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Chronique: L’agenda du Président



Chronique: L’agenda du Président
Et si c’était la CENA elle-même, en tant qu’organe, qui dérangeait le chef de l’Etat ? Et non son président dont Me Wade a exigé et obtenu la démission. On a beau retourner le sujet dans tous les sens, on a du mal à trouver les raisons d’une telle demande incongrue et inélégante du Président de la République. Le président du CENA est nommé pour un mandat irrévocable de 6 ans. Et le jeu de la démocratie aurait voulu qu’on le laisse jusqu’au terme de ce mandat, en 2011. C’est-à-dire un an avant l’élection présidentielle la plus proche.

On voit bien que Me Abdoulaye Wade aurait bien pu attendre 2011 et en ce moment, il aurait eu toute la latitude de ne pas le reconduire et personne n’aurait trouvé matière à commentaire. Que cache donc cette précipitation ? Est-ce vrai donc comme l’ont fait remarquer nos confrères du journal Le Quotidien que le président de la République est de plain pied dans une course contre la montre.

En outre Me Abdoulaye Wade qui a créé, contre vents et marées, la Commission électorale nationale autonome – l’opposition voulait une commission indépendante – sait pertinemment que le président de l’organe n’a pas les prérogatives d’imposer ses décisions à tous les autres membres. Par ailleurs l’argument de Me Wade selon lequel, le président de la CENA est contre son parti, le Pds, ne tient pas la route.

Toutes les élections qui se sont tenues depuis 2007 et supervisées par cet organe, ont été remportées haut la main par les libéraux et leurs alliés. Notamment la présidentielle, où on a vu Wade élu dès le premier tour. Même pour les locales où l’opposition a gagné du terrain, en s’imposant dans les villes les plus importantes du pays, le Pds est vainqueur sur le total des voix. Est-ce à dire donc que le chef de l’Etat reproche à la CENA de s’être évertuée à faire convenablement son travail ?

Et puis, on se souvient bien que c’était l’opposition qui s’était montré très hostile à l’égard de Moustapha Touré, quand le chef de l’Etat a porté son choix sur lui. L’argument des opposants étaient que la femme de celui qui venait d’être nommée président de la CENA était militante du Parti démocratique sénégalais. Wade l’a maintenu malgré tout. Qu’est-ce qui explique donc ce désamour soudain ? Cela fait beaucoup de questions dont une seule personne détient les réponses. Me Abdoulaye Wade.

Seulement avec lui difficile d’avoir les vraies réponses aux questions qu’ont lui posent. Le problème avec Me Abdoulaye Wade, c’est cet écart qu’il y a entre le discours qu’il tient et les actes qu’il pose. Par exemple, quand il dit qu’il ne va pas organiser une élection présidentielle anticipée, on a bien du mal à ne pas croire le contraire au vu de la réalité de la situation sur le terrain. Une situation qui laisse apparaître que le Président a son propre agenda bien différent de celui de la République. Et avec un peu de suspicion, on est en droit de croire que Me Abdoulaye Wade n’a nullement l’intention d’attendre 2012 pour appeler les Sénégalais aux urnes.

Autrement comment comprendre qu’il ait déjà lâché ses troupes qui sont en train de battre campagne… jusqu’à la Mecque ? Comment comprendre l’urgence dans laquelle le code électoral est en train d’être révisé ? Pour la première fois, on devrait peut-être arrêter de scruter la lune, mais plutôt regarder le doigt qui le désigne. En d’autres termes, à force de se concentrer sur 2012, l’opposition risque fort de se faire surprendre par Me Abdoulaye Wade, qui, décidément a toujours plusieurs coups d’avance sur ses adversaires politiques. D’autant qu’il a réussi à les distraire en leur imposant un débat stérile et inutile sur la candidature unique de Bennoo Siggil Senegaal.

Et au moment où ces derniers perdent leur temps dans des discussions à l’issue connue d’avance – c’est-à-dire que Bennoo ne s’entendra pas sur une candidature unique – lui continue à déplacer tranquillement ses pions sur l’échiquier. Et la démission du président de la CENA est encore une fois un de ces coups dont le maître détient le secret et qui entre bien dans le plan dont il est le seul à connaître les objectifs. Aujourd’hui que Moustapha Touré a démissionné, il faudra bien trouver un autre président pour la CENA. Et même si cela sera Farba Senghor, Cheikh Tidiane Sy, Me Ousmane Ngom ou même Karim Wade, rien ne dit que Me Wade obtiendra la CENA qu’il veut tant que les autres seront en place. A moins qu’il n’ait déjà tout prévu dans son agenda.

Samba Jalimpa Badji

Jeudi 3 Décembre 2009 - 09:39


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