Connectez-vous S'inscrire
PRESSAFRIK.COM , L'info dans toute sa diversité (Liberté - Professionnalisme - Crédibilité)


PRESSAFRIK.COM , L'info dans toute sa diversité (Liberté - Professionnalisme - Crédibilité)



Coronavirus: face à la pandémie et ses conséquences sociales, le système D des Libanais

Avec près de 25% de tests positifs au coronavirus et 265 000 cas pour une population de six millions de personnes, le Liban est l’un des pays les plus touchés au monde par la pandémie. Face à la hausse alarmante de la propagation du virus, les autorités ont décidé jeudi de renouveler le bouclage total du pays jusqu'au 8 février. La communauté médicale a également exhorté les forces de sécurité à être plus strictes dans l’application du couvre-feu.



Dans la capitale libanaise, près de 98% des lits en soins intensifs sont occupés, les patients sont parfois soignés dans leurs voitures ou renvoyés chez eux. Face à cette crise sanitaire à laquelle l’État peine à donner une réponse décisive, les Libanais recourent à l’entraide.
 
Comme après chaque tragédie qui les frappe, les Libanais mettent en place une sorte de système D, qui les aide à compenser les insuffisances de l’État, affaibli par les crises successives. Les lits d’hôpitaux sont pleins et les services d’urgence sont saturés ? Alors les Libanais se font soigner chez eux.
 
Une structure semblable à SOS Médecins répond aux appels des patients. Ce service n’est pas gratuit, mais pour une somme modique, les médecins volontaires se rendent à domicile, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, même dans des régions reculées. Ils prodiguent les soins et font le suivi. Souvent, ce sont plusieurs membres d’une même famille qui sont contaminés.
 
Une autre initiative lancée par deux frères médecins libanais installés à New York et Los Angeles fait aussi beaucoup parler d’elle: Heal Beirut est un réseau de 140 praticiens volontaires aux États-Unis, dont beaucoup d’origine libanaise. Il propose des téléconsultations médicales gratuites aux Libanais dans le but de soulager le fardeau du personnel soignant épuisé.
 
Le prêt d'équipement médical grâce aux réseaux sociaux
La flambée des contaminations et la saturation du système de santé se sont accompagnées d’une pénurie de machines à oxygène. Dans ce cas également, les Libanais se sont organisés pour essayer de trouver des solutions.
 
Dès le début de la pénurie, des listes de fournisseurs de ce type d’équipement médical ont circulé sur les réseaux sociaux. Des associations comme le Mouvement de la jeunesse orthodoxe, des ONG, comme Baytna Baytak. des municipalités, parfois même des particuliers, ont commencé à prêter gratuitement, pour deux semaines, parfois davantage, des concentrateurs d’oxygène et autre matériel utilisé pour traiter les malades du coronavirus.
 
Les réseaux sociaux sont envahis d’appels ou d’offres de machine à oxygène, si bien que de nombreux patients ont pu être sauvés grâce à cet élan de solidarité. Mais cela n’empêche pas les profiteurs de faire de bonnes affaires: les machines à oxygène s’échangent à prix d’or sur des plateformes de commerce électronique, avec des prix pouvant atteindre les 3000 dollars.
L’une des conséquences de la crise sanitaire est l’aggravation des conditions sociales, surtout que le Liban est frappé par la pire crise économique de son histoire. Dans ce domaine aussi la solidarité joue un rôle important pour atténuer les souffrances des Libanais.
 
Depuis l’explosion tragique du port de Beyrouth le 4 août dernier, tout un réseau d’entraide s’articulant autour d’associations et d’ONG joue un rôle de premier plan dans le soutien à une partie non négligeable de la population.
 
Mais au-delà de ce système devenu classique, d’autres initiatives voient le jour, comme ce « magasin social » dans la ville de Tripoli dans le nord du Liban. Son but n’est pas de faire des profits, mais d’aider les plus défavorisés, qui s’y approvisionnent à des prix en dessous de ceux pratiqués sur le marché. La différence est compensée par d’autres clients plus aisés, qui acceptent d’acheter à des prix plus chers que ceux du marché.

RFI

Vendredi 22 Janvier 2021 - 10:12


div id="taboola-below-article-thumbnails">

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter