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Chronique: La violence corruptive



Chronique: La violence corruptive
Au seuil de ce nouvel an, nous formions le vœu- pieu, certainement- de bénéficier au Sénégal d’une pause politicienne en 2010. Mais c’était sans compter avec la forte propension de notre classe politique à se dépenser sans compter pour l’accessoire au détriment de l’essentiel.



Sinon comment comprendre que l’adversité politique tienne lieu de justification d’actes aussi criminels qu’un incendie à un meeting du Ps. Sous prétexte que ces opposants étaient venus verbalement attaquer le chef de son camp, on se laisse aller à des légèretés d’une gravité extrême, qui auraient pu provoquer un drame voire une tragédie aux conséquences incalculables.



Le Parti socialiste visé a rué dans les brancards en menaçant de rendre désormais coup pour coup. Inutile de dire que la loi du talion et de la vendetta risque ainsi de régner au grand dam de la paix sociale. On a annoncé par la suite un véhicule incendié dans l’enceinte du siège du Pds, acte que des libéraux attribuent à des socialistes. Il y a quelques semaines également, le cortège de Macky Sall avait essuyé des jets de pierres dans la banlieue de Dakar.



Tout cela est bien dérisoire et à l’antipode des véritables enjeux qui astreignent les Sénégalais dans leur écrasante majorité. Il faut, au plus vite, fermer cette boîte de pandores au risque de semer l’escalade d’une violence aux contours explosifs. Le Chef de l’Etat est interpellé au premier chef pour condamner ce dérapage.



Les signes d’apaisement qui provenaient de lui suite à l’incident malheureux avec l’Eglise cristallisaient un espoir qui est visiblement en train de céder la place au scepticisme et à l’incrédulité. Le président doit donc mettre le holà à ces agissements sordides qui n’honorent pas le Sénégal en permettant à la justice de tirer au clair cette affaire pour ne pas en faire un nouveau contentieux politique.



La justice a besoin d’exercer dans la sérénité et l’indépendance à l’abri de toutes les formes de pressions qu’elles soient politiques, économiques ou sociales. C’est cette exigence citoyenne que le Bâtonnier a voulu rappeler. Malheureusement, son confrère et non moins président de la République l’a mal pris en réagissant de manière violente et colérique. Provoquant une réplique de l’ordre des avocats qui soutient son chef.


La corruption protéiforme, tout comme la violence, est un mal qui sape les fondements de toute institution d’où la nécessité de l’éradiquer. Avec le sulfureux feuilleton Segura, le Chef de l’Etat aurait dû éviter la polémique qui donne l’impression qu’il cautionne ceux qui prennent des libertés avec la transparence. Force doit rester au droit et non au tortueux qu’il se nomme violence ou corruption.

Abdoulaye Sylla

Mercredi 20 Janvier 2010 - 10:37


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