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Chronique: Le long tunnel de la fiction



Chronique: Le long tunnel de la fiction
Le président Abdoulaye Wade est un excellent manœuvrier politique. Son génie dans ce domaine n’est plus à démontrer. Ce n’est pas pour rien que le non moins futé président Senghor le surnommait Ndiombor (lièvre), allusion faite à son habileté à se mouvoir dans l’espace politique. Sa longue carrière dans ce domaine (plus de cinquante ans) en témoigne amplement.

Mais la ruse, à force d’en user et d’en abuser dessert forcément. La dernière trouvaille du principal locataire du palais pour mobiliser ses troupes et l’opinion publique : mettre sur orbite et au forceps «l’Alliance Sopi pour Demain » en perspective de la prochaine élection présidentielle prévue en 2012.

Pourquoi Sopi pour demain ? Et pour aujourd’hui ? Qu’a produit le Sopi d’hier pour mériter de lui confier l’avenir du Sénégal ? A quoi bon demander pour demain ce qu’on a déjà entre ses mains. Ne peut-il agir hic et nunc ? Autant de questions qui restent encore malheureusement sans réponses.

Chez Wade, tout semble procéder et relever du rêve, de la fiction et des visions. Plans Reva, Goana, Jaxaay, Sésame, Omega, kilo de riz à 60 FCFA, règlement du conflit en Casamance en 100 jours… Certes, tout n’y est pas utopique, il faut des idées et des projets, mais la part qu’y occupe le rêve est prépondérante. Une évaluation critique de ces projets, généreux dans la formulation, démontrerait cette affirmation au vu des résultats plus que limités. « La vie est un rêve ; c’est le réveil qui nous tue », dit Virginia Woolf. D’où la nécessité de ne pas trop en
faire surtout, éveillés.

Au plan strictement politique, la démarche est quasiment la même. C’est ainsi qu’on a appris la rencontre de «réconciliation» qu’il a tenu avec Idrissa Seck et Djibo Ka et Ousmane Ngom après les «retrouvailles» libérales. Un coup d’éclat de plus ou un acte de realpolitik pour faire fantasmer sur sa dextérité mais dont la valeur ajoutée au vécu des populations paraît nulle.

Point n’est besoin de lister les difficultés que vivent les Sénégalais face au coût élevé des biens et services de consommation courante. Le chômage et la pauvreté deviennent endémiques exposant stoïquement les populations à des équations quasiment insolubles. L’exode rural et l’émigration restent encore des exutoires pour fébrilement échapper aux dures conditions d’existence.

Bref, on ne peut, on ne doit surtout pas continuer à servir du réchauffé pendant plusieurs décennies. En plus de créer des indigestions monstres, on risque de tuer ses convives. Il nous faut sortir de ce long tunnel de la fiction pour épouser les contours d’une réalité à transformer par le travail, l’équité et l’action sociale. Les résultats des élections du 22 mars 2009, sorte de remake du 19 mars 2000, avaient servi d’avertissement à la coalition Sopi, mais aussi à Benno Siggil Sénégal et à And Liguèye Sénégal. Si elles l’oublient, c’est à leurs risques et périls nonobstant les mises en gardes affolées de Serigne Mbacké Ndiaye. Une coalition avertie vaut…2012.

Abdoulaye SYLLA
syllaye@gmail.com



Abdoulaye SYLLA

Mercredi 25 Novembre 2009 - 03:01


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