur requiert la réclusion criminelle à perpétuité pour Ibrahima Barry. Elle demande que Mbaye Woré Paye soit condamné à six ferme pour vol.
L'avocat de Mbaye Woré Paye estime qu'il n'y avait pas intention frauduleuse de s'accaparer ou de s'approprier le téléphone de la victime. Le conseil dit que son client a restitué volontairement aux enquêteurs. L'avocat a plaidé le renvoi à des fins de la poursuite et demande la relaxe de son client au bénéfice du doute.
Le conseil de Ibrahima Barry soutient que son client n'avait pas l'intention de tuer Awa Ndiaye. Selon lui, le mobile du crime n'a pas pu être établi. Il demande la disqualification des faits d'assassinat en coups et blessures volontaires et demande aussi l'application extrêmement bienveillante de la loi.
Le délibéré du juge est attendu le 6 mai prochain.
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