Cette mise en place effective intervient 22 ans après le texte constitutionnel qui l’avait institué. Les missions du Conseil constitutionnel essentielles, notamment en matière électorale, étaient jusqu’ici dévolues à la Cour suprême. Les onze membres qui composent ce conseil, plus le président qui est un ancien magistrat retraité, ont tous été nommés par décret présidentiel. Ils jouissent d’un mandat de six ans, éventuellement renouvelable.
Il était temps, a prestement réagi Cabral Libi, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle, avant de constater sur le choix les hommes au rang desquels d’anciens ministres que le président de la République a appelés les mêmes, insiste-t-il, pour appeler les mêmes objectifs. Et le candidat de conclure que le système reste droit dans ses bottes.
Verrouillage de la prochaine présidentielle ?
Le politologue Mathias Eric Owona Nguini voit quant à lui dans le choix des douze pionniers de ce Conseil constitutionnel camerounais une volonté de verrouiller la prochaine élection présidentielle, tant l’appartenance au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, parti au pouvoir) de plusieurs des membres nommés ne fait l’ombre d’aucun doute.
Dans ses prérogatives, il y a un rapport avec l’élection présidentielle justement. Le Conseil constitutionnel aura à charge de veiller outre à la régularité du scrutin, mais aussi d’en proclamer les résultats. Lesquelles élections présidentielles sont normalement prévues pour cette année 2018.
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