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Birmanie: un groupe rebelle appelle à l'unité des factions insurgées dans l'est du pays

Trois mois après le putsch en Birmanie, un important groupe rebelle dans l'est du pays a appelé, dimanche 2 mai, les autres factions insurgées à unifier leurs rangs face à la junte. Jamais ne s'est présentée une telle opportunité de combattre la dictature militaire au cours de plus de 70 ans de révolution, a déclaré un général de l'Union nationale Karen (KNU), forte de plusieurs milliers d'hommes.



Dans une lettre ouverte, le chef d'état-major adjoint de la branche armée de l'Union nationale Karen (KNU) demande à tous les combattants de l'ethnie karen d'unifier leurs rangs, quelle que soit leur affiliation politique. « Jamais il n'y a eu une telle opportunité au cours de plus 70 ans de révolution. Profitez-en et combattez la dictature militaire birmane », a déclaré le lieutenant-général Baw Kyaw Heh.
 
Cet appel de l'Union nationale Karen (KNU), l'une des principales factions rebelles de Birmanie, intervient alors que ce groupe est engagé dans des combats avec les militaires.
 
Son message est adressé aux autres groupes rebelles dans l'État Karen, l'Armée bouddhiste démocratique Karen et le Conseil de la Paix KNU/KNLA, né d'une scission de la KNU. Les deux groupes sont restés silencieux depuis le coup d'État du 1er février, alors que la KNU est très virulente contre la junte.
 
Multiplication des fronts
Cet appel représente-t-il une réelle menace pour la puissante armée birmane ? Pour Francis, un humanitaire français qui travaille dans l'État Karen pour l'ONG Village Karenni, « la KNU a peur que l’armée birmane réussisse à faire manœuvrer d’autres groupes armés Karen contre elle. L’armée birmane utilise régulièrement des techniques subversives pour diviser la guérilla. La deuxième chose, c’est que la guérilla pense qu’il y a un coup à jouer actuellement avec l’arrivée de la saison des pluies qui va empêcher l’armée birmane d’effectuer ces frappes, ces bombardements aériens et de manœuvrer sur ces territoires qui sont difficilement praticables, vu qu’on est dans une zone montagneuse recouverte de jungle, et donc qu’à l’approche de la saison des pluies, toute manœuvre est très difficile. »
 
La KNU, forte de plusieurs milliers d'hommes, s'est emparée la semaine dernière dans le sud-est du pays, près de la frontière avec la Thaïlande, d'une base de l'armée qui a riposté par des frappes aériennes. Elle assure abriter sur le territoire qu'elle contrôle au moins 2 000 opposants au coup d'État qui ont fui la répression.
 
« Les principaux groupes armés sont passés à l’offensive contre l’armée birmane qui se retrouve en difficulté parce qu’elle a au moins trois fronts ouverts, rappelle-t-il : un front dans le Shan contre la RCSS et un front dans le Kachin contre l’armée Kachin ; plus un front avec la guérilla Karen. Ils font partie des plus gros groupes armés traditionnels de la Birmanie. Ces groupes armés risquent de récupérer beaucoup de territoires qui sont économiquement importants, notamment en termes de ressources naturelles, mais aussi de contrôles des grands axes qui partent vers la Chine ou la Thaïlande. Donc oui, cela les met régionalement en difficulté et étant donné qu’il y a maintenant un pont ouvert sur trois régions, cela devient un enjeu au niveau national. »

RFI

Lundi 3 Mai 2021 - 09:42


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