En Tunisie, un souvenir du quatrième régiment de tirailleurs
Parmi ces combattants, de nombreux étaient tunisiens, dont le quatrième régiment de tirailleurs a été félicité et décoré par le président américain Harry Truman. Le fils d’un d’entre eux, Néjib El Abed, entend perpétuer la mémoire de son père et de ses combats. Il lui a dédié un livre et garde précieusement les médailles et autres documents officiels relatant ses faits d’armes, comme il a raconté à notre envoyée spéciale à Sousse, Amira Souilem.
Les années passent et l’admiration reste : « la médaille de combattant, la médaille de la campagne de Tunisie… donc en tout une dizaine de médailles », énumère Nejib El Abed. Il considérera à jamais son père, l'adjudant-chef Ahmed El Abed, comme un héros qui a quitté femme et enfants pour libérer la France depuis le Sud.
« Ils sont partis directement à Orbey parce que le quatrième régiment de tirailleurs avait besoin d’eux. Et tout le monde se disait mais qu’est-ce qu’on est venus faire ici, qu’est-ce qu’on va trouver, est-ce qu’on va retourner au pays »
Décoré pour ses faits de guerre, le quatrième régiment de tirailleurs tunisiens a aussi perdu beaucoup d’hommes, selon le récit qu’en a fait Ahmed El Abed à son fils. À peine arrivé en France, tout juste débarqué, le colonel français en charge de son régiment met en garde Ahmed El Abed : « Il lui dit, "écoute, tu vas prendre la deuxième section, mais je préfère te dire une chose. Tous ceux qui ont pris le commandement de cette section sont décédés, sont morts". Il dit "oui, je sais, je suis au courant". Il se disait dans sa tête c’est un message de bienvenue extraordinaire cela », en rit aujourd’hui Nejib El Abed.
Mines, bombardements, attaques allemandes : cette expérience de quelques semaines dans l’est de la France et en Allemagne laissera des traces à vie chez le père de Néjib El Abed : « Quand il est décédé, il y a mon fils qui me dit, "tu sais pépé juste avant sa mort, il pleurait". Je lui ai dit "quoi, il pleurait ? Qu’est-ce que tu lui as dit ?" Il m’a dit : "il avait des larmes aux yeux, il avait tué trois Allemands". Personne ne le savait dans la famille, tout le monde pensait qu’il n’avait jamais tiré un coup de feu. »
Une mémoire dont Nejib El Abed espère que la Tunisie, comme la France se saisiront davantage. Cela pour que ne meure pas le souvenir de ces hommes qui ont – de façon volontaire ou contrainte – contribué à libérer la France.
Dans les rangs de l’armée française en pleine recomposition, il y avait quelque 90 000 Marocains. L'un d'entre eux sort des commémorations du 80e anniversaire du débarquement de Provence décoré. Notre correspondant à Casablanca, Matthias Raynal, a pu le rencontrer à Casablanca, avant son départ pour les commémorations. Il est l’un des derniers vétérans marocains de la Seconde Guerre mondiale : Larbi Jawa va recevoir la Légion d'honneur.
Parmi ces combattants, de nombreux étaient tunisiens, dont le quatrième régiment de tirailleurs a été félicité et décoré par le président américain Harry Truman. Le fils d’un d’entre eux, Néjib El Abed, entend perpétuer la mémoire de son père et de ses combats. Il lui a dédié un livre et garde précieusement les médailles et autres documents officiels relatant ses faits d’armes, comme il a raconté à notre envoyée spéciale à Sousse, Amira Souilem.
Les années passent et l’admiration reste : « la médaille de combattant, la médaille de la campagne de Tunisie… donc en tout une dizaine de médailles », énumère Nejib El Abed. Il considérera à jamais son père, l'adjudant-chef Ahmed El Abed, comme un héros qui a quitté femme et enfants pour libérer la France depuis le Sud.
« Ils sont partis directement à Orbey parce que le quatrième régiment de tirailleurs avait besoin d’eux. Et tout le monde se disait mais qu’est-ce qu’on est venus faire ici, qu’est-ce qu’on va trouver, est-ce qu’on va retourner au pays »
Décoré pour ses faits de guerre, le quatrième régiment de tirailleurs tunisiens a aussi perdu beaucoup d’hommes, selon le récit qu’en a fait Ahmed El Abed à son fils. À peine arrivé en France, tout juste débarqué, le colonel français en charge de son régiment met en garde Ahmed El Abed : « Il lui dit, "écoute, tu vas prendre la deuxième section, mais je préfère te dire une chose. Tous ceux qui ont pris le commandement de cette section sont décédés, sont morts". Il dit "oui, je sais, je suis au courant". Il se disait dans sa tête c’est un message de bienvenue extraordinaire cela », en rit aujourd’hui Nejib El Abed.
Mines, bombardements, attaques allemandes : cette expérience de quelques semaines dans l’est de la France et en Allemagne laissera des traces à vie chez le père de Néjib El Abed : « Quand il est décédé, il y a mon fils qui me dit, "tu sais pépé juste avant sa mort, il pleurait". Je lui ai dit "quoi, il pleurait ? Qu’est-ce que tu lui as dit ?" Il m’a dit : "il avait des larmes aux yeux, il avait tué trois Allemands". Personne ne le savait dans la famille, tout le monde pensait qu’il n’avait jamais tiré un coup de feu. »
Une mémoire dont Nejib El Abed espère que la Tunisie, comme la France se saisiront davantage. Cela pour que ne meure pas le souvenir de ces hommes qui ont – de façon volontaire ou contrainte – contribué à libérer la France.
Dans les rangs de l’armée française en pleine recomposition, il y avait quelque 90 000 Marocains. L'un d'entre eux sort des commémorations du 80e anniversaire du débarquement de Provence décoré. Notre correspondant à Casablanca, Matthias Raynal, a pu le rencontrer à Casablanca, avant son départ pour les commémorations. Il est l’un des derniers vétérans marocains de la Seconde Guerre mondiale : Larbi Jawa va recevoir la Légion d'honneur.
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