L'appel a été entendu. Le monde entier soutient l’Inde dans cette crise en lui envoyant ce qui lui manque le plus : des unités de production d’oxygène. 318 concentrateurs d’oxygène offerts par le gouvernement américain sont arrivés ce lundi par avion.
Le Royaume-Uni a également dépêché 600 pièces d’équipement médicaux, dont une centaine de concentrateurs et de ventilateurs viennent d’atterrir à New Delhi.
L’Union européenne a promis une « assistance » à l’Inde, et la France va envoyer en fin de semaine 8 unités de production d’oxygène qui pourront chacune alimenter 250 lits, ainsi que des conteneurs d’oxygène liquéfiés, qui font tellement défaut ces jours-ci.
Tout cela ressemble à la réponse apportée lors de catastrophes naturelles, mais c’est différent. La crise est structurelle : à cause d'un sous-investissement dans la santé, le pays est mal préparé pour une crise sanitaire de cette ampleur.
Fumée macabre
Depuis une semaine, les crématoriums fonctionnent 24 heures sur 24, mais même cela ne suffit plus. Certains d’entre eux, débordés, doivent maintenant élever des bûchers sur les parkings ou dans les parcs adjacents. La fumée macabre s’étend progressivement sur la capitale.
Les chiffres officiels parlent de moins de 3 000 morts par jour, ce qui, selon des analystes de données, serait largement en dessous de la réalité. Le nombre de victimes du Covid-19 incinérées serait, selon les villes, entre 4 et 100 fois supérieur aux données officielles.
Après New Delhi et Bombay, la contamination s’étend
Bombay a été la première ville frappée, et sa région la première à imposer un confinement il y a deux semaines. Aujourd’hui, le nombre de cas quotidiens commence à se stabiliser. Ce qui n’est pas encore le cas à New Delhi, confinée depuis une semaine, et où le tiers des tests sortent positifs. Cela montre que le virus y circule encore rapidement.
Ailleurs, la contamination monte en flèche également. L’Uttar Pradesh, avec ses 200 millions d’habitants, inquiète particulièrement, car l’État a des infrastructures sanitaires défaillantes. Si les meilleurs hôpitaux de New Delhi se sont effondrés, on se demande ce qui arrivera dans ces régions.
Modi veut éviter le confinement national
Le Premier ministre Narendra Modi ne veut pas imposer de confinement général, pour ne pas faire sombrer les travailleurs les plus pauvres dans le marasme de l’année dernière. Une décision qui serait aussi très impopulaire.
Ce sont donc les États fédérés qui ont la main et ils sont aussi très hésitants. Certains imposent des restrictions ponctuelles, comme des couvre-feux le soir et le weekend. Mais d’autres vont plus loin : après New Delhi et Bombay, le Karnataka, région de Bangalore, a également décidé de confiner sa population pour deux semaines.
Le Karnataka, premier État gouverné par le BJP à ordonner un confinement
Longtemps, Bookanakere Siddalingappa Yediyurappa a préféré en appeler à la responsabilité des habitants. Mais après avoir reconnu que la pandémie était hors de contrôle, le ministre en chef du Karnataka a dû se résoudre à l’inévitable.
Huitième État le plus peuplé d’Inde avec 65 millions d’habitants, le Karnataka est troisième en nombre de cas actifs. Près de 30 000 nouvelles contaminations y ont été détectées ce lundi. Les hôpitaux sont submergés, en particulier dans la capitale, Bangalore.
« Même si les gens voient la situation catastrophique, ils ne sont pas prudents, confie un habitant de la ville. Ils crachent par terre, se baladent sans masque, les boutiques restent ouvertes. Le problème avec le confinement, c’est que les travailleurs journaliers n’ont plus de nourriture, plus de gagne-pain. Ils préfèrent mourir que d'être confinés. »
« Comme lors du premier confinement, on voit les travailleurs migrants retourner vers leurs villes d’origine, dans le Nord de l’Inde, explique un autre résident de Bangalore. Il y a une telle stigmatisation liée au virus. Les plus pauvres sont effrayés à l'idée même de se faire tester. »
Le Karnataka devient ainsi le premier État dirigé par les nationalistes hindous du parti de Narendra Modi à s’en remettre au confinement total. Il y a peu, le ministre en chef BJP de l’État de l'Uttarakhand jugeait que l’eau du Gange protégeait du virus. Celui de l’Uttar Pradesh a affirmé ce week-end qu’aucun hôpital ne manquait d'oxygène.
Le Royaume-Uni a également dépêché 600 pièces d’équipement médicaux, dont une centaine de concentrateurs et de ventilateurs viennent d’atterrir à New Delhi.
L’Union européenne a promis une « assistance » à l’Inde, et la France va envoyer en fin de semaine 8 unités de production d’oxygène qui pourront chacune alimenter 250 lits, ainsi que des conteneurs d’oxygène liquéfiés, qui font tellement défaut ces jours-ci.
Tout cela ressemble à la réponse apportée lors de catastrophes naturelles, mais c’est différent. La crise est structurelle : à cause d'un sous-investissement dans la santé, le pays est mal préparé pour une crise sanitaire de cette ampleur.
Fumée macabre
Depuis une semaine, les crématoriums fonctionnent 24 heures sur 24, mais même cela ne suffit plus. Certains d’entre eux, débordés, doivent maintenant élever des bûchers sur les parkings ou dans les parcs adjacents. La fumée macabre s’étend progressivement sur la capitale.
Les chiffres officiels parlent de moins de 3 000 morts par jour, ce qui, selon des analystes de données, serait largement en dessous de la réalité. Le nombre de victimes du Covid-19 incinérées serait, selon les villes, entre 4 et 100 fois supérieur aux données officielles.
Après New Delhi et Bombay, la contamination s’étend
Bombay a été la première ville frappée, et sa région la première à imposer un confinement il y a deux semaines. Aujourd’hui, le nombre de cas quotidiens commence à se stabiliser. Ce qui n’est pas encore le cas à New Delhi, confinée depuis une semaine, et où le tiers des tests sortent positifs. Cela montre que le virus y circule encore rapidement.
Ailleurs, la contamination monte en flèche également. L’Uttar Pradesh, avec ses 200 millions d’habitants, inquiète particulièrement, car l’État a des infrastructures sanitaires défaillantes. Si les meilleurs hôpitaux de New Delhi se sont effondrés, on se demande ce qui arrivera dans ces régions.
Modi veut éviter le confinement national
Le Premier ministre Narendra Modi ne veut pas imposer de confinement général, pour ne pas faire sombrer les travailleurs les plus pauvres dans le marasme de l’année dernière. Une décision qui serait aussi très impopulaire.
Ce sont donc les États fédérés qui ont la main et ils sont aussi très hésitants. Certains imposent des restrictions ponctuelles, comme des couvre-feux le soir et le weekend. Mais d’autres vont plus loin : après New Delhi et Bombay, le Karnataka, région de Bangalore, a également décidé de confiner sa population pour deux semaines.
Le Karnataka, premier État gouverné par le BJP à ordonner un confinement
Longtemps, Bookanakere Siddalingappa Yediyurappa a préféré en appeler à la responsabilité des habitants. Mais après avoir reconnu que la pandémie était hors de contrôle, le ministre en chef du Karnataka a dû se résoudre à l’inévitable.
Huitième État le plus peuplé d’Inde avec 65 millions d’habitants, le Karnataka est troisième en nombre de cas actifs. Près de 30 000 nouvelles contaminations y ont été détectées ce lundi. Les hôpitaux sont submergés, en particulier dans la capitale, Bangalore.
« Même si les gens voient la situation catastrophique, ils ne sont pas prudents, confie un habitant de la ville. Ils crachent par terre, se baladent sans masque, les boutiques restent ouvertes. Le problème avec le confinement, c’est que les travailleurs journaliers n’ont plus de nourriture, plus de gagne-pain. Ils préfèrent mourir que d'être confinés. »
« Comme lors du premier confinement, on voit les travailleurs migrants retourner vers leurs villes d’origine, dans le Nord de l’Inde, explique un autre résident de Bangalore. Il y a une telle stigmatisation liée au virus. Les plus pauvres sont effrayés à l'idée même de se faire tester. »
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