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Covid-19 : en France, certains masques en tissus sont désormais interdits

Un décret publié vendredi interdit aux Français d'utiliser certains masques artisanaux. Comment le gouvernement justifie-t-il cette décision ? Quelles sont les alternatives pour respecter les nouvelles consignes ? Éléments de réponse.



Finis les masques faits maison. Un décret bannit, vendredi 21 janvier, le port de certains masques en tissus, pas suffisamment filtrants face aux variants du Covid-19, beaucoup "plus contagieux" selon le ministre de la Santé, Olivier Véran.
 
"Le HCSP (Haut conseil de la santé publique, NDLR) recommande aux Français, et c'est la recommandation que je leur fais également, de ne plus utiliser le masque artisanal qu'on a fabriqué chez soi", a déclaré Olivier Véran, qui demande d'éviter également les masques industriels en tissu les moins filtrants (dits "de catégorie 2").
 
Pour des millions de Français qui avaient dû s'équiper en catastrophe au début de la pandémie, cette consigne n'a rien d'anecdotique. Cependant, dans les faits, il sera difficile faire respecter la nouvelle règle.
 
"Je ne pense pas que les forces de l'ordre vont demander à chaque personne le niveau de protection de leur masque", explique une source à Matignon.
 
Autre obstacle : la plupart du temps, la catégorie des masques en tissu industriels ne figure pas sur le masque lui-même, mais sur l'emballage ou la notice.
 
"On demande que ce soit la norme à partir de maintenant", indique-t-on au cabinet du Premier ministre, en ajoutant qu'il s'agissait de "passer très clairement ce message aux Français".
 
Trois types de masques autorisés
 
Désormais, seuls trois modèles de masques devront donc en principe être portés dans l'espace public : les masques chirurgicaux (issus du monde médical, avec une face bleue et une face blanche), les FFP2 (les plus protecteurs) et les masques en tissu industriels dits "de catégorie 1".
 
Les masques en tissu de catégorie 1 filtrent 90 % des particules, contre 70 % pour la catégorie 2, selon des normes élaborées par l'Afnor (Association française de normalisation).
 
Les masques chirurgicaux, eux, filtrent au moins 95 % des particules de 3 micromètres. Enfin, les FFP2 bloquent 94 % des aérosols, les particules les plus fines (autour de 0,6 micromètre).
 
Pour permettre aux plus démunis de se doter de masques de catégorie 1, Olivier Véran a promis l'envoi de "45 millions de masques à sept millions de Français dont la situation ne leur permet pas de s'équiper".
 
Les autorités sanitaires veulent ainsi inciter les Français à porter les masques les plus filtrants en raison de l'apparition de nouveaux variants plus contagieux que le coronavirus classique, détectés d'abord en Angleterre ou en Afrique du Sud.
 
Ces variants se transmettent de la même manière : augmenter le niveau de filtration des masques n'a donc pas pour but de garantir une meilleure protection individuelle, mais plutôt d'augmenter la protection collective, en s'assurant qu'un maximum de gens portent un masque suffisamment filtrant.
 
Cependant, l'usage du FFP2 par la population générale ne fait pas l'unanimité au sein de la communauté scientifique. Certains spécialistes estiment que ces masques sont trop contraignants à porter au quotidien car il faut davantage d'effort pour respirer. Par ailleurs, ils peuvent procurer un sentiment de sécurité qui ferait oublier à son porteur les gestes barrières élémentaires et la distanciation sociale.
 
Enfin, leur coût est très élevé. À l'unité, le FFP2 est près de dix fois plus cher que le masque chirurgical.
 
Pour permettre à tous les citoyens de s’en procurer, le gouvernement autrichien a décidé d’exempter ces masques de TVA. Depuis jeudi, ils sont vendus à 59 centimes d’euro l’unité dans les supermarchés.
 
Pour le moment, rien n'indique qu'une telle mesure entre en vigueur en France où les FFP2 sont théoriquement réservés aux personnels soignants.

France24

Vendredi 22 Janvier 2021 - 12:59


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