Dans le quartier d’Ouhango, à Bangui, des hommes sont installés sur le devant d’une boutique. Ils jouent aux dames sur un grand plan de bois, en poussant et abattant des carreaux de mosaïque. Plus loin, des femmes sont à un point d’eau. Un coiffeur a ouvert à nouveau boutique. Des vendeuses d’oranges sont sur le bord de la route.
C’est un début timide de retour à la normale dans le quartier de Ouhango. Les populations ont été traumatisées par les derniers événements et la confiance mettra du temps à revenir. « On a peur parce qu’ils sont venus avec des armes pour nous tuer. Nous sommes là seulement pour nous changer les idées, comme ça… », témoigne un habitant.
Pour l’un de ses voisins, le seul cantonnement des Seleka ne suffit pas : « C’est la peur… Parce que les Seleka, ils étaient ici, basés au niveau des stations. Ils ont tué trois ou quatre personnes ici. Et puis il y a même des musulmans qui sont armés par les Seleka. On a peur les uns et des autres. Parce que les uns ils ont des armes, les autres ils ont les balaka. Entre les chrétiens et les musulmans, il faut d’abord le désarmement avant la réconciliation. Sans le désarmement on ne peut pas se réconcilier, parce qu’on a toujours peur ».
Signe de la douleur qu’a traversée le quartier, on croise à la sortie d’Ouhango deux groupes d’hommes qui poussent des cercueils.
Source : Rfi.fr
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