Vu que la France, les USA et l’essentiel des pays occidentaux ont exclu toute intervention au sol, il fallait imaginer une nouvelle stratégie. L’intervention au sol est nécessaire pour venir à bout de Daesh et minimiser les pertes en vies civiles qui bénéficieraient à l’EI. La guerre contre l’Etat islamique ne doit pas aussi être menée exclusivement par des forces armées occidentales pour ne pas accréditer la thèse de la croisade qui profiterait également à Daesh. Alors, il faut trouver un stratagème pour impliquer des forces armées de pays « islamiques » (infirmer la guerre des civilisations théorisée par l’EI), sunnites (éviter d’attiser le conflit Chiites/Sunnites) pour qu’elles aillent au bourbier (intervention terrestre exclue par les Etats occidentaux).
Sous le bénéfice de toutes ces considérations, un Etat ne saurait être plus indiqué que l’Arabie Saoudite abritant la Mecque et la Médine (deux lieux hautement symboliques pour la Ummah) pour diriger la Coalition « islamique » contre le terrorisme. En prenant la tête de la Coalition, Riyad veut aussi résoudre une triple équation : asseoir son leadership dans le Moyen-Orient contre son éternel ennemi (Iran), faire passer sous silence les nombreuses pertes en vies humaines dans sa guerre au Yémen et, enfin, éradiquer Daesh c’est sauvegarder sa Monarchie. L’EI est certes une organisation musulmane sunnite, mais il a dans sa ligne de mire les autorités de la Monarchie saoudienne qu’il considère comme des pantins de l’Occident.
L’engagement de nombreux Etats africains y compris le Sénégal, jusque là épargné par les Djihadistes, dans la lutte contre le terrorisme international ne sera pas sans conséquences sur la sécurité de leurs populations. L’action terroriste est certes barbare, mais elle n’est pas inintelligente. Une analyse des différents pays frappés par le terrorisme révèle que ceux-ci, hormis le Mali et le Nigéria, ont en général engagé une «guerre» pour reprendre le président Hollande contre des groupes djihadistes en dehors de leur territoire.
Le Liban (Hezbollah), la Russie et la France ont « payé » de leurs interventions en Syrie. Le Tchad, le Niger et le Cameroun font les frais de leur participation au combat contre Boko Haram. Si l’Allemagne et l’Italie sont, jusque-là, épargnés par le terrorisme international, ils le doivent par leur diplomatie pacifique. « La guerre entraîne la guerre, la haine entraîne la haine », affirmait avec juste raison Dominique de Villepin, l’ancien Ministre des Affaires étrangères de la France.
Adama SADIO ADO
Chercheur e Sciences Politiques
Sous le bénéfice de toutes ces considérations, un Etat ne saurait être plus indiqué que l’Arabie Saoudite abritant la Mecque et la Médine (deux lieux hautement symboliques pour la Ummah) pour diriger la Coalition « islamique » contre le terrorisme. En prenant la tête de la Coalition, Riyad veut aussi résoudre une triple équation : asseoir son leadership dans le Moyen-Orient contre son éternel ennemi (Iran), faire passer sous silence les nombreuses pertes en vies humaines dans sa guerre au Yémen et, enfin, éradiquer Daesh c’est sauvegarder sa Monarchie. L’EI est certes une organisation musulmane sunnite, mais il a dans sa ligne de mire les autorités de la Monarchie saoudienne qu’il considère comme des pantins de l’Occident.
L’engagement de nombreux Etats africains y compris le Sénégal, jusque là épargné par les Djihadistes, dans la lutte contre le terrorisme international ne sera pas sans conséquences sur la sécurité de leurs populations. L’action terroriste est certes barbare, mais elle n’est pas inintelligente. Une analyse des différents pays frappés par le terrorisme révèle que ceux-ci, hormis le Mali et le Nigéria, ont en général engagé une «guerre» pour reprendre le président Hollande contre des groupes djihadistes en dehors de leur territoire.
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