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Chronique: Le sermon de l’Imam Ratib Wade



Chronique: Le sermon de l’Imam Ratib Wade
On ne cessera jamais de le dire, le président Abdoulaye Wade est un numéro bien spécial, pour paraphraser l’ancien président de la Banque mondiale James Wolfensohn. La dernière fin de semaine en a été une illustration parfaite. Le Chef de l’Etat, bille en tête, a osé déclarer : «Les imams ne savent rien. Ils ne s’informent pas». C’était en réaction à la critique acerbe de plusieurs imams contre «son» monument de la renaissance africaine. Wade, on l’ignorait, sait tout.

Le fin journaliste Mame Less Camara disait aux premières heures de l’alternance que le locataire du palais apprenait même aux mécaniciens comment serrer des boulons. Cela lui avait valu une convocation à la Division des investigations criminelles. Le téméraire Talla Sylla qui l’avait repris et amplifié dans son tube Ablay abal Niou s’en sortira le corps martelé.

Pour en revenir à sa lourde charge contre les préposés aux sermons, Wade aurait pu se limiter à défendre sa statue sans entrer dans des considérations qu’il maîtrise passablement offensant au passage ce pilier aussi important que constituent les imams au sein de l’islam et la société. Qu’est-ce qui l’empêchait de dire : c’est votre opinion, j’ai la mienne que je fonde sur des arguments religieux ou profanes ! Mais ce serait trop demander à notre atypique président de la République qui aime tant se distinguer.

C’était le cas aussi à la cérémonie de pose de la première pierre de la Grande mosquée Massalikoul Jinaane sise à Colobane. Devant le Khalife général des mourides, Wade relayé par la presse, réaffirme : «Je suis le plus grand talibé de tous les temps. Celui qui aura fait ce qu’aucun autre n’a fait pour la confrérie mouride». En tout cas, difficile de lui ravir la palme en matière de déclaration fracassante.

Il ne s’arrête pas en si bon chemin de la grandiloquence, pour dire le moins. «Je peux rester au pouvoir aussi longtemps que je veux avant de le transmettre à qui je veux», a laissé entendre Abdoulaye Wade. Il essaiera de se rattraper pour atténuer l’onde de choc de ses propos en précisant que s’il choisit quelqu’un pour lui succéder, il le présentera au khalife de Touba qui lui prodiguera des prières pour que son bien aimé dauphin ait ce qu’il voudra.

Le «Maître du Sénégal» fait décidément peu de cas de ses concitoyens qui délèguent, en réalité, le pouvoir. Wade se considère à la limite comme le premier substitut du peuple. Il lui suffit juste, dans son entendement, de vouloir avec bien sûr les prières du guide mouride pour léguer tranquillement le témoin à la personne qu’il souhaite. Avait-il oublié ce procédé facile, le 22 mars dernier, quand il conduisait à la défaite ses partisans à la débâcle dans de nombreuses grandes localités ? En attendant la réponse et 2012, le président Wade devra sérieusement faire face aux interpellations sur les scandales qui éclaboussent, à tort ou à raison, son régime et qui ont maintenant franchi les frontières. Pourquoi pensez-vous au Fmi à Washington, à New York et à la France ? Le peuple sénégalais note tout dans son petit carnet avant de taper là où ça fait vraiment mal. C’est un avis sans frais pour toute la classe politique !
Abdoulaye SYLLA
syllaye@gmail.com


Abdoulaye SYLLA

Mardi 8 Décembre 2009 - 11:35


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